lundi 29 décembre 2025

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 39


Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Mortuary - Blackened Images (1990) :
Fondé en 1988 à Monterrey, Mortuary débarque dans une époque où le death metal et le thrash metal sont encore très liés l'un à l'autre même si certains groupes ont déjà commencé à prendre la tangente pour emprunter une voie plus sombre qui mènera véritablement à l'avènement du death. Après une démo parue en 1989, le combo mexicain dévoile son premier album, Blackened Images, l'année suivante. En un peu moins de trente minutes, les quatre latinos déchaînent les enfers en multipliant les brûlots avec une facilité déconcertante grâce à un mélange astucieux et corrosif de death et de thrash dont les influences peuvent très bien aller de Sepultura à Sarcofago, en passant par Massacra et Merciless. Du pur concentré d'énergie que Mortuary renouvellera cinq ans plus tard sur Shine of the End, avant que la séparation ne soit actée en 1997 après seulement neuf ans d'existence. Cependant, et ce fut une énorme surprise, Alberto Martinez, premier guitariste de la formation, reforma celle-ci en 2008 avec un nouveau lineup.

Denial of God - The Horrors of Satan (Painkiller Records, 2006) :
Sur les terres du black metal scandinave, Denial of God vit le jour au Danemark alors que le genre était en pleine expansion en raison de la vague ayant déferlé de Norvège. Néanmoins, il eut tout de même fallu attendre quinze ans, le temps que le lineup se stabilise tant bien que mal, pour que le groupe sorte enfin son premier album. Une attente qui valait la peine tant The Horrors of Satan fut une réussite sur tous les points. Du chant à l'instrumentation, en passant par les paroles, les danois ouvraient un livre de sortilèges obscurs en proposant un black viscéral aux structures énigmatiques, capable de prendre des atours tantôt radicaux, tantôt épiques dans ces moments les plus mélodiques, comme sur The Book of Oiufael, par exemple, ou l'imposant The Iron Gibbet. C'était du black metal sophistiqué, en somme, toujours d'actualité aujourd'hui puisque le groupe poursuit son périple sur les terres désolées.

Mortality - Eternal Prophecy Reigns (Demo Collection 89-91) :
J'ignore en quelle année est sortie cette grosse compilation mais, quoi qu'il en soit, il y a des choses à en dire. L'objet rassemble les trois premières démos de ce groupe suédois fondé en 1987. Le groupe s'est toujours attaché à pratiquer un thrash metal old school d'une très grande sincérité, dans la veine de Mezzrow. C'était le genre de thrash que l'on pouvait se coller dans les oreilles en allant faire une petite session de skate dans les rues surchauffées des grandes agglomérations, du thrash à l'énergie communicative, très typé américain et, forcément moins entendu durant cette période dans les contrées nordiques qui étaient déjà à fond dans le death ou le black. Une vraie curiosité donc, d'où l'initiative intéressante qui fut prise de rassembler ces trois démos tombées aux oubliettes sur un seul disque, pour un plat copieux de plus de cinquante minutes d'écoute.

Death Vomit - Gutted by Horrors (Xtreem Music, 2014) :
Cela fait un moment que ce groupe chilien ne donne plus trop de nouvelles, cet album étant à ce jour le seul de sa discographie. C'est bien dommage car, Death Vomit a tout du groupe de death metal sud-américain délétère et malsain. Aucun des douze morceaux contenus dans la galette ne dévie de sa ligne directrice, demeurant solidement ancré dans un death de la vieille école, pestilentiel à souhait, empruntant à Putrid Yell ou à Sadistic Intent, si l'on veut se référer à quelques glorieux anciens. La mécanique est bien huilée, redoutablement efficace dans tous les compartiments et suffisamment rodée pour vous donner des cauchemars pendant un certain temps. Vous voici avertis.

Patologicum - Hecatomb of Aberration (Crude Entertainment, 2003) :
À propos de cauchemars, Patologicum pourrait bien vous en donner également. Ce groupe polonais, natif de Cracovie en 2000, débuta sa carrière sur les chapeaux de roue en sortant un album, Hecatomb of Aberration, dès son premier essai discographique, en 2003. Bien qu'il s'agisse là de son seul et unique long jet (il y eut une démo et quelques splits par la suite avant une séparation en 2008, suivie d'une brève reformation en 2013), le groupe frappait un gros coup en pratiquant un brutal death metal de toute première qualité, avec un penchant pour le deathgrind, le tout dans un style très calibré vieille école. La majorité des morceaux, évidemment très courts, s'ancraient dans une imagerie gore typique qui aurait parfaitement convenu pour la bande-son de n'importe quel film d'horreur. Du bel ouvrage que les puristes apprécieront à sa juste valeur.

dimanche 28 décembre 2025

CHRONIQUES DE LA FOSSE : SECRETS - TOWARDS THE NIGHTSIDE... (2024)


À quel moment peut-on qualifier un groupe de "super-groupe" ? Par définition, en se référant rigoureusement au dialecte musical, un "super-groupe" est l'association de plusieurs artistes expérimentés appartenant ou ayant appartenu à des formations réputées. Nous en avons un exemple flagrant avec Secrets, et pour cela, il suffit de citer ne serait-ce qu'un nom pour se faire une première idée : Swartadauþuz. L'homme est une sommité dans le milieu du black metal en étant le mentor de plusieurs projets dont vous avez sans doute déjà entendu parler si vous connaissez l'underground sur le bout des doigts, comme par exemple Bekëth Nexëhmü, Daudadagr, Gnipahalan, Azelisassath, Greve, Mystik ou Muvitium, parmi d'autres. N'oublions pas de préciser qu'il est aussi le gérant du label Ancient Records et de sa sous-division, Mysticism Productions. C'est d'ailleurs sur ce label qu'est paru en 2024 l'album Towards the Nightside... de son projet parallèle Secrets, sur lequel il ne travaille pas seul puisque l'artiste s'est associé à Alexander Poole, alias Esoterica (Chaos moon, Krieg), Likpredikaren (Nattfärd, Ringarë), Laszlo Juhos (Greve, Coldflesh) et Sortilege (qui collabore déjà avec Swartadauþuz sur le projet black metal Gygath). Pas de doute, c'est bien à un "super-groupe" que nous avons affaire. Restait à savoir quelle serait la qualité du contenu qui allait nous être proposé sur Towards the Nightside... 

D'abord, il est intéressant de savoir que l'usage de trois claviers a été nécessaire pour concevoir cet album. On s'en rend compte très vite à l'écoute tant les morceaux débordent de nappes de claviers sirupeuses. Attention, l'adjectif est ici employé dans le sens élogieux car, il n'y a ni facilité, ni mièvrerie dans l'emploi des claviers sur ces morceaux. Les instruments servent ici à ouvrir des portes sur des dimensions mystérieuses, chaque composition révélant son propre monde, une identité qui lui est spécifique. Dès les premières notes de Pagan Dreams, les chevaux de l'apocalypse sont lancés à vive allure, le groupe dévoilant une aisance majestueuse à la pratique d'un black metal mélodique et symphonique (entêtants claviers décidément) qui nous ramène à la magnificence du style tel qu'il s'exprimait dans les années 90. On remarque également que plus les morceaux sont longs, plus le groupe laisse se développer une instrumentation pouvant acquérir une envergure stratosphérique malgré l'obscurité qui règne. Des plages plus contemplatives comme Spawn of the Thousandth Moon, Towards the Nightside ou l'épique Bleeding Black Sacrament avec ses imposantes structures à la Sacramentum, en sont le révélateur parfait. Il y a ici une intensité remarquable empruntant aussi bien à la radicalité du black metal qu'à ses atours les plus atmosphériques, que Swartadauþuz sait superbement restituer dans un autre de ses projets, Trolldom.

Bien sûr que l'influence d'Emperor se ressent fortement, celui des débuts notamment, période In the Nightside Eclipse. Tout le mysticisme et la mythologie du groupe culte norvégien nous explose au visage sur Towards the Nightside.... Cependant, n'allez surtout pas croire que nous sommes en présence d'une vague resucée d'Emperor. Secrets n'est pas dans la parodie, bien au contraire. Il développe avec beaucoup de créativité un univers s'inscrivant dans la continuité d'un black metal ancestral prenant sa source aux origines du genre et s'enracinant au cœur même de ce qui fait la légende du black metal scandinave. C'est cela qui fait de cet album un ouvrage majeur dont vous auriez tort de vous priver.

LE COIN DES DÉMOS (28/12/25)


Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.

Mevrtre - Mevrtre (2025) :
Fondé par deux artistes corses, ce mystérieux projet né à Ajaccio dévoile sur sa première démo quatre morceaux profondément enracinés dans un black metal radical up tempo qui va sans doute rappeler à beaucoup le style que pratiquaient les groupes français ayant appartenu aux fameuses Légions Noires des années 90. On retrouve ainsi des influences venant aussi bien de Vlad Tepes que de Bélkètre ou Mütiilation, soit du black sous son aspect le plus vampirique mais aussi, le plus punk de par la rapidité qui s'exerce dans l'instrumentation. Un bel hommage aux anciens, en somme, très bien restitué sur des morceaux comme Corroded, Movldy, Rotting Candles ou Les Révélations dv Baldaqvin. Les amateurs de raw black metal ne seront pas déçus.

Karyorrhexis - Graven Odes (2025) :
Ce groupe australien né à Melbourne en 2020, et dans lequel évolue notamment Brandon Gawith, batteur de Cemetery Urn, propose sur cette démo du blackened death metal bien conçu, articulé sur de solides compositions aux multiples reflets, pouvant amener à la contemplation et au thème récurrent de la guerre. Ainsi, les intervalles plus élaborés et énigmatiques, entre death doom et war metal, sont très intéressants, révélant des trésors d'ingéniosité parfois bluesy sur certains riffs de guitares. L'ambiance sombre et monotone qui se dégage de l'ensemble est le petit plus qui rend cette démo passionnante à plus d'un titre, tout cela gravitant autour d'un style finalement très old school dans sa structure. À écouter séance tenante pour ceux qui voudraient sortir des sentiers battus.

Superstition - Surging Throng of Evil's Might (2018) :
Ce groupe mexicain s'avère déroutant à plus d'un titre sur cette première démo datée de janvier 2018 (un album est ensuite paru l'année suivante, le seul à ce jour) en pratiquant un death maquillé en black metal. Certes, dès la première écoute, l'on sent la puissance écrasante et suffocante du death metal abyssal pratiqué par des formations connues telles que Preadatory Light, Cruciamentum ou Ossuary. Mais, il y a aussi dans tout cela quelque chose de plus diabolique, de plus lugubre qui hante les compositions et qui va alors rapprocher Superstition de groupes plus enclins au blackened death ou au black radical comme Mortem, Funeral Chant ou Grave Miasma. Le rendu demeure, quoi qu'il en soit, fabuleux sur les quatre morceaux partagés ici, avec cette impression constante de naviguer entre deux eaux.

Alors qu'un nouveau disque se fait désespérément attendre (il faut dire que ce sacré Kev Desecrator est très occupé avec ses multiples projets, notamment Venefixion, Profanation et Deströyer 666), il est toujours bon de se replonger dans les débuts de Sépulcre, groupe fondé en Bretagne en 2012 sous le nom de Demonic Oath avant d'opter pour cette identité huit ans plus tard. Sur cette démo inaugurale, le combo montrait déjà un solide potentiel en proposant un death typiquement old school, digne des fondements du genre et essentiellement tourné vers les années 90. La tension est extrême sur chaque morceau, se développant dans une ambiance malfaisante, délétère, portée par des rythmiques barbares et un chant guttural à glacer le sang. Bref, un superbe death de la vieille école, fidèle à ses racines, par un des meilleurs groupes français. On attend maintenant une suite à Cursed Ways of Sheol, l'EP paru en 2022.

Inaudible Dialect - Demo (2025) :
Terminons par une curiosité que vous allez soit apprécier, soit détester avec ce projet énigmatique derrière lequel se cache un artiste un peu touche-à-tout s'adonnant à des mélanges aussi bizarres que déroutants. Pour simplifier les choses, disons que globalement nous avons plutôt affaire à du brutal slam death metal mélangé à du goregrind avec un peu de breakdown et une bonne louche de sonorités électroniques qui feraient presque songer à de la techno hardcore. J'ignore si l'artiste qui est derrière tout ça était sous acide au moment où il a composé cette mixture mais, au final, c'est peut-être vous qui risquez de vous retrouver à naviguer au hasard dans les dimensions parallèles que ce type parvient à ouvrir. Vous l'aurez compris, c'est bel et bien à un objet musical non identifié auquel nous sommes confrontés ici.

UNE DOSE DE BRUTALITÉ : INSECT INSIDE / CEREBRAL DESOLATION / MUTILATRIX / ORBITAL GATE / SALLOW MOTH


N'y allons pas par quatre chemins : c'est un maelstrom de douleur qui vous est proposé dans le quatrième épisode de cette rubrique que vous semblez apprécier si j'en crois les statistiques. Puisque le malsain et le dégoûtant semblent être votre tasse de thé, commençons sans plus attendre avec un groupe qui n'a déjà plus rien à prouver malgré sa jeunesse, j'ai nommé Insect Inside. Bien que Daniel Sementsov, le batteur, en soit désormais le seul membre originel, la formation va dévoiler l'année prochaine (le 6 mars pour être précis) son nouvel opus, Reborn in Blight, via le label Gore House Productions, et ce cinq ans après leur première offrande, The First Shining of New Genus, paru sur le même label. Le combo ne modifie pas sa ligne directrice qui consiste en la pratique d'un slam brutal death metal bien gras, plus sombre et plus oppressant que jamais. Pour couronner le tout, ils ont invité plusieurs vocalistes à pousser la chansonnette, comme Angel Ochoa (Cephalotripsy), Len O'Donnell (Pestilectomy) et surtout Josh Welshman de Defeated Sanity sur le morceau intitulé Hiveborn Abomination que vous pouvez écouter ci-dessous. Voilà qui va constituer à n'en pas douter un des événements marquants du premier trimestre 2026. Cerebral Desolation n'a pas la notoriété d'Insect Inside mais, ce duo en provenance du Kentucky sait montrer les crocs. En avril 2024, leur premier EP, Filth, avait su attirer l'attention de par son approche brut de décoffrage. Le combo a fait son retour le mois dernier avec trois nouveaux morceaux figurant sur un ouvrage intitulé Fate of the Unfaithful. Le son est particulièrement méphitique et crasseux, ce qui donne un aspect très old school au brutal death metal proposé par ces américains qui ont fermement décidé de ne pas s'embarrasser de fioritures. Rendez-vous sur la page Bandcamp de Cerebral Desolation pour écouter ce bijou d'irrévérence. Restons dans le duo avec Mutilatrix, un projet très récent né à la fois dans l'Oregon et en Floride sous l'impulsion de deux compagnons de route, Jean Goss et Dave McKey. Sur son premier album auto-produit, Parasitic Mutagenesis, le combo nous embarque dans un cauchemar horrifique en dévoilant un death brutal au son écrasant dont les amateurs du genre en feront sans doute des éloges. Il faut dire que, pour un premier essai sans le soutien d'un label, la bête a plutôt fière allure grâce à une production plus que correcte. L'album est en streaming à cette adresse, n'hésitez pas à soutenir l'initiative. Partons pour l'État de l'Illinois avec un groupe qui a déjà fait parler de lui sur de précédents méfaits, Orbital Gate. Il s'agit du projet solo d'une femme multi-instrumentiste du nom d'Eva Van Dyne qui, à vingt-cinq ans, se passionne pour le slamming brutal death metal. Après trois albums parus coup sur coup en 2023, 2024 et cette année, on retrouve cette fois-ci Orbital Gate sur un split-EP avec Gutnoose, autre groupe de l'Illinois basé à Chicago et qui, tout comme Orbital Gate, fait dans le slam brutal death brut et franc du collier. On n'est donc pas surpris que ces deux formations se soient associées pour cette petite récréation très festive. Le résultat de ce copinage s'écoute sur You're So Fucked, disponible en suivant ce lien ainsi que celui-ci. Terminons cette prodigieuse séquence avec un autre artiste américain au cerveau très créatif, le texan Garry Brents. Ce dernier, qui officia un moment chez Cara Neir, décidait en 2024 de remonter son projet solo Sallow Moth. Depuis, il n'a pas chômé puisqu'il a sorti cette année un album, Mossbane Lantern (I, Voidhanger Records) et deux EPs, dont le dernier en date, Deformity in Ceremony, paraissait en novembre. Conçu partiellement à partir de chutes de studio provenant de l'album précité, cet EP est une véritable descente dans l'esprit créatif d'un homme ne reculant devant aucune expérimentation en se permettant de mélanger slam, brutal et death metal technique, offrant ainsi un rendu très progressif dans les sonorités. Autant vous prévenir, vous n'allez pas sortir indemne de cet objet musical non identifié, même si vous en avez vu d'autres.

samedi 27 décembre 2025

VIDÉO : LIKNO - FROM SUMMIT TO TRENCH


Après un album éponyme paru en 2024, Likno est déjà de retour avec Summit and Trench, nouvel opus à paraître le 31 décembre chez WolfKult Religion. C'est l'occasion, pour ceux qui ne connaissent pas, de découvrir le black metal puissant et contemplatif de ce duo grec composé d'un homme et d'une femme, en regardant le clip promotionnel conçu pour From Summit to Trench, longue plage de douze minutes.

OMISSION - A WITCH WILL BE BORN


Disciples d'un blackened thrash metal authentique et sans concession depuis plus de vingt ans, Omission vient d'annoncer la parution prochaine d'un huitième album studio dont la date de parution et le titre ne sont pas encore connus au moment où ces lignes sont rédigées. Qu'à cela ne tienne, le groupe madrilène nous met en appétit avec son nouveau single, A Witch Will Be Born, histoire de faire monter la hype. L'album, quant à lui, devrait sortir sur le label péruvien Black Legion Records

VIDÉO : DEADFUCK - MISANTHROPE


En novembre dernier, Deadfuck réapparaissait avec une démo 3 titres, Spécimen, qui faisait suite à Valeur Chair, album paru deux ans plus tôt. Les lyonnais, devenus maîtres dans l'art du grindcore, proposent cette fois-ci un petit clip sympathique pour Misanthrope, morceau ouvrant la démo. Si vous aimez naviguer en eaux troubles avec pour compagnons des groupes comme Napalm Death ou Nasum, ce groupe français devrait normalement vous convenir.

vendredi 26 décembre 2025

WÖMIT ANGEL - LET THERE BE SATAN


Heureux que nous sommes, nous simples mortels, voici que Wömit Angel annonce sur ses réseaux la parution d'un nouvel album, Spermhamforash, dont la date de sortie devrait être précisée incessamment sous peu. Nous parlons ici d'une institution nordique du black thrash metal, née à Tampere, en Finlande, il y a quinze ans et qui possède cinq opus à son actif. Pour nous faire patienter, le groupe a mis en ligne un nouveau single, Let There Be Satan, pile pour les fêtes.

DECIPHER - RETURN TO NAUGHT


Le label Transcending Obscurity Records poursuit son offensive discographique avec la parution le 20 mars prochain du nouvel album de Decipher intitulé ΘΕΛΗΜΑ (Thelema). Il s'agit du second opus du groupe athénien, trois ans après Arcane Paths to Resurrection qui était sorti sur le même label. Sur le morceau Return to Naught, les grecs ne modifient pas leur formule en pratiquant un blackened death surpuissant et lugubre qui ne laisse pas indifférent.

HOLOGRAMAH - EVOCACIONES DEL VACIO PRIMORDIAL


Nouveau venu sur la scène metal extrême, Hologramah est un projet originaire du Chili dont le premier album, Abyssus. Versus. Versiculos. va paraître le 31 décembre sur le label Living Temple Records. Sur le single intitulé Evocaciones del Vacio Primordial, le combo sud-américain propose un blackened death metal délérère, à l'ambiance abyssale et ritualiste. Les amateurs d'art noir apprécieront sans doute cette direction. 

VIDÉO : RIETAS - NOITAOPPI


Fervent adepte d'un black metal authentique et radical dont il n'a plus rien à prouver, Rietas dévoilait en octobre dernier son premier album entièrement conçu en indépendant, Torne Valley Black Metal. Cette fois-ci, c'est avec un clip que revient le projet finlandais, tourné pour Noitaoppi, single ouvrant l'opus. Les frimas de l'hiver s'annoncent décidément très rudes sur le vieux continent.

INVICTUS - ABYSSAL EARTH ERADICATES


Devenu au fil du temps une figure imposante du death metal au Japon, Invictus, qui vit le jour en 2015 à Nagano, va enfin proposer l'année prochaine le successeur de The Catacombs of Fear sorti en 2020. C'est le 26 janvier que les nippons dévoileront leur nouvel opus, Nocturnal Visions, via Memento Mori et Me Saco Un Ojo Records. L'odeur putride et malsaine du death metal old school règne sur le premier morceau mis en ligne, Abyssal Earth Eradicates

MÜTIILATION - PANDEMONIUM OF EGREGORES


Ainsi donc, voici que la bête sort de nouveau du bois. Et pourtant, Meyhna'ch, tête pensante du projet, avait annoncé en 2017 qu'il en avait définitivement terminé avec Mütiilation et que le livre des sortilèges noirs se refermait définitivement après une existence tourmentée qui avait débuté en 1991. Contre toute attente, l'artiste ne résista pas à l'appel des ténèbres et ressuscita Mütiilation en 2024. Si l'album Black Metal Cult paru la même année eut du mal à convaincre, il semblerait qu'un retour aux racines s'accomplisse sur Pandemonium of Egregores qui sort ce jour chez Osmose Productions. Du black metal, du vrai, du sincère, du viscéral, lugubre et malfaisant, c'était sans doute ce que l'on attendait du groupe français pour le commencement de ce huitième chapitre. L'initiative est à soutenir sur le site d'Osmose Productions, tandis que le morceau Shadows Over the Valley est en écoute ci-dessous.

mercredi 24 décembre 2025

SIDIOUS - COSMOSSUARY


D'abord adepte d'un blackened death metal à tendance symphonique, Sidious s'est progressivement détourné du genre pour embrasser un black metal plus authentique aux imparables mélodies. Cette tendance se confirme sur Cosmossuary, nouveau single du groupe londonien fondé en 2009 (sous le nom de Seed of Detest), extrait de l'album Malefic Necropolis dont la parution est programmée le 30 janvier prochain sur le label Immortal Frost Productions. Il s'agira du troisième opus de Sidious, quatre ans après Blackest Insurrection.

PHASMA - PURGATORY


Il règne une ambiance terrifiante sur le dernier morceau dévoilé par Phasma, simplement intitulé V (en chiffre romain). Entre death et black, le duo greco-américain combine les deux genres avec brio, à coups de blastbeats, breakdowns et riffs dévastateurs. Le titre est extrait du troisième album de Phasma, Purgatory, qui doit atterrir le 20 février prochain chez Transcending Obscurity Records. Retenez bien cette date.

VOIDHÄMMER - CADAVERIC BLOAT


En provenance de Los Angeles, Voidhämmer va dévoiler le 9 janvier son premier EP, Noxious Emissions, via le label Caligari Records. Composé de membres de Crematory Stench et Swampbeast, le combo propose sur Cadaveric Bloat, morceau extrait de ce mini album, du death old school pestilentiel mélangé à du grindcore dont la radicalité pourrait vous faire griller les neurones. Prometteur pour la suite.

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : MAELSTROM, LA RÉSURGENCE D'UN MYTHE


En octobre dernier, le petit label indépendant espagnol Equinox Discos éditait en CD et vinyle une compilation rassemblant les deux démos que Maelstrom, groupe originaire de Saragosse, avait fait paraître de son vivant en 1990 et 1992. Bien que cette formation ne vécut que cinq ans, cette parution constituait pourtant un événement majeur qui permit de jeter un éclairage nouveau sur l'émergence du death metal en Espagne, en particulier dans la région de l'Aragon.

Fondé en 1989, Maelstrom est considéré comme l'un des premiers groupes de death metal à avoir percé en Espagne avec Aposento, Necrophiliac, Obscure ou Antropomorfia. Quand le trio de musiciens sort sa première démo en décembre 1990, Resting in the Pantheon (dont nous disions beaucoup de bien dans nos archives de la crypte), il crée un phénomène de bouche à oreille qui va rapidement dépasser les limites de sa ville natale grâce à son death malsain et délétère dans lequel les influences venant du thrash sont encore prégnantes. Enregistrée en deux jours, la démo trouve un écho dans les médias locaux alors que le death metal s'apprête à entrer dans une période de créativité très intense sur tout le contient européen. Après que le groupe ait participé à un split sur lequel se trouvaient d'autres combos espagnols comme Total Death et Spontaneous Combustion (toujours actifs de nos jours), il engage un second vocaliste, prénommé Rafa, qui apporte sa contribution sur la deuxième démo de Maelstrom, Augury of Decline, qui sort en septembre 1992 sur le label Anaconda Records. L'arrivée de Rafa provoque une nouvelle orientation s'avérant très intéressante puisque le groupe adopte un style encore plus death, les vocalises de Rafa étant plus graves que celle de Chemi, le chanteur guitariste. De même, le rythme et les structures évoluent dans l'instrumentation, adoptant un ton plus fidèle et plus proche de ce que l'on pouvait entendre dans d'autres régions européennes, comme en Suède ou en Finlande. Cette approche se développe dans toute son envergure sur des morceaux comme Flegeton, Last Tear of a Dying ou Demigod, qui figurent sans aucun doute parmi les compositions les plus abouties du combo hispanique.

L'aventure s'étant subitement arrêtée en 1994, l'initiative du label Equinox Discos était d'autant plus bienvenue de rassembler sur un seul disque ces œuvres essentielles et fondatrices du death metal espagnol, d'autant plus que le travail de restauration fut confié à Patrick W. Engel, qui n'est pas qu'un ingénieur du son réputé mais aussi, un musicien accompli ayant officié dans des dizaines de groupes dont Hatespawn et Impending Doom. Posséder cette compilation est donc une nécessité pour tout passionné.

HANDFUL OF HATE - LIBERA ME


Vétéran de la scène black metal européenne depuis plus de trente ans, Handful of Hate, fondé en 1993 en Toscane par Nicola Bianchi (toujours dans le groupe aujourd'hui comme chanteur et guitariste) et Ugo Pandolfini (qui décéda subitement en 1994 à l'âge de dix-sept ans), va dévoiler son nouvel album, Soulless Abominations, le 16 janvier chez Dusktone. Sur le morceau ouvrant l'opus, Libera Me, le groupe transalpin nous rappelle à quel point il est l'un des fers de lance les plus radicaux du black metal, véritable machine n'ayant rien perdu de son appétit et de son envie d'en découdre. Vivement l'année prochaine que nous puissions participer aux victuailles.

VULKAN GRIT - GODSLAYING ARCANE PANOPLY


Apparu en 2023 dans les contrées glaciales de sa Finlande natale, Vulkan Grit est passé ce mois-ci à la vitesse supérieure avec la parution chez Werewolf Records de son premier album, Godslaying Arcane Panoply. Les nordiques ne passent pas inaperçus en baignant dans l'ambiance caractéristique du black metal tel qu'il était pratiqué dans les années 90 en Scandinavie. Vous allez pouvoir vous forger votre propre opinion à l'écoute de A Winter's Banquet, morceau bien de saison. 

mardi 23 décembre 2025

ECTOVOID - IN UNREALITY'S COFFIN


2026 débutera par une forte déflagration avec la parution du nouvel album d'Ectovoid, In Unreality's Coffin, le 9 janvier chez Everlasting Spew Records. Il s'agit du troisième opus du groupe de l'Alabama composé de membres de Seraphic Entombment, Metaphobic et Father Befouled, le premier depuis onze ans. Malgré le temps qui passe et des changements de lineup, la formation américaine demeure fidèle à son death old school intransigeant, à l'ambiance sombre et désespérée, comme en témoigne le morceau éponyme en écoute ci-dessous. 

SKULLD - MOTHER DEATH


Après avoir conçu un clip pour le single The Blink, que nous évoquions dans cet article, Skulld continue de lever progressivement le voile sur son nouvel album, Abyss Calls to Abyss, qui va paraître le 30 janvier prochain chez Time To Kill Records, en mettant en ligne un nouveau morceau extrait de l'opus, Mother Death. Les italiens confirment leur évolution vers un death mâtiné de hardcore et de thrash sans renier leurs racines old school, pour un résultat très plaisant à écouter.

VIDÉO : ACHERON - LET US DEPART


En septembre dernier, le label Kenyon Records décidait de rééditer au format CD, vinyle et cassette, dans une version complètement restaurée, le premier album d'Acheron, Rites of the Black Mass, paru en avril 1992 chez Turbo Music. Il s'agissait de la première étape d'un projet d'envergure qui allait ensuite se poursuivre avec la réalisation de trois clips pour trois singles extraits du dit album, sous la forme d'un triptyque. Après Thou Art Lord et Ave Satanas, c'est au tour de Let Us Depart de bénéficier de ce traitement en mettant en scène Vincent Crowley, figure charismatique du groupe, dans de nouveaux rites obscurs. Rappelons qu'Acheron commença à propager son blackened death metal en 1988, depuis sa Floride natale, à Tampa pour être précis, et qu'il a repris ses activités l'année dernière malgré plusieurs séparations, Crowley étant le dernier membre d'origine à bientôt soixante ans.

ATAVISTIC DECAY - IMMAKULATE INVOKATIONS


Atavistic Decay en avait épaté plus d'un sur sa première démo paru en 2024 (dont nous parlions à cette adresse en des termes élogieux). Revoilà le groupe d'Indianapolis avec un EP 2 titres, Immakulate Invokations, paru sur le label néerlandais Night Terrors Records. Que dire qui n'ait déjà été dit, si ce n'est que ce groupe s'avère toujours aussi impressionnant avec son death metal très sombre à l'ambiance cinématique. Le morceau du même nom qui ouvre cet EP en est le parfait révélateur avant que le quatuor ne s'essaie au dark ambient sur l'angoissant Transcend the Flesh. On a hâte de voir ce que cela va donner le jour où Atavistic Decay dévoilera son premier album, ce qu'on espère de tout cœur. 

SHINE - WRATH OF THE HAMMER


L'une des dernières trouvailles du label Dark Descent Records se nomme Shine, groupe en provenance de Pologne. Derrière ce projet officie quelqu'un qui est tout sauf un inconnu, le bassiste et vocaliste Tomasz Dobrzeniecki, tête pensante de Hazael, formation death metal (et plus tard doom gothic) qui vécut de 1990 à 2015 et qui travailla jadis avec Dark Descent. Les retrouvailles sont donc scellées entre les deux parties puisque le premier album de Shine, Wrathcult, paraîtra le 30 janvier prochain sur ce même label. Comme vous allez pouvoir vous en rendre compte à l'écoute du morceau Wrath of the Hammer, le groupe pratique un blackened death standard mais, néanmoins puissant et guerrier, d'obédience old school. De quoi patienter en attendant la parution de ce premier chapitre.

MALEFICA - THE NIGHT OF PARALYSIS


À l'occasion des dix ans du groupe Malefica, le label espagnol BlackSeed Productions va publier le 25 décembre, jour de Noël, le nouveau EP de la formation blackened death, The Coming of the Entity. Sachez que la version vinyle va contenir un joli bonus sous la forme d'une réédition du tout premier EP de Malefica, Ancient Burial Mounds, parue en 2016 chez Darker than Black Records. Pour rappel, la formation se compose de deux membres de Lunar Chalice qui, l'année dernière, se sont adjoints les services du vocaliste Lucifogo qui officie chez Messe de Minuit. Voilà une belle équipe qui nous propose ici un avant-goût de ce nouvel ouvrage avec le morceau intitulé The Night of Paralysis, sombre litanie de près de dix minutes.

lundi 22 décembre 2025

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 38


Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Severance - Procreation (1990) :
Dès le début de l'âge d'or du death metal, en 1990, la scène underground de l'État américain du Texas acquiert une solide réputation grâce à la forte densité de groupes qui en émergent et dont nous en évoquions certains dans cet article dédié. Né dans la bourgade de McAllen, au sud de San Antonio, tout près de la frontière avec le Mexique, en 1989, sous le nom de Rest in Pain, Severance balançait en janvier 1990 sa première démo, Procreation. Le quintette y dévoilait trois morceaux tous d'une durée supérieure à cinq minutes, solidement ancrés dans un death metal primal, lourd et abrasif, soutenus par d'incandescents solos de guitares à se damner. Le groupe représentait avec maestria cette fameuse scène texane reconnaissable entre toutes qui avait la particularité de proposer une approche directe et frontale du death metal par son versant le plus lourd et le plus malsain. Cette première réussite allait permettre au groupe de s'extirper de la masse et de sortir trois albums, le premier datant de 2001, le dernier de 2017. Aux dernières nouvelles, il est toujours en activité aujourd'hui, Jaime Perez, le batteur, étant le dernier membre originel, le groupe ayant connu une dizaine de changements de lineup.

Absurdus - Flames (1994) :
Il va sans doute me falloir du temps pour me remettre de cette démo tant j'ai été décontenancé par son contenu. Cela débute par un court morceau d'une minute trente qui s'apparente à du punk hardcore. Puis, l'on passe par toutes le sensations sur les trois titres suivants où se télescopent thrash metal, death metal mélodique, punk rock et même heavy rock, le tout sous une alternance déroutante de chant clair et de chant death. C'est d'ailleurs la direction (celle du heavy rock) que prendra plus tard ce groupe finlandais ne faisant rien comme les autres, allant même jusqu'à changer de nom en l'an 2000 pour adopter celui de Pandemonium Outcasts. À croire que ce groupe atypique n'était décidément pas fait pour le metal extrême. Quel curieux objet !

Morbicus - Sadistic Immolation (1994) :
Il s'agit de la quatrième démo de ce groupe mexicain fondé en 1990 près de la frontière avec l'État du Texas et qui, après s'être séparé six ans plus tard, s'est reformé à la surprise générale en 2011 sous l'impulsion de deux de ses membres d'origine, dont le vocaliste et guitariste Uriel Aguillon qui œuvre également au sein du groupe Putred (dont l'album paru cette année figure parmi les trente albums favoris de Ravage Cérébral en 2025). Morbicus n'était pas là pour tailler la bavette lorsque Sadistic Immolation est paru le 25 octobre 1994. Le groupe latino pratiquait un death radical, porté un chant si guttural qu'il en paraissait effrayant, le tout étant fortement influencé par des sommités comme Slayer, Terrorizer et Napalm Death, ce qui pouvait donner parfois un aspect deathgrind à l'ensemble, notamment sur un morceau comme Eternal Restless. De la brutalité, en veux-tu, en voilà.

Maelstrom - Resting in the Pantheon (1990) :
J'ai adoré cette démo dès les premiers accords du morceau d'ouverture, Thrill Under the Domes, comme si je savais d'emblée que j'allais passer un bon moment. Ce fut le cas de bout en bout, grâce à ce groupe espagnol originaire de Saragosse où il naquit en 1989 et qui, durant ces quelques années d'existence (la séparation se produisit en 1994) acquit une certaine notoriété locale. Il faut dire que le death pratiqué sur Resting in the Pantheon ne s'embarrassait pas d'artifice. C'était du death old school jusqu'à la moelle, franc du collier et très inspiré par ce que les groupes latinos savaient faire le mieux à cette époque. Je pense notamment à des formations d'envergure comme Mystifier, Mutilator, Anal Vomit ou pourquoi pas, dans une moindre mesure, Sarcofago. J'aurai l'occasion de reparler de Maelstrom dans un article qui leur sera consacré pour la rubrique le Culte de l'underground. En attendant, régalez vous !

Voici un des premiers groupes de metal extrême à faire son apparition en Finlande, au cours de l'année 1988. Parue en janvier de l'année suivante, cette démo ultra énergique contenait pas moins de huit morceaux, la plupart tournant autour des deux minutes et orientés vers un death thrash à la Sadus ou Hellwitch (ceux des débuts), même si j'aurais envie de dire que Protected Illusion (nom étrange que voilà, tout comme l'est le titre de cette démo) penche plus vers le thrash que vers le death. Un thrash que je me verrais bien écouter à fond dans les oreilles en dévalant les rues sur un skateboard (encore faudrait-il que je sache en faire). Un disque plaisant et abordable qui devrait, en toute logique, combler les fans de thrash metal.

CHRONIQUES DE LA FOSSE : MORTUARIUM - MORTUARIUM (2022)


Qu'est-ce que les sud-américains nous gâtent quand il est question de death metal, notamment la scène chilienne qui ne cesse de surprendre par sa vivacité et sa longévité depuis que le metal extrême a commencé à submerger l'Amérique latine dans les années 80. Mortuarium fait partie de ces groupes discrets mais néanmoins essentiels appartenant au milieu underground. Fondé en 2020 dans une commune du sud du Chili ne comptant pas plus de trente milles habitants, le groupe s'est soudainement retrouvé dans la lumière deux ans plus tard lorsque paraissait chez Putrid Prods (un label chilien bien sûr) son premier EP éponyme, et seul ouvrage à ce jour.

À l'écoute des quatre morceaux qui le composent, nous découvrons une solide formation faisant sérieusement les choses en délivrant un death metal qui, paradoxalement pourrait-on dire, semble s'inspirer plus des scènes old school américaine et européenne que sud-américaine. Vous ne trouverez pas ici d'influences venant de Sepultura, Sarcofago ou de tout autre groupe venant des pays voisins du Chili ou du Chili même. Le son est lourd, avec un caractère sombre, délétère et oppressant, alternant un rythme mid-tempo et up-tempo que Mortuarium restitue avec beaucoup de justesse. Le mini-album s'ouvre idéalement avec Demon Attack, single dont l'introduction lente, influencée par le doom metal, laisse la place à un premier couplet plus rapide, suivi d'un chorus entêtant, brillamment exécuté, soutenu par une base rythmique impressionnante de puissance et un chant qui l'est tout autant, scandé dans la langue de Cervantès (ce qui demeure ainsi sur les trois morceaux suivants). Masacre Demencial ne modifie pas la tendance avec ses changements de rythme se fondant parfaitement l'un dans l'autre pour donner un morceau très cohérent, à la production aiguisée et prenant ses racines dans le pur death metal des années 90-95. L'hommage à la vieille école est ici rendu avec beaucoup de passion et de rigueur.

La rigueur, justement, voilà sans doute le maître mot qui pourrait résumer cet EP. On sent en effet un groupe qui cherche à beaucoup s'appliquer dans tous les domaines de la créativité. Même quand le rythme ralentit sur Instinto Visceral, des riffs venus des tréfonds les plus obscurs de l'âme ou de redoutables solos de guitare composés avec application viennent nous rappeler que nous n'avons pas affaire à un groupe d'amateurs bien qu'il s'agissait là de sa première expérience discographique. Enfin, Necrofago vient clore superbement l'ouvrage avec son rythme plus endiablé. Sans doute le seul morceau qui rapproche peut-être un peu plus Mortuarium de ses origines sud-américaines que sur les autres compositions proposées. Vous voulez du death metal old school qui va droit au but ? Ne cherchez pas plus loin, vous allez trouver votre bonheur avec ce groupe.

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : DEUX PRÉCIEUSES RÉÉDITIONS MERCYLESS PAR OSMOSE PRODUCTIONS


D'abord un peu d'histoire. Mercyless fait partie des premiers groupes de death metal français à avoir percé dans les années 80 avec Massacra, Agressor et Loudblast. Eh oui, il ne faut pas oublier que nous aussi avons vécu notre âge d'or du death metal en ces temps reculés même si le black metal allait par la suite faire parler de lui avec l'émergence des Légions Noires. Né en 1987 à Mulhouse sous le nom de Merciless (avec un "i") avant qu'il ne remplace le "i" par un "y" en 1991 pour éviter tout amalgame avec le groupe suédois du même nom, le premier lineup était alors constitué de Max Otero (chant, guitare), Stéphane Viard (guitare), Boris Mandavis (basse) et Gerald Guenzi (batterie) lorsque la première démo, Immortal Harmonies, surgit en 1988. Je ne vais pas refaire ici toute l'histoire de Mercyless, qui serait trop longue à raconter, si ce n'est insister sur deux points : le premier étant une forte période d'activité discographique pendant dix ans, de 1991 à 2001, la première vie du groupe en quelque sorte, durant laquelle sortent quatre albums dont le monstrueusement addictif Abject Offerings, en juin 1992 chez Restless Records, véritable album pilier que les passionnés n'ont pas oublié. La séparation eut lieu en 2001 alors que les membres du groupe semblaient désireux d'explorer de nouveaux territoires musicaux très éloignés du death metal. Le deuxième point sur lequel insister est un événement se produisant dix ans plus tard, en 2011, lorsque Max et Stéphane décident de sortir la bête de la naphtaline. Avec Matthieu Merklen à la basse et Laurent Michalak à la batterie, la formation retrouve le chemin des studios et enregistre son cinquième album, Unholy Black Splendor, qui paraît le 18 octobre 2013 sur le label provençal Trendkill Recordings.

C'est cet album, plus un autre dont je parlerai ensuite, qui va bénéficier d'une réédition le 30 janvier prochain chez Osmose Productions au format CD, vinyle et cassette, rien que ça. Pourquoi cet album en particulier ? Tout simplement parce qu'il est une pierre angulaire du groupe. C'était l'album du retour, de la résurrection, l'album du triomphe mais aussi, du retour aux sources pour Mercyless puisqu'on y retrouve tout ce qui faisait l'essence même de la formation tricolore lorsque Abject Offerings était paru vingt ans plus tôt. L'envie était toujours là malgré les longues années de séparation et la folle course du temps, dans un moment inoubliable gravé dans le death metal le plus pur, le death des grandes traditions, avec ce son tellement enraciné dans les années 90 qu'on n'aurait jamais cru une telle chose possible. Et pourtant, Mercyless l'a fait, en mettant l'art et la manière. Un exploit qui méritait une nouvelle vie pour cet album technique, puissant, vicieux où de multiples courants se croisent, allant de Pestilence à Obituary en passant par Massacre et Possessed.


L'autre bonne surprise nous vient de la réédition de Pathetic Divinity, toujours chez Osmose Productions, album qui fêtera l'année prochaine ses dix ans d'existence, originellement paru en octobre 2016 chez Kaotoxin Records et qui se voit remasterisé également en CD, vinyle et cassette pour un lancement prévu le 26 décembre de cette année. Le lineup était demeuré quasi inchangé à l'époque où le groupe s'était mis à travailler sur ce disque, hormis l'arrivée de Gautier Merklen à la guitare, le frère de Matthieu. Là encore, on parle d'un opus majeur du death metal français, n'ayons pas peur de le dire. On y retrouve en effet tous les ingrédients qui avaient fait le succès de Unholy Black Splendor, avec toujours cette énergie, cette envie, cette rigueur, cette remarquable qualité technique offrant un rendu d'une puissance rarement égalée. Considéré comme un album culte, Pathetic Divinity s'est démarqué en étant un hommage vibrant à l'esprit du death metal old school du début des années 90. Vous aurez du mal à trouver œuvre plus sincère que celle-ci par un groupe français. Bref, si vous manquez d'idées pour les fêtes de fin d'année à quelques jours de l'échéance et que vous avez des amis métalleux autour de vous, ou dans votre famille, pourquoi pas, Osmose Productions vous propose une alternative des plus intéressantes.


dimanche 21 décembre 2025

STRANGULIATORIUS - STINKS


Depuis qu'il est né à Vilnius en 2010, le groupe Stranguliatorius a su accomplir une remarquable transformation. D'abord orienté thrash metal, le quatuor s'est tourné progressivement vers un son plus extrême pour finalement adopter une posture death metal grindcore qui lui sied à merveille et que l'on retrouve sur Stinks, morceau extrait du nouvel album, Flies Don't Lie, à paraître le 9 janvier prochain chez Horror Pain Gore Death Productions. Il s'agit du quatrième opus des lituaniens.

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : RÉÉDITIONS ARCKANUM ET GOREWINTER


À l'approche des fêtes de fin d'année, des labels proposent de très intéressantes rééditions, à commencer par Darkness Shall Rise Productions qui dévoile un reprint d'un des dix plus grands albums de black metal de tous les temps, n'ayons pas peur de le dire, Fran Marder, d'Arckanum, dont on fête cette année les trente ans de la parution. On ne présente plus le projet fondé en Suède en 1992 par l'artiste Shamaatae dont les principaux centres d'intérêt étaient l'occultisme, le satanisme anti-cosmique, les doctrines de la gnose et la défense du vieux langage suédois. Fran Marder était le tout premier opus d'Arckanum, paru à l'époque (1995, donc) sur Necropolis Records. L'album rassemblait quelques morceaux issus de la précédente démo du musicien, Trulen, ainsi que des inédits. Pour ceux qui connaîtraient mal Arckanum, il est important de rappeler ceci. Nous avions affaire ici à un artiste qui en plus d'explorer les thématiques précitées par le biais du black metal, puisait son inspiration dans ce qui faisait l'essence même du genre. Si son approche était certes radicale sur la forme, aussi bien pour le chant que pour l'instrumentation typiquement nordique, il y avait sur le fond un choix voulu d'aborder le black metal par son côté folklorique et atmosphérique. Une tendance que l'on retrouve sur ce splendide album qui contient de purs joyaux à jamais gravés dans l'histoire tels que Hvila pa tronan min, Gava fran trulen ou Þe alder hærskande væsende natur pour n'en citer que quelques-uns. Darkness Shall Rise Productions a choisi le format vinyle pour rééditer cette œuvre majeure du metal extrême, à posséder de toute urgence pour tout passionné de black metal qui se respecte.


Gorewinter est loin d'être connu de tous, même pour les amateurs les plus avertis. Il faut dire que ce groupe ne vécut pas très longtemps, quelques années tout au plus, entre 1995 et 1999, soit l'équivalent d'une étoile filante qui fend le ciel nocturne avant de se désintégrer. Et pourtant, il s'agissait d'un des tous premiers projets musicaux de Marko Tarvonen et Markus Eurén, tous deux membres actuels de Moonsorrow, le Baron Tarvonen participant également à d'autres projets connus comme October Falls, Thy Serpent et Vargrav. Le label Werewolf Records nous propose ici une édition totalement inédite intitulée Vernichtung (1995-1999) rassemblant sur un CD les démos Battleback (1997) et Winterholocaust (1998), plus l'EP Buried by Night sorti en 1999, soit les trois seuls enregistrements publiés par le groupe de son vivant. Il s'agit donc d'une compilation très fournie d'une durée de quasiment une heure et qui s'avère d'autant plus intéressante que l'on peut suivre le cheminement musical du duo depuis ses débuts jusqu'à son extinction. Ainsi, les morceaux contenus sur Winterholocaust permettent d'aborder Gorewinter par son versant le plus extrême sur un black metal d'une radicalité terrifiante avec trémolos et blastbeats à la pelle. Écoutez en priorité des titres comme Enslaved Nazarene of Sadistic Evil ou The Stormy Belsebube in the Mountain of Ghraahl et vous verrez de quoi je parle. Puis, nous découvrons sur Battleback une facette plus épique du combo où les claviers prennent une place prépondérante, notamment sur des morceaux comme Demonblood et Vernichtung, ce côté épique atteignant même des sommets lorsque de sublimes nappes de claviers investissent le champ sur Hatefrost qui précède le court morceau acoustique Winterhymn. Enfin, la compilation se referme sur trois singles enregistrés sur l'EP Buried by Night où Gorewinter explore son penchant pour la mélodie, n'hésitant pas à expérimenter des sonorités plus progressives sur l'étonnant Sanguine Acts qui referme le disque. Une anthologie remarquable que Werewolf Records distribue sur son site officiel.


LE COIN DES DÉMOS (21/12/25)


Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.

Bone Abduction - Afarensis (2025) :
Du death metal préhistorique ? J'en ai vu défiler des étiquettes mais, je dois dire que celle-ci est pour le moins intrigante. Nos lointains ancêtres poussaient-ils la chansonnette au fin fond de leurs cavernes en alignant les riffs de guitares ? Bon, soyons sérieux un instant. Il s'agit tout simplement ici d'un groupe originaire de Los Angeles et qui a décidé d'explorer le thème de la préhistoire par le prisme du death metal. Concrètement, cela nous donne trois morceaux dont les paroles se réfèrent directement aux premiers hommes ayant foulé le sol de cette planète (c'est d'ailleurs plutôt bien écrit soit dit en passant), tandis qu'au niveau de l'instrumentation, on se situe dans du death au rythme très lourd, écrasant, parfois proche du doom metal, avec en petit bonus une flûte tribale qui se fait entendre au début et à la fin de la démo. Le plus fort dans l'histoire est que j'ai vraiment été convaincu par ce groupe sortant de l'ordinaire. Jetez-y une oreille (ou deux) à l'occasion.

Carnelian Idol - Spiritual Revanchism (2025) :
Nous voici plongé dans la radicalité du black metal nord-américain sur cette première démo de Carnelian Idol, projet derrière lequel se cache un artiste du nom d'Arch Usurper qui fait partie d'un conglomérat appelé "Eastern Black Metal Inner Circle". Pour résumer ici l'esprit du truc, vous trouverez sur cette démo des morceaux d'une rare violence, ancrés dans le black metal le plus extrême et le plus malfaisant qui soit et qui ferait presque passer les nordiques pour des enfants de chœur. L'écoute s'avère difficile, notamment en raison de la qualité très rugueuse (et certainement voulu) de l'enregistrement. Cependant, l'ambiance malsaine, brutale et décharnée du raw black metal est là, ce qui rend finalement cet objet digne d'être écouté. À vous de voir.

Carcinus - Meat Grinding Death (2025) :
On reste dans le graveleux avec Carcinus, groupe fondé l'année dernière à Kuala Lumpur, en Malaisie, et qui nous propose sur cette démo un death bien orienté vieille école aux accents doom. Le son qui en ressort est, en toute logique, lourd et étouffant, et enregistré avec les moyens du bord, ce dont vous allez très rapidement vous rendre en compte à l'écoute, l'ensemble sonnant en effet très crasseux, avec une basse exagérément mise en avant par rapport aux autres instruments, la voix finissant par se noyer dans cette masse informe. Attention, je ne dirais pas pour autant que tout est à jeter, bien au contraire. La fidélité du groupe à l'esprit old school est étonnamment bien restituée malgré la bouillie qui nous est servie. Nous allons par conséquent leur laisser une petite chance.

Execrion - Sulphurous Throne of Perdition (2025) :
Nous avons là la seconde des quatre démos (dans l'ordre chronologique) que ce groupe espagnol a sorti cette année (auxquelles on ajoutera un EP paru en septembre). Ces deux artistes originaires de Santander, qui possèdent de nombreux projets parallèles, œuvrent ici pour un death metal de la vieille école très bien exécuté, puissant et vindicatif (écoutez notamment le morceau Temple of Abyssic Goat pour vous faire une idée). Si je devais adresser un seul bémol à cet ouvrage, ce serait à l'encontre du chant abusivement poussé dans des tonalités très graves (avec un son probablement retravaillé) au point qu'on se demande si le vocaliste n'a pas attrapé une rhinopharyngite. Dommage car, à part cet écueil, l'ensemble tourne bien.

Hatred Creation - Desecration of the Sacred Corpse (2025) :
Je me suis pris d'une soudaine affection pour ce groupe dont le style n'est pas sans me rappeler la scène death metal qui émergea de Floride dans les années 80. D'ailleurs, ça tombe bien puisque Hatred Creation est originaire de Jacksonville, ceci expliquant sans doute cela. Toute l'irrévérence, la malfaisance et la noirceur de cette scène se retrouve sur les quatre morceaux que contient cette excellente démo, sous la forme d'un hommage vibrant à la vieille école du death metal américain. Une grande réussite qui, je l'espère, en appellera d'autres.

samedi 20 décembre 2025

EVIL DAMN - GODS OF CHAOS


Né il y a plus de vingt ans, Evil Damn n'a sorti qu'un seul album à ce jour, Necronomicon, en 2021. Le groupe péruvien aime se cacher dans les recoins les plus sombres de l'underground sans doute pour mieux nous surprendre. Justement, un nouveau EP, Eons of Horror, va paraître le 30 janvier prochain chez Hells Headbangers Records. Pour saluer l'événement, un morceau intitulé Gods of Chaos est disponible à l'écoute, témoignant de l'attachement viscéral des sud-américains pour un death old school authentique aux accents black.

VOID MONUMENTS - EPITOME OF FEAR


Nous disions déjà tout le bien que nous pensions de Void Monuments dans un coin des démos publié en tout début d'année. Désormais, place au premier album pour le groupe russe dont l'effectif a été grandement remanié suite à son retour sur scène en 2024. Posthumous Imprecation sortira le 16 janvier prochain via le label suédois Blood Harvest. Toujours situé dans un death metal trouvant sa place entre tradition et modernité auquel on peut ajouter des influences venant du black metal, la solide formation dévoile un morceau, Epitome of Fear, que l'on peut écouter ci-dessous.