samedi 7 février 2026

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : CES DIX ALBUMS ESSENTIELS DE DEATH METAL ONT TRENTE ANS EN 2026


Si à peu près tout le monde s'accorde à dire que la période la plus créative du death metal se situe entre 1990 et 1995 (l'année 1991 étant sans doute le plus grand cru), on aurait tort d'oublier ce qui s'est passé après avec l'expansion du brutal death metal, dont l'émergence remonte au tout début des années 90, puis dans le même temps, le développement d'un death plus technique et plus progressif, voire assez avant-gardiste. On voit ainsi en 1996 plusieurs albums de grande qualité sortir des fourneaux grâce à des formations à l'approche plus novatrice qui, pour certaines, furent les marqueurs d'une nouvelle ère pour le death metal. Ravage Cérébral a fait un tri dans les parutions de l'époque pour en sélectionner dix qui fêtent donc cette année leur trentième anniversaire.

Immolation - Here in After (Metal Blade Records) :


Environ cinq ans après la sortie de Dawn of Possession, le groupe de Yonkers dévoilait ce qui demeure encore aujourd'hui une des pièces maîtresses de sa discographie avec Here in After. Toujours emmené par son redoutable lineup (sans doute le meilleur de tous) composé de Ross Dolan, Robert Vigna, Tom Wilkinson et Craig Smilowski, le quatuor signe une œuvre sombre, désespérée et plus inspirée que jamais en ajoutant aux compositions des passages plus marqués techniquement qui vont faire sa renommée. L'essai est transformé avec brio dès le premier morceau, Nailed to Gold, sans doute un des plus aboutis du groupe, tout opus confondu. La suite est une succession d'attaques frontales aux riffs vertigineux, puissants et destructeurs dont seul ce sacré Vigna connaît la recette. Trente ans plus tard, Here in After est toujours considéré comme un des plus grands albums de death metal de l'année 1996 et sans doute un des meilleurs du groupe américain.

Cannibal Corpse - Vile (Metal Blade Records) :


Cinquième album studio du groupe fondé en 1988, Vile possède une particularité intéressante qui est qu'il s'agit du premier opus avec George "Corpsegrinder" Fisher au chant, alors que la polémique allait bon train après le renvoi fracassant de Chris Barnes. Qu'à cela ne tienne, le combo ne perdait pas la main en signant des compositions d'une rare brutalité, dont la rugosité atteignait des sommets de malfaisance sur les classiques intemporels que sont encore trente ans plus tard Disfigured, Eaten from Inside et bien sûr le titanesque Devoured by Vermin qui ouvrait superbement l'album et qui bénéficia d'un traitement vidéo diffusé à maintes reprises dans l'émission Headbangers Balls. Vile est définitivement un classique du death metal des années 90.

Adramelech - Psychostasia (Repulse Records) :


Album fondateur d'un groupe à l'existence éphémère, qui bénéficia d'une réédition en 2014 par le label Xtreem Music, Psychostasia fait partie des œuvres majeures du death metal finlandais. La raison est que le combo formé en 1991 avait choisi de prendre les choses à rebrousse-poil en s'éloignant des standards du death metal finnois (ambiance sombre, mélodies tourmentées, instruments accordés très bas) pour choisir une approche sans doute plus atmosphérique, plus dense dans les structures, voire plus groovy. Il en ressortait un album superbement produit, aux riffs dévastateurs, et finalement très éloigné de ce que la Finlande proposait depuis le début des années 90. À tout jamais un disque à part et qui a plutôt bien vieilli.

Darkthrone - Goatlord (Moonfog Productions) :


On oublierait presque qu'avant d'emprunter la voie du black metal, dont il fut l'un des principaux instigateurs de la seconde vague en provenance de Norvège avec des albums comme A Blaze in the Northern Sky, Under a Funeral Moon ou Transilvanian Hunger, Darkthrone était plutôt orienté death metal. D'ailleurs, l'album Goatlord devait initialement paraître quelque part entre fin 1990 et début 1991 sauf que Fenriz, Nocturno Culto et Zephyrous commencèrent durant cette période à développer un réel intérêt pour le black. Au final, c'est en octobre 1996 que parut cet opus remarquable, difficile à classer car, en équilibre constant entre death, doom et black metal. Mais, par dessus tout, Goatlord était le témoignage discographique d'un groupe désireux de s'affranchir des codes en faisant les choses comme bon lui semble. Un disque de l'émancipation, en quelque sorte, dont le contenu demeure encore aujourd'hui compliqué à apprivoiser même au bout de plusieurs écoutes.

Pan. Thy. Monium - Khaooohs & Kon-Fus-Ion (Relapse Records) :


Malgré une courte existence de six ans, ce groupe suédois très atypique a eu le temps de se faire remarquer grâce un style expérimental qui faisait sa particularité. Si, sur la forme, il pratiquait bien du death metal, il en était tout autre sur le fond puisque les scandinaves n'hésitaient pas à incorporer dans leurs compositions des instruments plus insolites comme des claviers, des violons, toute sorte de percussions et de cymbales, et même un saxophone baryton, tandis que d'autres effets sonores et bruitages étaient ajoutés pour rendre les morceaux encore plus mystérieux et indéchiffrables. Le moins qu'on puisse dire est que ce death metal d'avant-garde ne laissait pas indifférent de par sa conception totalement inédite pour l'époque.

Dying Fetus - Purification Through Violence (Pulverizer Records) :


Tout premier album du groupe de Baltimore, avec son lineup composé de Jason Netherton, John Gallagher, Brian Latta et Rob Belton, Purification Through Violence était d'une radicalité sans précédent, porté par un mixage d'une impressionnante qualité, un son primitif et brutal, ainsi qu'un style proche du grindcore, d'une technicité remarquable. Le quatuor frappait un grand coup dès son premier essai et lançait officiellement une carrière qui allait devenir prolifique, en étant un des fers de lance du death metal grindcore. Un album rarement égalé.

Monstrosity - Millennium (Conquest Music, Inc) :


Quatre ans après Imperial Doom, son opus inaugural, le groupe floridien signait un second chapitre au goût particulier puisqu'il s'agissait de sa dernière collaboration avec George Fisher qui allait ensuite s'adonner à plein temps avec Cannibal Corpse, Vile venant de paraître trois mois plus tôt (voir plus haut). Avec Jason Morgan à la guitare, Kelly Conlon à la basse et Lee Harrison à la batterie (un des rares membres originels encore dans l'effectif aujourd'hui), Monstrosity ne décevait pas en signant un album abouti, à la charpente solide, puissant et vindicatif mais surtout, toujours inscrit dans une volonté de rendre hommage à la vieille école du style tout en proposant une production léchée et des riffs sculptés dans le marbre. À n'en pas douter le meilleur album des américains qui s'apprêtent à faire leur retour cette année avec un septième chapitre attendu le mois prochain.

Avulsed - Eminence in Putrescence (Repulse Records) :


Jeté à la face du monde comme un pavé dans la mare, le premier opus des madrilènes demeure un joyau indémodable qu'on réécoute aujourd'hui avec une passion intacte. Totalement irrévérencieux, primitif et démoniaque de bout en bout, ce disque extrêmement brutal pouvait faire songer à un copinage entre des formations réputées comme Autopsy, Deicide et Cannibal Corpse dans la plus pure tradition old school, grâce notamment à un Dave Rotten en forme olympique (toujours dans le groupe de nos jours alors qu'il approche doucement la soixantaine) mais aussi, une section rythmique abattant du grand ouvrage. Du très grand death metal par un très grand groupe, source d'inspiration pour de nombreuses formations arrivées après.

Judecca - Beyond, What the Eyes Can't See (Wild Rag Records) :


Sept ans, c'est la durée d'existence du groupe fondé à Cape Coral en Floride, en 1991. Sept années durant lesquelles ce seul et unique album, brûlot incendiaire, est paru, et que beaucoup considèrent trente ans plus tard comme une des pièces majeures du style brutal death metal. Il y avait en effet quelque chose de primal sur ce disque, quelque chose de bestial et de cauchemardesque qui venait sans doute des riffs tranchants comme des lames de rasoirs, sans oublier bien sûr le chant possédé de Tom Kimbrough, capable de descendre très bas dans le guttural. Cerise sur le gâteau, la production rugueuse rendait l'ambiance encore plus sombre et délétère. Ainsi, écouter cet album devenait une épreuve redoutable qui l'est encore en 2026.

Infected - Infected Generation (Moon Records) :


Reformé en 2012 par quelques-uns de ses membres originels, après une première période d'existence allant de 1991 à 2002, Infected est considéré comme l'un des pionniers de la scène death metal en Ukraine. Old school jusqu'à la moelle, le groupe proposait sur ce premier album un style brut de décoffrage qui pouvait rappeler les précurseurs de la scène scandinave, en particulier les finlandais, mais également d'autres groupes mondialement connus, le prisme pouvant aller de Cannibal Corpse à Dying Fetus en passant par Autopsy, un peu comme si, au final, les styles américains et nord-européens se mélangeaient. Le résultat n'en est que plus réussi sur cet album entré à tout jamais dans la légende.

vendredi 6 février 2026

PLAYLIST : UN MAX DE DEATH VOL. 5 (SPÉCIAL ANNÉE 1996)


Tracklist :

Edge of Sanity - Crimson Pt. 2.
Immolation - Nailed to Gold.
Iniquity - Mockery Retained to Obturate.
Adramelech - Across the Grey Waters.
Cannibal Corpse - Devoured by Vermin.
Monstrosity - Devious Instinct.
Dying Fetus - Raped on the Altar.
Deeds of Flesh - Impious Offerings.
Napalm Death - My Own Worst Enemy.
Sadist - Spiral of Winter Ghosts.
Asphyx - Slaughtered in Sodom.
Quo Vadis - Legions of the Betrayed.
Avulsed - Powdered Flesh.
Inverted - Diabolical Ceremonies.
Insatanity - Diabolical Indignation.
Fleshcrawl - Recycling the Corpses.
Acheron - Blessed by Damnation.
Christ Denied - Angels of Death.
Dew-Scented - Unending.
Num Skull - Inquisition of the Guilty.

dimanche 18 janvier 2026

MORS VERUM - CANVAS


C'est le 6 février que Mors Verum dévoilera son nouveau EP, Canvas, via le très réputé label Transcending Obscurity Records. D'une nature discrète, le groupe fondé il y a plus de dix ans, qui comprend dans ses rangs deux canadiens et deux indiens, n'avait plus rien sorti depuis cinq ans, tandis que son seul album à ce jour, Deranged, paraissait en 2019. En attendant la parution de ce nouvel ouvrage, Mors Verum propose en écoute le single du même nom que l'EP, sur lequel il fait étalage de son talent dans la conception d'un death metal progressif et dissonant particulièrement inspiré. 

LE COIN DES DÉMOS : TOMB SLUDGE, HEXORCIST, RAPIDFIRE, FUNELORE, DREAD


Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.

Tomb Sludge - Putrescent (2025) :
Ce groupe californien, dont fait partie Bob Babcock, membre actuel de Ruin et qui passa chez Exhumed de 2011 à 2014, n'y va pas par quatre chemins sur cette démo en délivrant trois morceaux qui s'inscrivent dans un death très lourd, teinté de doom et d'obédience old school. Le rendu est ainsi sombre et cryptique, tout en étant soutenu par un chant caverneux accentuant l'ambiance horrifique et malsaine qui se dégage de cet ouvrage. On espère que le groupe donnera une suite à ce premier essai prometteur.

Hexorcist - Bestiarum Vocabulum (Goat Throne Records, 2020) :
Comprenant dans ses rangs un vétéran de la scène, j'ai nommé Gene Palubicki, ancien guitariste d'Angelcorpse officiant actuellement chez Perdition Temple et Malefic Throne, le groupe floridien révélait ici une première démo qui allait poser les bases de son album inaugural, Evil Reaping Death (Memento Mori), qui allait paraître l'année suivante. Sans concession, Hexorcist envoyait sur ces trois morceaux du death thrash old school de remarquable facture, en hommage aux pionniers du style, tels que Possessed ou Sarcofago. Moins actif depuis, le combo fondé en 2019 à Miami continue de lambiner dans l'attente d'une suite hypothétique, Palubicki étant sans doute très occupé avec ses autres projets.

Rapidefire - Ninth Circle of Hell (2026) :
Restons dans le death thrash avec ce tout jeune groupe en provenance de Pologne qui avait commencé à faire parler de lui l'été dernier en sortant un premier album, Lust and Violence, particulièrement prometteur et qui s'était trouvé une place dans les cercles de l'underground. Malgré le départ de leur guitariste, ils rebondissent cette année avec cette démo très compacte dans laquelle ils mélangent allègrement death et thrash avec un soupçon de black pour l'assaisonnement. Le résultat n'en est que plus jouissif en demeurant enraciné dans une tendance old school qui tient bien la route.

Cet énigmatique projet canadien a été cofondé à l'initiative d'Alexis Plamondon, ex-Décryptal et l'une des têtes pensantes de Sedimentum dont il est guitariste et chanteur. On le retrouve ici dans quelque chose d'encore plus obscur puisque les deux longues plages constituant cet ouvrage penchent vers un funeral doom lorgnant vers le death avec un ajout très savant de claviers, notamment sur Tides in Agony, le premier titre, qui offre un rendu très spectral et très angoissant mais, avec beaucoup d'atmosphère. Vivement recommandé.

Ce groupe du Texas a beau comporter deux membres d'Emaciated dans son effectif, il semblait peu inspiré sur cette courte démo parue il y a trois ans. Certes, les deux morceaux ne sont pas à jeter pour autant, chacun recelant quelques qualités en étant à la fois puissants, groovy et puisant leur ressources dans un death old shcool brutal et pouvant flirter par intermittence avec le grind. Cependant, je ne vois rien de très inspirant ici, peut-être à cause d'un rythme qui me semble répétitif et assez ennuyeux à la longue. Pour ma part, je vais donc passer mon chemin.

samedi 17 janvier 2026

VIDÉO : RESURRECTED - SANITY IS LOST


L'air de rien, Resurrected entre dans la trente-troisième année de son existence alors que Thomas Granzow, guitariste de la formation, en est le dernier membre originel. Le groupe de Duisburg, qui n'avait plus sorti d'album depuis 2017, fait son retour avec un huitième opus intitulé Perpetual qui va paraître le 10 avril chez Testimony Records. Toujours adepte d'un death brutal et old school pouvant se rapprocher parfois du grindcore, Resurrected propose un clip pour Sanity is Lost, single extrait du dit album.

vendredi 16 janvier 2026

VIDÉO : IMMOLATION - ADVERSARY


La terre risque de trembler le 10 avril prochain, date de sortie du nouvel album d'Immolation, Descent, via Nuclear Blast Records. Il s'agit du douzième opus de la légendaire formation de Yonkers, toujours emmenée bien entendu par son inoxydable duo Ross Dolan et Robert Vigna. Réjouissez-vous puisqu'un clip brûlant a été mis en ligne pour Adversary, morceau placé en quatrième position sur l'album. On y retrouve la patte qui fait la réputation de cette figure charismatique et importante du death metal US.

jeudi 15 janvier 2026

VIDÉO : TEMPLE OF VOID - THE CRAWL


Cinquième album en vue pour Temple of Void. Le groupe du Michigan, devenu au fil du temps une figure incontournable du death doom, va dévoiler The Crawl le 6 mars prochain via Relapse Records. Nous allons pouvoir prendre notre mal en patience en regardant le clip qui a été conçu pour le morceau du même nom. Fondé en 2013 à Detroit, le combo comprend en son sein des membres de Hellmouth et Acid Witch. 

VIDÉO : CRYPTIC SHIFT - HEXAGONAL EYES (DIVERITY TREPAPHYMPHASZYM)


Il y a six ans, Cryptic Shift en avait impressionné plus d'un sur son premier album, Visitations from Enceladus (Blood Harvest), qui proposait un mélange savant de death et de thrash metal technique et progressif à l'ambiance cosmique. Le groupe basé à Leeds depuis 2011 s'apprête à en dévoiler la continuité sur Overspace & Supertime dont la sortie est prévue le 27 février chez Metal Blade Records. Pour cette occasion, un clip remarquable, réalisé dans un style très vieille école, a été mis en ligne pour le superbe single Hexagonal Eyes (Diverity Trepaphymphasyzm). Voilà qui s'annonce prometteur.

VIDÉO : BÜDDAH - SERPENT'S SCOURGE


Après un EP paru en 2022, Büddah passe à l'étape supérieure avec la parution de son premier album studio, Amyothrophy, le 30 janvier chez Goz ov War Productions. Le groupe polonais envoie du death metal surpuissant dans le clip conçu pour Serpent's Scourge, morceau figurant sur cet opus inaugural, et que vous pouvez visionner ci-dessous. 

mercredi 14 janvier 2026

INCANDESCENCE - L'ENFER EXISTE


Duo composé des deux artistes québécois Louis-Paul Gauvreau (Helzgate) et Philippe Boucher (Chthe'ilist, Beyond Creation), Incandescence dévoilera son cinquième album studio, Hors Temps, le 20 février via Profound Lore Records. Le groupe canadien, actif depuis 2011 en sa base de Montréal, gravite autour d'un black metal chaotique empreint de mysticisme, comme vous allez pouvoir le remarquer à l'écoute du remarquable morceau qu'est L'Enfer Existe.