C'est le 6 février que Mors Verum dévoilera son nouveau EP, Canvas, via le très réputé label Transcending Obscurity Records. D'une nature discrète, le groupe fondé il y a plus de dix ans, qui comprend dans ses rangs deux canadiens et deux indiens, n'avait plus rien sorti depuis cinq ans, tandis que son seul album à ce jour, Deranged, paraissait en 2019. En attendant la parution de ce nouvel ouvrage, Mors Verum propose en écoute le single du même nom que l'EP, sur lequel il fait étalage de son talent dans la conception d'un death metal progressif et dissonant particulièrement inspiré.
dimanche 18 janvier 2026
LE COIN DES DÉMOS : TOMB SLUDGE, HEXORCIST, RAPIDFIRE, FUNELORE, DREAD
Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.
Tomb Sludge - Putrescent (2025) :
Ce groupe californien, dont fait partie Bob Babcock, membre actuel de Ruin et qui passa chez Exhumed de 2011 à 2014, n'y va pas par quatre chemins sur cette démo en délivrant trois morceaux qui s'inscrivent dans un death très lourd, teinté de doom et d'obédience old school. Le rendu est ainsi sombre et cryptique, tout en étant soutenu par un chant caverneux accentuant l'ambiance horrifique et malsaine qui se dégage de cet ouvrage. On espère que le groupe donnera une suite à ce premier essai prometteur.
Hexorcist - Bestiarum Vocabulum (Goat Throne Records, 2020) :
Comprenant dans ses rangs un vétéran de la scène, j'ai nommé Gene Palubicki, ancien guitariste d'Angelcorpse officiant actuellement chez Perdition Temple et Malefic Throne, le groupe floridien révélait ici une première démo qui allait poser les bases de son album inaugural, Evil Reaping Death (Memento Mori), qui allait paraître l'année suivante. Sans concession, Hexorcist envoyait sur ces trois morceaux du death thrash old school de remarquable facture, en hommage aux pionniers du style, tels que Possessed ou Sarcofago. Moins actif depuis, le combo fondé en 2019 à Miami continue de lambiner dans l'attente d'une suite hypothétique, Palubicki étant sans doute très occupé avec ses autres projets.
Rapidefire - Ninth Circle of Hell (2026) :
Restons dans le death thrash avec ce tout jeune groupe en provenance de Pologne qui avait commencé à faire parler de lui l'été dernier en sortant un premier album, Lust and Violence, particulièrement prometteur et qui s'était trouvé une place dans les cercles de l'underground. Malgré le départ de leur guitariste, ils rebondissent cette année avec cette démo très compacte dans laquelle ils mélangent allègrement death et thrash avec un soupçon de black pour l'assaisonnement. Le résultat n'en est que plus jouissif en demeurant enraciné dans une tendance old school qui tient bien la route.
Funelore - The Dissolution of Consciousness (2026) :
Cet énigmatique projet canadien a été cofondé à l'initiative d'Alexis Plamondon, ex-Décryptal et l'une des têtes pensantes de Sedimentum dont il est guitariste et chanteur. On le retrouve ici dans quelque chose d'encore plus obscur puisque les deux longues plages constituant cet ouvrage penchent vers un funeral doom lorgnant vers le death avec un ajout très savant de claviers, notamment sur Tides in Agony, le premier titre, qui offre un rendu très spectral et très angoissant mais, avec beaucoup d'atmosphère. Vivement recommandé.
Dread - Excuse Mercy for Punishment (2023) :
Ce groupe du Texas a beau comporter deux membres d'Emaciated dans son effectif, il semblait peu inspiré sur cette courte démo parue il y a trois ans. Certes, les deux morceaux ne sont pas à jeter pour autant, chacun recelant quelques qualités en étant à la fois puissants, groovy et puisant leur ressources dans un death old shcool brutal et pouvant flirter par intermittence avec le grind. Cependant, je ne vois rien de très inspirant ici, peut-être à cause d'un rythme qui me semble répétitif et assez ennuyeux à la longue. Pour ma part, je vais donc passer mon chemin.
samedi 17 janvier 2026
VIDÉO : RESURRECTED - SANITY IS LOST
L'air de rien, Resurrected entre dans la trente-troisième année de son existence alors que Thomas Granzow, guitariste de la formation, en est le dernier membre originel. Le groupe de Duisburg, qui n'avait plus sorti d'album depuis 2017, fait son retour avec un huitième opus intitulé Perpetual qui va paraître le 10 avril chez Testimony Records. Toujours adepte d'un death brutal et old school pouvant se rapprocher parfois du grindcore, Resurrected propose un clip pour Sanity is Lost, single extrait du dit album.
vendredi 16 janvier 2026
VIDÉO : IMMOLATION - ADVERSARY
La terre risque de trembler le 10 avril prochain, date de sortie du nouvel album d'Immolation, Descent, via Nuclear Blast Records. Il s'agit du douzième opus de la légendaire formation de Yonkers, toujours emmenée bien entendu par son inoxydable duo Ross Dolan et Robert Vigna. Réjouissez-vous puisqu'un clip brûlant a été mis en ligne pour Adversary, morceau placé en quatrième position sur l'album. On y retrouve la patte qui fait la réputation de cette figure charismatique et importante du death metal US.
jeudi 15 janvier 2026
VIDÉO : TEMPLE OF VOID - THE CRAWL
Cinquième album en vue pour Temple of Void. Le groupe du Michigan, devenu au fil du temps une figure incontournable du death doom, va dévoiler The Crawl le 6 mars prochain via Relapse Records. Nous allons pouvoir prendre notre mal en patience en regardant le clip qui a été conçu pour le morceau du même nom. Fondé en 2013 à Detroit, le combo comprend en son sein des membres de Hellmouth et Acid Witch.
VIDÉO : CRYPTIC SHIFT - HEXAGONAL EYES (DIVERITY TREPAPHYMPHASZYM)
Il y a six ans, Cryptic Shift en avait impressionné plus d'un sur son premier album, Visitations from Enceladus (Blood Harvest), qui proposait un mélange savant de death et de thrash metal technique et progressif à l'ambiance cosmique. Le groupe basé à Leeds depuis 2011 s'apprête à en dévoiler la continuité sur Overspace & Supertime dont la sortie est prévue le 27 février chez Metal Blade Records. Pour cette occasion, un clip remarquable, réalisé dans un style très vieille école, a été mis en ligne pour le superbe single Hexagonal Eyes (Diverity Trepaphymphasyzm). Voilà qui s'annonce prometteur.
VIDÉO : BÜDDAH - SERPENT'S SCOURGE
Après un EP paru en 2022, Büddah passe à l'étape supérieure avec la parution de son premier album studio, Amyothrophy, le 30 janvier chez Goz ov War Productions. Le groupe polonais envoie du death metal surpuissant dans le clip conçu pour Serpent's Scourge, morceau figurant sur cet opus inaugural, et que vous pouvez visionner ci-dessous.
mercredi 14 janvier 2026
INCANDESCENCE - L'ENFER EXISTE
Duo composé des deux artistes québécois Louis-Paul Gauvreau (Helzgate) et Philippe Boucher (Chthe'ilist, Beyond Creation), Incandescence dévoilera son cinquième album studio, Hors Temps, le 20 février via Profound Lore Records. Le groupe canadien, actif depuis 2011 en sa base de Montréal, gravite autour d'un black metal chaotique empreint de mysticisme, comme vous allez pouvoir le remarquer à l'écoute du remarquable morceau qu'est L'Enfer Existe.
DEATHRAISER - ONE STEP TO THE GRAVE
Le poids des années ne semble pas avoir entamé le moral de Deathraiser qui, quinze après son premier album, Violent Aggression, est de retour avec Forged in Hatred dont la parution est prévue le 22 janvier chez Xtreem Music. Avec un lineup inchangé depuis sa fondation en 2009, le combo brésilien nous sert un thrash metal old school sans la moindre pitié sur le morceau One Step to the Grave en écoute ci-dessous.
ANTIHUMAN INDUSTRIES - LOOP OF COSMIC HORROR
Sortez la protection intégrale, et si par hasard vous avez une armure chez vous, mettez-la. Voici que débarque un projet complètement barré du nom d'AntiHuman Industries dont le premier album, Accelerated Death Impulse va paraître en ce début d'année, à une date que devrait communiquer incessamment sous peu le label World Terror Committee qui s'occupe de promouvoir cette formation composée de quatre musiciens. Que dire, si ce n'est qu'à l'écoute du premier morceau disponible, le bien nommé Loop of Cosmic Horror, vous allez pénétrer dans un amplificateur de souffrance physique et psychique qui va vous dézinguer le cerveau, le groupe établi en 2019 proposant ici ce que l'on pourrait appeler du blackened death metal expérimental (je me permets d'insister sur le terme expérimental). Vous comprendrez sans doute mieux ce à quoi vous avez affaire en écoutant ce single. Au moins, je vous aurai prévenu.
mardi 13 janvier 2026
VIDÉO : SOUTH OF HELL - HELLFERNUM
C'est sur le label lillois Great Dane Records que va sortir le 31 janvier le nouvel album de South of Hell, intitulé Hellfernum. L'événement est majeur, n'ayons pas peur de le dire, étant donné que le groupe fondé il y a plus de vingt ans en région Auvergne-Rhône-Alpes n'avait plus rien sorti depuis onze longues années et l'opus Rising of Hate (Sliptrick Records). Alors que la date approche à grands pas, les français proposent un superbe clip à l'ambiance sombre et mystique pour illustrer le morceau Hellfernum. C'est l'occasion rêvée de se replonger dans leur puissant death metal teinté de black, situé entre tradition et modernité.
VIDÉO : NOCTURNAL SPAWN - NECROTIC USURPER
Nocturnal Spawn n'aura pas chômé en 2025 avec la parution d'un EP, Emissaries of the Other Side (dont nous discutions à cette adresse), suivi de deux démos, dont la dernière en date, Necrotic Usurper, paraissait en novembre dernier. Le groupe originaire du Texas a pris le temps de concevoir un clip pour le morceau qui a donné son titre à la dite démo, ce qui est une bonne occasion, pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, de découvrir son blackened death metal très porté vers la vieille école.
WAMPYRIC RITES - A TRAVÉS DE LA OBSCURIDAD Y LA MELANCOLIA
Troisième album en vue pour Wampyric Rites. Les équatoriens, qui font partie des groupes le plus en vue de la scène black metal sud-américaine, sortiront Under the Tragic Fullmoon of the Vampire le 13 février prochain via le label Inferna Profundus Records. L'événement est attendu tant la formation avait su convaincre sur ses deux précédents opus grâce à une remarquable pratique d'un black metal radical et possédé. En attendant cette parution, le morceau qui ouvre l'album, A Través de la Obscuridad y la Melancolia, est en écoute ci-dessous.
lundi 12 janvier 2026
LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 41 : BETHEL, SARCÓFAGO, EQUIMANTHORN, ABOMINATOR, TORTURE KRYPT
Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.
Bethel - Northern Supremacy (Ominous Productions, 1997) :
Toujours en activité aujourd'hui malgré un long hiatus qui a duré dix ans, ce groupe finlandais, très attaché aux thématiques liées à la nature, au satanisme et à la misanthropie, dévoilait sur cette première démo un black metal d'une rare élégance, d'une angoissante noirceur sur la forme mais, très mélodique et teinté d'une poésie mélancolique sur le fond, l'apport de claviers y étant pour beaucoup. On peut y reconnaître des influences venant d'Emperor, même si d'autres formations scandinaves comme Haimad, Ancient ou Dimmu Borgir ne sont jamais loin. Les amateurs du genre apprécieront.
Sarcófago - Demo 1985 (1985) :
Cette œuvre est une pièce de collection pour deux raisons : la première étant qu'il s'agit d'une version brut de décoffrage de Satanic Lust, démo qui paraîtra en février 1986 ; la deuxième est que pour beaucoup d'historiens des musiques extrêmes, elle constitue sans doute les prémices de la seconde vague du black metal qui déferlera vers la toute fin des années 80 et dont beaucoup de groupes s'inspireront, aussi bien sud-américains qu'européens, en particulier scandinaves. Tous les éléments étaient réunis dans un mélange irrévérencieux et blasphématoire de death, de thrash et de black metal, le groupe de Belo Horizonte signant son acte de naissance officiel avec son lineup le plus barge : Wagner Antichrist, Zéder "Butcher", Juninho "Pussy Fucker" et Eduardo "D.D. Crazy" (qui n'était autre que le frère de Butcher). De cette association de malfaiteurs est né un indescriptible chaos dont la résonance est encore très puissante aujourd'hui même si le groupe n'existe plus depuis vingt-cinq ans.
Equimanthorn - Extractum Ex-Inferis (1994) :
En à peine deux ans d'existence, ce groupe colombien, dont l'un des membres, le guitariste Carlos Eduardo Arboleda, est décédé l'an dernier d'un cancer, eut tout juste le temps de sortir cette démo 4 titres dégageant une ambiance terrifiante et dont les chansons étaient interprétés en espagnol. Pour ce qui est du style, le combo baignait dans un blackened death metal d'une malfaisance glaçante puisant dans les thèmes relatifs à la démonologie. Tout un programme.
Abominator - Barbarian War Worship (1995) :
Il s'agit de la toute première démo du groupe australien, toujours emmené plus de trente ans plus tard par ses deux têtes pensantes, Chris Volcano et Andrew Undertaker. Déjà, à l'époque, on les sentait tous deux investis dans un blackened death metal old school puissant, sincère et malsain, très influencé par nombre de leurs confrères australiens comme Sadistik Exekution, Destruktor et Bestial Warlust (on peut sans problème ajouter à cette liste non exhaustive les américains d'Angelcorpse). Le duo lançait alors sa voie et n'allait plus jamais la quitter. Une pièce indispensable pour mieux comprendre les origines d'Abominator.
Torture Krypt - Rotted Remnants (Wild Rag Records, 1995) :
On retrouvait sur cet EP des morceaux extraits des deux premières démos du groupe d'Asbury Park, plus un inédit. Torture Krypt a beau avoir vécu de manière très éphémère, il envoyait sur ce mini-album du death metal old school de très grande qualité, d'un style brutal et direct, porté par une instrumentation bâtie comme un cuirassé, quelque part entre Dying Fetus, Internal Bleeding, Mortal Decay, Gorelust et Suffocation, rien que ça. Je n'en reviens toujours pas qu'un groupe avec un tel potentiel ait existé durant si peu de temps.
dimanche 11 janvier 2026
PLAYLIST : UN MAX DE DEATH VOL. 4
Tracklist :
Stabbing - Eon of Obscenity.
Dysentery - Indignation Unravels.
Traumatomy - Repugnant Coalescence.
Blood Vial - Upon a Rotting Mass.
Necrocranium - Descend to Nothingness.
Architectural Genocide - Malicious Wager.
Ectovoid - Dissonance Corporeum.
Malignant Aura - Beneath a Crown of Anguish.
Defaced - Culling the Herd.
Eximperitus - Golden Chains for the Construction of Individual Greatness.
Paganizer - Devoured.
Mors Verum - Bloodied Teeth.
Eye of Purgatory - Formless Figures Dance.
Slaughterday - Dread Emperor.
Overtoun - Yürei.
Abstracted - Axis.
Insect Inside - Hiveborn Abomination.
Gluttony - Hung from Entrails.
Taedifer - Skinless.
Funeral Vomit - Cryptic Miasma Stench.
[LISTEN]
LE COIN DES DÉMOS : CONFLICT WITHIN, DAMNATION REALM, IN OBSCURITY REVEALED, TACHUS INFERIS, SUNFUNERAL
Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.
Conflict Within - Horrible Death (Unholy Domain Records, 2025) :
Ce groupe italien basé à Rome fait du death metal old school qui rappelle beaucoup Terrorizer, Repulsion et surtout Autopsy, sa principale source d'inspiration, au point qu'il exécute une cover très réussie de Charred Remains. Les quatre autres morceaux sont du même acabit, brutaux, malsains, sans concession et profondément enracinés dans un death tel qu'on pouvait l'entendre au tout début des années 90. Avec le label milanais Unholy Domain Records qui lui a mis le grappin dessus, on peut vraisemblablement s'attendre à un avenir prometteur pour cette formation.
Damnation Realm - Damnation Realm (2025) :
On reste dans le death metal de la vieille école avec cette formation colombienne qui a décidé de ne pas y aller par quatre chemins sur cette première démo contenant quatre morceaux très typés Amérique du Sud, c'est-à-dire un death brut de décoffrage, sans fioriture, avec des influences venant du thrash et qui peut faire songer à un mélange entre Sarcofago, Vulcano, Sepultura et Celtic Frost mais, avec des vocaux très gutturaux offrant une ambiance particulièrement méphitique. Du death crasseux, dans le bon sens du terme, old school jusqu'à la moelle.
In Obscurity Revealed - Demo MMXXIII (Alkolik Holocaust Records, 2023) :
Nous ne quittons pas les latins avec ce groupe mexicain qui est loin d'être un nouveau venu puisqu'il entre dans sa douzième année de carrière. Du genre discret en raison de son appartenance aux réseaux les plus souterrains du death metal underground, le groupe faisait paraître cette démo 4 titres cinq ans après un premier opus remarqué intitulé Glorious Impurity, sorti chez Till You Fukkin Bleed. Le death pratiqué sur la démo est absolument sans pitié, laissant un sentiment d'écrasement et d'oblitération totale, bien dans la tendance d'Amérique latine, même si ce groupe me fait songer parfois aux américains de Necrovore. Bref, vous entrez ici sur un terrain très obscur, pavé de mauvaises intentions, où le death viscéral et guttural a la main mise.
Tachus Inferis - Festering Corpse of Armageddon (2025) :
Ce groupe en provenance de Seattle a compris que le seul moyen de faire du blackened death metal de qualité était d'être impitoyable en creusant profondément dans la noirceur de l'âme humaine. Sur les quatre morceaux qui composent cette démo, le résultat est tout bonnement terrifiant. Livré à la façon des groupes de la vieille école de la période allant de la fin des années 80 au début des années 90, l'objet s'apparente à une descente aux enfers horrifique et suffocante qui pourrait bien perturber les auditeurs les plus aguerris. Du death de précision, noir comme la suie et élaboré de manière chirurgicale, dans une ambiance de fin du monde.
Sunfuneral - Atmospherion (2026) :
Projet solo d'un mystérieux artiste basé dans le Colorado qui n'y va pas de main morte, cette démo s'apparentant en réalité à un album d'une contenance de huit morceaux pour un total de près de cinquante minutes d'écoute. Si le contenant peut impressionner, le contenu l'est hélas beaucoup moins, Sunfuneral s'embarquant dans des compositions trop complexes au sein desquelles le chant (très rare puisque la démo est essentiellement instrumentale) se perd dans une compote très indigeste ressemblant à du blackened death metal abordé par son versant moderne. Une écoute m'a largement suffi.
NUCLEAR VENOM - POISONING THE MINDS
Né en 2019 sous le nom de MAWT, avant d'en changer trois ans plus tard, Nuclear Venom a décidé de faire revivre l'esprit du bon vieux thrash metal des années 80 sur son premier EP, Poisoning the Minds. Au programme, cinq morceaux ultra énergiques et survitaminés à la production impeccable (les polonais ne sont signés sur aucun label) et qui nous ramènent quasiment quarante ans en arrière, pour le plus grand bonheur des plus nostalgiques d'entre nous. La nouvelle vague du thrash metal old school semble encore avoir de beaux jours devant elle.
samedi 10 janvier 2026
VIDÉO : GUYOÐ - VORTEX OF INFINITE DESPAIR
Trois ans après l'album Heart of Thy Abyss, remarquable exercice de style qui n'était pas passé inaperçu, revoilà Guyođ avec un nouveau EP, Death Throes of a Drowning God, qui doit paraître le 23 janvier prochain chez Grazil Records. À cette occasion, un clip cinématique superbement réalisé a été mis en ligne pour Vortex of Infinite Despair, morceau sur lequel on peut constater que le groupe originaire de Styrie est toujours aussi à l'aise dans le registre d'un death doom authentique, contemplatif et puissant.
PENETRATOR HAMMER - WAR IS FROM SHADOWS
Tout droit venu de Bucaramanga, en Colombie, où il naquit il y a dix ans, Penetrator Hammer dévoile un savant mélange de black, de death, de thrash et de speed metal qui fait mouche sur War Is From Shadows, son premier album. L'opus est paru sur le très actif label mexicain Iron Blood and Death Corporation qui ne déçoit que rarement de par la qualité de ses productions. En voici un aperçu avec le sulfureux et malfaisant single The Day of Wrath.
SLAUGHTERDAY - DETHRONED
Vous n'êtes pas sans savoir que Slaughterday nous prépare de belles choses cette année avec la parution de son cinquième album studio, Dread Emperor, prévue le 13 février chez Testimony Records. Quatre ans après Tyrants of Doom, le combo allemand s'apprête donc à déverser des torrents de pestilence s'inscrivant dans la lignée du death metal old shcool qu'il pratique depuis ses débuts en 2010. Il est temps de se mettre en bonnes conditions en écoutant le ravageur morceau Dethroned que voici.
vendredi 9 janvier 2026
VIDÉO : ERNTE - THE RISE OF THE OLDER ONES
Avec déjà trois albums à son actif, Ernte entre dans la sixième année de son existence en étant au rang de valeur sûre du black metal helvétique. Toujours composé de son énigmatique duo, Askahex et Häxär, le groupe s'apprête à livrer sa nouvelle offrande, Der schwarzen Flamme Vermächtnis, à paraître le 13 février prochain (un vendredi) chez Purity Through Fire. Demeurant fidèle depuis ses débuts à un black metal maléfique, délétère et teinté de mystère, Ernte a dévoilé un clip pour le morceau The Rise of the Older Ones en attendant la date fatidique.
EMACIATED - PRAISE BE, THE IRON APOSTLE
Emaciated serait-il en train de changer de cap ? Après en avoir laissé plus d'un sur le carreau avec son premier album, Death from the Southwest, paru en 2024, savant mélange de death metal old school et de hardcore, le groupe du Nouveau-Mexique est de retour avec Praise Be, The Iron Apostle, EP 5 titres venant juste de sortir via Iron Fortress Records, sur lequel est exploré une facette nettement plus thrash, tout en conservant un esprit résolument vieille école bien que beaucoup moins death qu'auparavant (jespère que vous avez bien suivi). Bref, un changement semble s'amorcer sur cette nouvelle galette dont voici un aperçu avec le morceau Test Tube Nativity.
CHRONIQUES DE LA FOSSE : ISCEALD - ZAGUBIONY W BEZKRESIE (2025)
Oswald Richter n'est pas le plus connu des peintres européens de la fin du dix-neuvième siècle. Tout juste sait-on qu'il était allemand et qu'il vécut de 1861 à 1937. D'ailleurs, pour être franc, je ne connaissais pas son existence jusqu'à ce que je découvre l'une des ses œuvres, une scène forestière en hiver, sur la pochette du dernier album en date du groupe Isceald, Zagubiony w Bezkresie (qu'on peut traduire en français par "Perdu dans l'infini"), paru en mars de l'année dernière chez Werewolf Promotion. Là où nous pouvons être moins surpris en revanche, c'est de voir un groupe de black metal utiliser l'art pictural, en particulier le thème des paysages hivernaux, pour illustrer ses pochettes d'album. Il s'agit d'une manière courante de procéder pour la majeure partie des projets musicaux œuvrant dans un black metal de tendance atmosphérique, très porté vers l'ambient et le paganisme. On entend ici par Pagan metal un sous-genre où le heavy metal va puiser ses origines stylistiques vers le black metal, le folk nordique et la rusticité d'un paganisme résurgent lié à l'ésotérisme et au folklore européen. Isceald fait partie des nombreux groupes à se fondre dans cette ambiance très particulière, même si l'on va voir ici que le côté folklorique est quelque peu laissé de côté pour embrasser quelque chose de plus sombre et de plus contemplatif, nous rapprochant plus de formations réputées comme Paysage d'Hiver, Evilfeast, voire Bekëth Nexëhmü ou Burzum.
Zagubiony w Bezkresie peut être qualifiée d'œuvre quasi posthume, sa parution ayant coïncidé avec la séparation en mai de l'année dernière de Verih et Algol, les deux têtes pensantes du projet, qui semblaient ne plus être en accord à cause de différents d'ordre créatif. Un beau gâchis pour ce groupe polonais fondé à Varsovie en 2022 car, disons le sans détour, cet album est une splendeur. Une fois passé Przebudzenie ("Awakening" en anglais), superbe introduction instrumentale très cinématique teintée de mysticisme, le duo nous embarque pour une journée d'hiver dans les forêts enneigées sur Wędrówka ("Wandering"), puissant morceau sur lequel les nappes de claviers rencontrent les lames en furie d'un black metal old school aux contours mélodiques. Avec ses dix minutes, le morceau suivant, qui a donné son titre à l'album, reflète l'attrait du groupe pour les ambiances froides des longues soirées d'hiver auprès d'un feu se consumant lentement sous le pâle éclat de la lune. En optant pour un aspect plus contemplatif, Isceald donne à ses compositions une ampleur et une stature relevant d'une créativité remarquable qui va puiser très loin dans les très vieilles légendes nourries par la mythologie nordique. Ici encore, claviers et guitares paraissent s'entremêler pour des instants magiques empreints de mystères et de comptines. Après ce début étincelant, L'instrumental Dusze Zimnego Lasu ("Cold Forest Spirits") se pose majestueusement tel un cygne sur un lac, figé dans un instant de féerie. S'ensuit alors un final en trois longues étapes débutant avec deux pièces plus énergiques et radicales mais, n'oubliant pas la mélodie pour autant, Przez Zamieć ("Through the Blizzard") étant sans doute le morceau le plus tempétueux de l'album, suivi de près par un Ostatni Śnieg ("Last Snow") déroulant des trésors d'ingéniosité dans ses impressionnants changements de rythme. Ce n'est qu'à la fin, sur le beau et mélancolique Chłód ("Coldness") que le groupe semble retrouver les chemins de la contemplation, tel un adieu à tout ce qui nous est cher en ce bas monde.
Un adieu définitif, sonnant comme le glas pour Isceald, qui vient conclure superbement un album sans point faible, inspiré et solennel de bout en bout, et qui va sans aucun doute ravir au plus haut point les vrais passionnés de black metal atmosphérique. Décidément, la Pologne est un pays qui ne cessera jamais de me surprendre.
jeudi 8 janvier 2026
UNE DOSE DE BRUTALITÉ : MATRIPHAGY / GRAVITY CHASM / ECCHYMOSIS / NECROCRANIUM / HEMATOLOGY
Alors, prêts à affronter la nouvelle année ? Non ? Je vois. Un petit remontant vous ferait sans doute du bien pour vous requinquer après un nouvel an bien arrosé (ou un peu trop). Nous avons ce qu'il faut pour vous. Depuis Boston, Massachusetts, Matriphagy, qui va fêter cette année le dixième anniversaire de son existence, va dévoiler le 23 janvier son nouveau EP, From Nothing to Nothingness, via le très prolifique label Iron Fortress Records. Emmené par des musiciens qui ont déjà de l'expérience derrière eux (Will Robinson et Devin Dickinson officiant chez Wretched Inferno, Ray Brouwer étant guitariste d'Ancient Death), le combo s'adonne à du brutal slam death metal très porté vers la vieille école et particulièrement féroce. Des riffs monstrueux sont lâchés sur le morceau du même nom que vous pouvez écouter à cette adresse. Dans un trip très différent, Gravity Chasm est apparu l'année dernière sur les radars aussi mystérieusement qu'un objet volant non identifié. Groupe ou projet solo, quoi qu'il en soit, vous allez embarquer pour un voyage cosmique sous hallucinogène en écoutant le death brutal et technique de cette étrange entité. L'expérience vaut le détour en suivant ce lien. Revenons ensuite aux bases avec un groupe qui n'a plus grand chose à enseigner, j'ai nommé Ecchymosis. Avec douze ans de carrière au compteur, les thaïlandais distribuent les punchlines sur leur nouvel hymne, Deformation Through Cryobludgeoning Abuse, extrait de leur nouvel album, Thanatocorporeal Sculptures of Cryogenic Excruciation (que de poésie), à venir le 31 mars chez New Standard Elite. Du BDM virulent et sans pitié comme on aimerait en écouter plus souvent, avec James Shuster de Necessary Death et Delusional Parasitosis qui vient pousser la chansonnette sur ce morceau jouissif. Faites-vous plaisir en écoutant le résultat ci-dessous ou en vous rendant sur cette page. Depuis sa Silésie natale (partie polonaise) où il fut fondé en 2020, Necrocranium est en train de mettre la touche finale à son premier album dont la date de parution devrait être révélée incessamment sous peu. En attendant, le trio propose un avant-goût de ce futur brûlot sur Risen to Fall, un EP 4 titres très réjouissant dopé au pur brutal death metal des familles, dans le sens old school du terme, le tout avec un sens du groove qui fait mouche. L'intégralité de la galette est à consommer séance tenante à cette adresse. Nous ne pouvions pas terminer sans un dessert copieux qui nous est gracieusement offert par Hematology. Derrière ce nom officie un artiste colombien versant allègrement dans le goregrind le plus vil et putride qui soit sur cinq morceaux n'excédant pas la minute trente. Ramonage des conduits auditifs garanti, en plus des sensations fortes. Cette divine expérience, toute en tendresse communicative, s'écoute ici.
CHRONIQUES DE LA FOSSE : OSGRAEF - REVERIES OF THE ARCANE EYE (2025)
Infatigable travailleur, Alexander Poole multiplie les projets musicaux comme si sa vie en dépendait. Parmi les plus réputés, on trouve Martröd, Chaos Moon, Krieg et plus récemment Secrets, dont nous disions le plus grand bien dans cet article. Dernièrement, le musicien américain a dévoilé une nouvelle entité qu'il a cofondé avec son camarade de longue date, Rory Flay (Fervent Diabola, Lunar Sorcery, Azelisassath), du nom d'Osgraef. Sans perdre de temps, le duo, accompagné de l'artiste islandais Hafsteinn Viðar Lyngdal (tête pensante du projet black metal ambient Wormlust), s'est mis au travail pour concevoir un premier album, Reveries of the Arcane Eye, qui paraissait au printemps dernier chez Amor Fati Productions.
Reveries of the Arcane Eye révèle bien des attraits. La radicalité, la rugosité et la fougue dont l'album fait preuve sont la source d'alimentation d'un black metal cathartique empruntant aussi bien à la vieille école du genre qu'à ses dérivations plus modernes. Bien calé entre les deux mouvements (tradition et modernité), Osgraef déploie un spectre créatif assez large qui peut rappeler certains projets parallèles de Poole et Flay, en particulier Chaos Moon et Lunar Sorcery, Lyngdal y ajoutant sa palette d'artiste protéiforme pour l'ambiance, tandis que pour l'aspect plus brutal et plus radical, l'on voit pointer des influences pouvant évoquer Urgehal ou Sargeist. De manière plus globale, chacun des six morceaux qui composent l'opus tend vers une noirceur dominante que le groupe exploite dans les moindres interstices, donnant ainsi cette apparence très pesante et quasi irrespirable du début à la fin. Dès le premier morceau, Sekhem Apep - Vampyre's Enscription, une chape de plomb s'abat sur l'auditeur, le recouvrant d'un linceul opaque agissant comme un poids écrasant. Déferlant comme des vagues en furie, les blastbeats emportent tout sur leur passage même si parfois, des parties plus mélodiques viennent s'insérer au sein même de l'agitation et du bouillonnement de la brutalité, comme sur Magick Wound (Slithering Omnipotence of Toth), single au rythme incisif qui laisse entrevoir un rai de lumière dans les ténèbres. Mais, à chaque fois, Osgraef coupe court à tout espoir de rédemption en privilégiant une radicalité prenant des atours mortifères sur les imposants monolithes que sont Flesh Insigna ou Nox Luciferi, Liber Koth, longue plage de dix minutes aux sentiers dérobés s'apparentant à une descente aux enfers.
Les enfers, un sujet que le combo américain semble maîtriser sur le bout des doigts sur Reveries of the Arcane Eye. On a en effet l'impression d'y être, bien que les thématiques abordées par Osgraef soient plus profondes, l'une d'elle se référant au luciférisme, ce courant de pensée philosophique et littéraire lié au mysticisme (qu'on évitera surtout de confondre avec le satanisme dit classique) dont le groupe se nourrit ici avec avidité et qui inspira bien d'autres formations trempant dans le black metal radical. Si Osgraef ne réinvente rien, il parvient tout de même, de par cette approche, à ouvrir des portes vers des dimensions cauchemardesques dont on ne peut sortir indemne. Un choix qui impose le respect et qui rend ce premier album digne d'écoute.
mercredi 7 janvier 2026
SANCTVS - SACRIFIÉ SUR L'AUTEL DE LA RÉDEMPTION
Projet solo de l'artiste québécois Xavier Berthiaume (ex-Cauchemar et toujours actif aujourd'hui avec Atramentus, Oriflamme et Akitsa qu'il accompagne en live), Sanctvs va dévoiler le 30 janvier son nouvel album studio, De l'abîme au plérôme, via le label nordiste Osmose Productions. Sept ans après Mors Aeterna, son premier opus, l'artiste n'a rien perdu de sa passion pour un black metal abyssal et viscéral, entièrement dévoué aux ténèbres. Le morceau Sacrifié sur l'autel de la rédemption devrait aisément vous convertir.
CONCRETE - MIDNIGHT DEMIGOD
Nouvel album en vue pour Concrete. Le groupe bulgare fondé en 2011 dévoilera sa cinquième offrande, Absent Mortality, le 23 janvier chez Rebirth the Metal Productions. Toujours autant attiré par le monde des zombies et de la vie après la mort, le combo death metal old school distribue les uppercuts sur son dernier single en date, Midnight Demigod, en écoute ci-dessous.
INFINITE MISERY - ALTAR OF EXTRACTED TEETH (FEAT. UNDEATH)
Infinite Misery a une telle admiration pour Cannibal Corpse qu'il s'est permis de se faire appeler ainsi en hommage à une chanson de la célèbre formation figurant sur l'album Kill paru en 2006. Histoire de montrer un peu plus son allégeance, le combo du Connecticut s'est également inspiré du glorieux aîné pour son logo. Musicalement, l'influence de Cannibal Corpse est bien entendu très forte, notamment sur le morceau Altar of Extracted Teeth (sur lequel Concrete a invité Alex Sason, chanteur du groupe Undeath), extrait de l'EP du même nom qui va paraître le 6 février prochain. Vous l'aurez compris, Infinite Misery transpire le death metal old school à plein nez.
mardi 6 janvier 2026
VENTHIAX - RITES OF RA
Lentement mais surement, Venthiax commence à se faire un nom sur la scène metal extrême. Fervent défenseur d'un thrash metal old school teinté de speed metal qui nous ramène au temps du Slayer ou du Sodom des débuts, le trio suédois né en 2021 à Jönköping avait déjà prouvé sa valeur sur un EP éponyme paru il y a deux ans sur sa propre structure, Black Pages Records. Cette fois-ci, c'est sur un label nettement plus en vu, Dying Victims Productions, que va sortir le 27 février Rites of Ra, nouveau EP six titres dont on peut se faire une idée en écoutant dès à présent le morceau du même titre.
TOTAL ANNIHILATION - BENEATH THE CROSS
Bien que malmené par d'incessants changements de lineup, au point que Daniel Altwegg, le chanteur, n'en est plus que le dernier membre originel, Total Annihilation atteint cette année l'âge vénérable de vingt ans de carrière. De quoi fêter l'événement avec un nouvel album, Mountains of Madness, qui doit paraître le 16 janvier chez Testimony Records, six ans après le précédent. À l'écoute du morceau intitulé Beneath the Cross, on sent que le combo suisse demeure très attaché au death thrash metal qu'il pratique depuis ses débuts, ce dont on ne se plaindra pas.
VIDÉO : CADAVRUL - DEVOURED
Sous les braises, la bête respire encore. Fondé il y a plus de vingt ans à Constanța, Cadavrul résiste au temps malgré un lineup instable dont Sorin Vlad, le bassiste, est l'un des rares survivants aujourd'hui. Très ancré dans un death de la vieille école typé années 90, le groupe roumain revient avec un nouvel album, Necrotic Savagery, treize ans après Enter the Morgue, dont la parution est prévue le 23 janvier chez Loud Rage Music. À cette occasion ,un clip simple mais efficace a été réalisé pour le morceau Devoured.
lundi 5 janvier 2026
LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 40
Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.
Judecca - Awakened by the Stench of the Dead (Wild Rags Records, 1993) :
Il s'agissait du premier EP du groupe fondé à Cape Coral en Floride avec trois morceaux préfigurant l'album Beyond, What the Eyes Can't See qui allait paraître deux ans plus tard. Le groupe à la courte existence (sept ans seulement) faisait étalage de sa remarquable créativité, d'abord sur le bref et très brutal Forensic Pathology, puis en montrant une facette plus sombre et plus doom sur The Black Blood of Christ, avant que Evil Born n'achève les survivants avec ses riffs plus thrash. La preuve que Judecca était capable de pratiquer un death metal aussi diversifié qu'inspiré.
Sadistic Intent - Reawakening Horrid Thoughts (Iron Pegasus Records, 2014) :
Après un bref passage chez Possessed entre 2007 et 2010, les frères Cortez, Rick et Bay, revenaient à leurs premières amours avec leur groupe de toujours, qu'ils avaient fondé en 1987 à Los Angeles (et qui fêtera l'an prochain ses quarante ans d'existence). Avec Ernesto Bueno à la guitare, lui aussi passé par Possessed durant la même période puis, l'arrivée dans l'effectif du batteur Arthur Mendiola (Cultus Profano), le combo publiait Reawakening Horrid Thoughts en septembre 2014, ce qui demeure à ce jour son dernier EP en date (Sadistic Intent n'ayant encore jamais enregistré d'album). Sur trois morceaux, dont une reprise de Fuck Off and Die de Darkthrone, le combo californien envoyait du death thrash de toute première facture lorgnant aussi bien du côté de Vader que chez Atomic Aggressor, Nunslaughter et bien sûr Possessed. Douze ans plus tard, on attend toujours une suite à ce brûlot...
Necromis - Perish (1993) :
Vous allez vous sentir violemment agressé en écoutant les six titres de cette démo conçue par ce groupe fondé dans le Minnesota en 1991 et dont certains membres sont toujours actifs dans des projets comme Bestial Whore et Grand Demise of Civilization, le risque étant ici de se faire littéralement engloutir par une montagne de blastbeats en mode rouleau-compresseur. À l'écoute, c'est un peu comme si Morbid Angel, Mortal Decay, Dying Fetus et Suffocation s'étaient donnés rendez-vous pour une orgie de death metal brutal. Sachez que vous aurez droit à tout mon respect si vous sortez indemnes de cette expérience unique en son genre.
Violent Dirge - Obliteration of Soul (Carnage Records, 1991) :
Ce groupe originaire de Varsovie où il vit le jour en 1988 eut une existence de sept ans, ce qui lui laissa tout de même le temps de sortir deux albums, en 1993 et 1995. Avant cela, la démo Obliteration of Soul parut en mai 1991. On pouvait alors y entendre un groupe profondément investi dans un death metal contenant des parties techniques très intéressantes aux séquences parfois aériennes, comme sur l'instrumental Beyond the Nowhere par exemple ou sur un autre morceau tout aussi ambitieux intitulé The Holocaust qui refermait superbement cet ouvrage. Je n'irais pas jusqu'à dire que Violent Dirge était précurseur bien qu'il n'était pas banal à l'époque de voir un groupe d'Europe de l'Est se lancer dans un death aussi technique.
Incinerate - Incinerate (2000) :
On va rester dans le death technique avec ce groupe bien connu qui existe depuis 1998 et qui possède quatre albums à son actif, le dernier datant de 2020. Cette démo éponyme fut la toute première sortie des américains, sur laquelle figuraient trois morceaux très nerveux, certes techniques mais, avec une approche extrêmement brutale pouvant aussi bien évoquer Hideous Divinity, Malignancy, Deeds of Flesh et Suffocation (bref, un mélange de tout ça quoi). Très changeant au fil du temps et encore récemment remanié, le lineup a évolué à un point où Jesse Watson, le vocaliste, demeure le seul membre originel.
INTO THE CRYPT : CHARNEL STENCH, SYEVERTH, MALIGNANT PROVIDENCE, SLAGGG, FOSSILIZATION
Nous voici embarqués une nouvelle fois pour un voyage dans les méandres cryptiques de la création musicale, cette rubrique bénéficiant au passage d'un petit lifting puisque désormais, y seront évoqués à chaque fois plusieurs groupes parmi les plus sombres et malsains de la scène death metal.
CHARNEL STENCH (Suède)
Charnel Stench est le projet parallèle de Fabian Larsen et Albin Holgersson, tous deux membres du groupe Cryptorium. Après une démo paru en 2024, qui ne m'avait personnellement pas laissé un souvenir impérissable, le duo, qui a embauché l'an dernier un nouveau vocaliste, semble nettement plus inspiré sur ce court morceau aux relents méphitiques intitulé Fossilized Human Remains. Le style pratiqué rappelle forcément le death metal old school que l'on pouvait entendre il y a plus de trente ans, principale source d'influence de ces trois musiciens dont la moyenne d'âge n'excède pas dix-huit ans. Nous verrons ce que l'avenir réservera à ces jeunots qui, pour le moment, semblent plus occupés à gérer leur principale entité, Cryptorium.
SYEVERTH (Mexique)
Sur Eternal Paths of Existence, leur première démo, ces mexicains perpétuent la tradition d'un death metal old school très élaboré puisant son inspiration dans le cosmicisme, la doctrine gnostique et la weird fiction. On ne sera donc pas surpris, à l'écoute de ces quatre morceaux, de voir se dégager une ambiance sombre, mystérieuse et angoissante à la Lovecraft et reprenant les codes traditionnels de l'horreur cosmique. Bien que Syeverth soit loin d'être le premier groupe de death metal à s'immiscer dans ce domaine, le résultat en vaut la peine.
MALIGNANT PROVIDENCE (Roumanie)
Projet solo d'un tout jeune artiste roumain de dix-huit ans prénommé Andrei Crisan, basé à Timisoara, Malignant Providence nous embarque pour une journée à haut risque dans les dimensions infernales les plus cauchemardesques sur ce premier EP impressionnant de maîtrise pour un essai inaugural. Le chant guttural, très régulier, est soutenu par d'impressionnants riffs ponctués de solos sculptés dans les moindres détails, offrant à l'ensemble un caractère cinématique auquel accrocheront les passionnés d'horreur cosmique. On admirera au passage la remarquable cover exécutée pour The Rack, morceau originellement conçu par Asphyx, ainsi qu'une inspiration venant aussi bien de Tomb Mold que d'Incantation. Très prometteur.
SLAGGG (États-Unis)
En provenance du l'état du Dakota du Sud, ce groupe propose sur cette courte démo des morceaux enregistrés sur le vif qui nous plongent dans l'univers des films d'horreur des années 80. Ambiance cryptique et horrifique garantie donc, avec ce trio baignant dans le death old school période 1990 et qui semble puiser son inspiration aussi bien chez Necrophagia que Massacre, Autopsy et Mortician. Simple et efficace.
FOSSILIZATION (Brésil)
Nul doute que la parution du nouvel album de Fossilization, Advent of Wounds, prévue le 13 février prochain via Everlasting Spew Records, va constituer un des événements majeurs de ce début d'année, le duo sud-américain s'étant construit une solide réputation depuis son premier opus, Leprous Daylight (2023), dans le domaine du death doom. Old school dans l'esprit mais, également inscrit dans une modernité se référant aux troubles de nos sociétés aseptisées (la mort, l'horreur, la souffrance), le groupe va puiser profondément dans les bas-fonds les plus hostiles et les plus sombres pour y extraire ce qui fait l'essence même du death qu'il pratique. Vivement le mois prochain.
VIDÉO : DISTERROR - BEYOND THE VEIL
Fondé en 2010 à Cancun, Disterror a longtemps pratiqué du punk hardcore crust avant d'ajouter tardivement du black et du thrash metal à ses compositions après une courte séparation entre 2019 et 2021. Le combo mexicain, dont le musicien Romeo Zkauba (ex-Summoning Death) est le dernier membre d'origine, dévoilait en fin d'année dernière un EP, Revealing Darkness, sur lequel il montrait sa dextérité dans un blackened thrash metal typé vieille école de très bonne qualité. Par la même occasion, un clip a été conçu pour le morceau Beyond the Veil, que voici.
LIGATION - ERUPTION
Depuis son quartier général établi à Helsinki où il vit le jour en 2022, Ligation continue de dérouter l'audience en proposant un death metal moderne capable d'emprunter aussi bien au doom qu'au grindcore et s'aventurant sur un terrain plus expérimental, voire atmosphérique. Tout ceci se retrouve condensé sur le dernier single proposé par le groupe finlandais (qui comprend dans ses rangs des membres de Profetus et Convocation), Eruption, extrait de l'album After Gods à paraître le 23 janvier via Personal Records.
dimanche 4 janvier 2026
GLASSBONE - TESTIMONY OF DEATH (FEAT. FULCI)
Après un premier EP, Deaf to Suffering, paru en 2024, c'est avec un nouveau "Extended Play" que revient cette année Glassbone. Intitulé Ruthless Savagery, l'objet, dont le superbe artwork est signé de l'artiste italien Paolo Girardi, paraîtra le 13 février chez Iron Fortress Records. On peut en écouter un avant-goût avec Testimony of Death, morceau de death metal typé hardcore sur lequel les franciliens ont invité les transalpins de Fulci.
VIDÉO : FROST - THE GATE
Vétéran de la scène black metal européenne depuis trente ans, Frost avait sorti en septembre de l'année dernière son septième album studio, Age of Fading and Doom, via le label GrundRecords. Le groupe hongrois en poursuit la promotion en dévoilant une vidéo pour The Gate, morceau extrait du dit album, et que vous pouvez visionner ci-dessous.
Inscription à :
Commentaires (Atom)









































