mardi 23 décembre 2025

SHINE - WRATH OF THE HAMMER


L'une des dernières trouvailles du label Dark Descent Records se nomme Shine, groupe en provenance de Pologne. Derrière ce projet officie quelqu'un qui est tout sauf un inconnu, le bassiste et vocaliste Tomasz Dobrzeniecki, tête pensante de Hazael, formation death metal (et plus tard doom gothic) qui vécut de 1990 à 2015 et qui travailla jadis avec Dark Descent. Les retrouvailles sont donc scellées entre les deux parties puisque le premier album de Shine, Wrathcult, paraîtra le 30 janvier prochain sur ce même label. Comme vous allez pouvoir vous en rendre compte à l'écoute du morceau Wrath of the Hammer, le groupe pratique un blackened death standard mais, néanmoins puissant et guerrier, d'obédience old school. De quoi patienter en attendant la parution de ce premier chapitre.

MALEFICA - THE NIGHT OF PARALYSIS


À l'occasion des dix ans du groupe Malefica, le label espagnol BlackSeed Productions va publier le 25 décembre, jour de Noël, le nouveau EP de la formation blackened death, The Coming of the Entity. Sachez que la version vinyle va contenir un joli bonus sous la forme d'une réédition du tout premier EP de Malefica, Ancient Burial Mounds, parue en 2016 chez Darker than Black Records. Pour rappel, la formation se compose de deux membres de Lunar Chalice qui, l'année dernière, se sont adjoints les services du vocaliste Lucifogo qui officie chez Messe de Minuit. Voilà une belle équipe qui nous propose ici un avant-goût de ce nouvel ouvrage avec le morceau intitulé The Night of Paralysis, sombre litanie de près de dix minutes.

lundi 22 décembre 2025

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 38


Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Severance - Procreation (1990) :
Dès le début de l'âge d'or du death metal, en 1990, la scène underground de l'État américain du Texas acquiert une solide réputation grâce à la forte densité de groupes qui en émergent et dont nous en évoquions certains dans cet article dédié. Né dans la bourgade de McAllen, au sud de San Antonio, tout près de la frontière avec le Mexique, en 1989, sous le nom de Rest in Pain, Severance balançait en janvier 1990 sa première démo, Procreation. Le quintette y dévoilait trois morceaux tous d'une durée supérieure à cinq minutes, solidement ancrés dans un death metal primal, lourd et abrasif, soutenus par d'incandescents solos de guitares à se damner. Le groupe représentait avec maestria cette fameuse scène texane reconnaissable entre toutes qui avait la particularité de proposer une approche directe et frontale du death metal par son versant le plus lourd et le plus malsain. Cette première réussite allait permettre au groupe de s'extirper de la masse et de sortir trois albums, le premier datant de 2001, le dernier de 2017. Aux dernières nouvelles, il est toujours en activité aujourd'hui, Jaime Perez, le batteur, étant le dernier membre originel, le groupe ayant connu une dizaine de changements de lineup.

Absurdus - Flames (1994) :
Il va sans doute me falloir du temps pour me remettre de cette démo tant j'ai été décontenancé par son contenu. Cela débute par un court morceau d'une minute trente qui s'apparente à du punk hardcore. Puis, l'on passe par toutes le sensations sur les trois titres suivants où se télescopent thrash metal, death metal mélodique, punk rock et même heavy rock, le tout sous une alternance déroutante de chant clair et de chant death. C'est d'ailleurs la direction (celle du heavy rock) que prendra plus tard ce groupe finlandais ne faisant rien comme les autres, allant même jusqu'à changer de nom en l'an 2000 pour adopter celui de Pandemonium Outcasts. À croire que ce groupe atypique n'était décidément pas fait pour le metal extrême. Quel curieux objet !

Morbicus - Sadistic Immolation (1994) :
Il s'agit de la quatrième démo de ce groupe mexicain fondé en 1990 près de la frontière avec l'État du Texas et qui, après s'être séparé six ans plus tard, s'est reformé à la surprise générale en 2011 sous l'impulsion de deux de ses membres d'origine, dont le vocaliste et guitariste Uriel Aguillon qui œuvre également au sein du groupe Putred (dont l'album paru cette année figure parmi les trente albums favoris de Ravage Cérébral en 2025). Morbicus n'était pas là pour tailler la bavette lorsque Sadistic Immolation est paru le 25 octobre 1994. Le groupe latino pratiquait un death radical, porté un chant si guttural qu'il en paraissait effrayant, le tout étant fortement influencé par des sommités comme Slayer, Terrorizer et Napalm Death, ce qui pouvait donner parfois un aspect deathgrind à l'ensemble, notamment sur un morceau comme Eternal Restless. De la brutalité, en veux-tu, en voilà.

Maelstrom - Resting in the Pantheon (1990) :
J'ai adoré cette démo dès les premiers accords du morceau d'ouverture, Thrill Under the Domes, comme si je savais d'emblée que j'allais passer un bon moment. Ce fut le cas de bout en bout, grâce à ce groupe espagnol originaire de Saragosse où il naquit en 1989 et qui, durant ces quelques années d'existence (la séparation se produisit en 1994) acquit une certaine notoriété locale. Il faut dire que le death pratiqué sur Resting in the Pantheon ne s'embarrassait pas d'artifice. C'était du death old school jusqu'à la moelle, franc du collier et très inspiré par ce que les groupes latinos savaient faire le mieux à cette époque. Je pense notamment à des formations d'envergure comme Mystifier, Mutilator, Anal Vomit ou pourquoi pas, dans une moindre mesure, Sarcofago. J'aurai l'occasion de reparler de Maelstrom dans un article qui leur sera consacré pour la rubrique le Culte de l'underground. En attendant, régalez vous !

Voici un des premiers groupes de metal extrême à faire son apparition en Finlande, au cours de l'année 1988. Parue en janvier de l'année suivante, cette démo ultra énergique contenait pas moins de huit morceaux, la plupart tournant autour des deux minutes et orientés vers un death thrash à la Sadus ou Hellwitch (ceux des débuts), même si j'aurais envie de dire que Protected Illusion (nom étrange que voilà, tout comme l'est le titre de cette démo) penche plus vers le thrash que vers le death. Un thrash que je me verrais bien écouter à fond dans les oreilles en dévalant les rues sur un skateboard (encore faudrait-il que je sache en faire). Un disque plaisant et abordable qui devrait, en toute logique, combler les fans de thrash metal.

CHRONIQUES DE LA FOSSE : MORTUARIUM - MORTUARIUM (2022)


Qu'est-ce que les sud-américains nous gâtent quand il est question de death metal, notamment la scène chilienne qui ne cesse de surprendre par sa vivacité et sa longévité depuis que le metal extrême a commencé à submerger l'Amérique latine dans les années 80. Mortuarium fait partie de ces groupes discrets mais néanmoins essentiels appartenant au milieu underground. Fondé en 2020 dans une commune du sud du Chili ne comptant pas plus de trente milles habitants, le groupe s'est soudainement retrouvé dans la lumière deux ans plus tard lorsque paraissait chez Putrid Prods (un label chilien bien sûr) son premier EP éponyme, et seul ouvrage à ce jour.

À l'écoute des quatre morceaux qui le composent, nous découvrons une solide formation faisant sérieusement les choses en délivrant un death metal qui, paradoxalement pourrait-on dire, semble s'inspirer plus des scènes old school américaine et européenne que sud-américaine. Vous ne trouverez pas ici d'influences venant de Sepultura, Sarcofago ou de tout autre groupe venant des pays voisins du Chili ou du Chili même. Le son est lourd, avec un caractère sombre, délétère et oppressant, alternant un rythme mid-tempo et up-tempo que Mortuarium restitue avec beaucoup de justesse. Le mini-album s'ouvre idéalement avec Demon Attack, single dont l'introduction lente, influencée par le doom metal, laisse la place à un premier couplet plus rapide, suivi d'un chorus entêtant, brillamment exécuté, soutenu par une base rythmique impressionnante de puissance et un chant qui l'est tout autant, scandé dans la langue de Cervantès (ce qui demeure ainsi sur les trois morceaux suivants). Masacre Demencial ne modifie pas la tendance avec ses changements de rythme se fondant parfaitement l'un dans l'autre pour donner un morceau très cohérent, à la production aiguisée et prenant ses racines dans le pur death metal des années 90-95. L'hommage à la vieille école est ici rendu avec beaucoup de passion et de rigueur.

La rigueur, justement, voilà sans doute le maître mot qui pourrait résumer cet EP. On sent en effet un groupe qui cherche à beaucoup s'appliquer dans tous les domaines de la créativité. Même quand le rythme ralentit sur Instinto Visceral, des riffs venus des tréfonds les plus obscurs de l'âme ou de redoutables solos de guitare composés avec application viennent nous rappeler que nous n'avons pas affaire à un groupe d'amateurs bien qu'il s'agissait là de sa première expérience discographique. Enfin, Necrofago vient clore superbement l'ouvrage avec son rythme plus endiablé. Sans doute le seul morceau qui rapproche peut-être un peu plus Mortuarium de ses origines sud-américaines que sur les autres compositions proposées. Vous voulez du death metal old school qui va droit au but ? Ne cherchez pas plus loin, vous allez trouver votre bonheur avec ce groupe.

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : DEUX PRÉCIEUSES RÉÉDITIONS MERCYLESS PAR OSMOSE PRODUCTIONS


D'abord un peu d'histoire. Mercyless fait partie des premiers groupes de death metal français à avoir percé dans les années 80 avec Massacra, Agressor et Loudblast. Eh oui, il ne faut pas oublier que nous aussi avons vécu notre âge d'or du death metal en ces temps reculés même si le black metal allait par la suite faire parler de lui avec l'émergence des Légions Noires. Né en 1987 à Mulhouse sous le nom de Merciless (avec un "i") avant qu'il ne remplace le "i" par un "y" en 1991 pour éviter tout amalgame avec le groupe suédois du même nom, le premier lineup était alors constitué de Max Otero (chant, guitare), Stéphane Viard (guitare), Boris Mandavis (basse) et Gerald Guenzi (batterie) lorsque la première démo, Immortal Harmonies, surgit en 1988. Je ne vais pas refaire ici toute l'histoire de Mercyless, qui serait trop longue à raconter, si ce n'est insister sur deux points : le premier étant une forte période d'activité discographique pendant dix ans, de 1991 à 2001, la première vie du groupe en quelque sorte, durant laquelle sortent quatre albums dont le monstrueusement addictif Abject Offerings, en juin 1992 chez Restless Records, véritable album pilier que les passionnés n'ont pas oublié. La séparation eut lieu en 2001 alors que les membres du groupe semblaient désireux d'explorer de nouveaux territoires musicaux très éloignés du death metal. Le deuxième point sur lequel insister est un événement se produisant dix ans plus tard, en 2011, lorsque Max et Stéphane décident de sortir la bête de la naphtaline. Avec Matthieu Merklen à la basse et Laurent Michalak à la batterie, la formation retrouve le chemin des studios et enregistre son cinquième album, Unholy Black Splendor, qui paraît le 18 octobre 2013 sur le label provençal Trendkill Recordings.

C'est cet album, plus un autre dont je parlerai ensuite, qui va bénéficier d'une réédition le 30 janvier prochain chez Osmose Productions au format CD, vinyle et cassette, rien que ça. Pourquoi cet album en particulier ? Tout simplement parce qu'il est une pierre angulaire du groupe. C'était l'album du retour, de la résurrection, l'album du triomphe mais aussi, du retour aux sources pour Mercyless puisqu'on y retrouve tout ce qui faisait l'essence même de la formation tricolore lorsque Abject Offerings était paru vingt ans plus tôt. L'envie était toujours là malgré les longues années de séparation et la folle course du temps, dans un moment inoubliable gravé dans le death metal le plus pur, le death des grandes traditions, avec ce son tellement enraciné dans les années 90 qu'on n'aurait jamais cru une telle chose possible. Et pourtant, Mercyless l'a fait, en mettant l'art et la manière. Un exploit qui méritait une nouvelle vie pour cet album technique, puissant, vicieux où de multiples courants se croisent, allant de Pestilence à Obituary en passant par Massacre et Possessed.


L'autre bonne surprise nous vient de la réédition de Pathetic Divinity, toujours chez Osmose Productions, album qui fêtera l'année prochaine ses dix ans d'existence, originellement paru en octobre 2016 chez Kaotoxin Records et qui se voit remasterisé également en CD, vinyle et cassette pour un lancement prévu le 26 décembre de cette année. Le lineup était demeuré quasi inchangé à l'époque où le groupe s'était mis à travailler sur ce disque, hormis l'arrivée de Gautier Merklen à la guitare, le frère de Matthieu. Là encore, on parle d'un opus majeur du death metal français, n'ayons pas peur de le dire. On y retrouve en effet tous les ingrédients qui avaient fait le succès de Unholy Black Splendor, avec toujours cette énergie, cette envie, cette rigueur, cette remarquable qualité technique offrant un rendu d'une puissance rarement égalée. Considéré comme un album culte, Pathetic Divinity s'est démarqué en étant un hommage vibrant à l'esprit du death metal old school du début des années 90. Vous aurez du mal à trouver œuvre plus sincère que celle-ci par un groupe français. Bref, si vous manquez d'idées pour les fêtes de fin d'année à quelques jours de l'échéance et que vous avez des amis métalleux autour de vous, ou dans votre famille, pourquoi pas, Osmose Productions vous propose une alternative des plus intéressantes.


dimanche 21 décembre 2025

STRANGULIATORIUS - STINKS


Depuis qu'il est né à Vilnius en 2010, le groupe Stranguliatorius a su accomplir une remarquable transformation. D'abord orienté thrash metal, le quatuor s'est tourné progressivement vers un son plus extrême pour finalement adopter une posture death metal grindcore qui lui sied à merveille et que l'on retrouve sur Stinks, morceau extrait du nouvel album, Flies Don't Lie, à paraître le 9 janvier prochain chez Horror Pain Gore Death Productions. Il s'agit du quatrième opus des lituaniens.

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : RÉÉDITIONS ARCKANUM ET GOREWINTER


À l'approche des fêtes de fin d'année, des labels proposent de très intéressantes rééditions, à commencer par Darkness Shall Rise Productions qui dévoile un reprint d'un des dix plus grands albums de black metal de tous les temps, n'ayons pas peur de le dire, Fran Marder, d'Arckanum, dont on fête cette année les trente ans de la parution. On ne présente plus le projet fondé en Suède en 1992 par l'artiste Shamaatae dont les principaux centres d'intérêt étaient l'occultisme, le satanisme anti-cosmique, les doctrines de la gnose et la défense du vieux langage suédois. Fran Marder était le tout premier opus d'Arckanum, paru à l'époque (1995, donc) sur Necropolis Records. L'album rassemblait quelques morceaux issus de la précédente démo du musicien, Trulen, ainsi que des inédits. Pour ceux qui connaîtraient mal Arckanum, il est important de rappeler ceci. Nous avions affaire ici à un artiste qui en plus d'explorer les thématiques précitées par le biais du black metal, puisait son inspiration dans ce qui faisait l'essence même du genre. Si son approche était certes radicale sur la forme, aussi bien pour le chant que pour l'instrumentation typiquement nordique, il y avait sur le fond un choix voulu d'aborder le black metal par son côté folklorique et atmosphérique. Une tendance que l'on retrouve sur ce splendide album qui contient de purs joyaux à jamais gravés dans l'histoire tels que Hvila pa tronan min, Gava fran trulen ou Þe alder hærskande væsende natur pour n'en citer que quelques-uns. Darkness Shall Rise Productions a choisi le format vinyle pour rééditer cette œuvre majeure du metal extrême, à posséder de toute urgence pour tout passionné de black metal qui se respecte.


Gorewinter est loin d'être connu de tous, même pour les amateurs les plus avertis. Il faut dire que ce groupe ne vécut pas très longtemps, quelques années tout au plus, entre 1995 et 1999, soit l'équivalent d'une étoile filante qui fend le ciel nocturne avant de se désintégrer. Et pourtant, il s'agissait d'un des tous premiers projets musicaux de Marko Tarvonen et Markus Eurén, tous deux membres actuels de Moonsorrow, le Baron Tarvonen participant également à d'autres projets connus comme October Falls, Thy Serpent et Vargrav. Le label Werewolf Records nous propose ici une édition totalement inédite intitulée Vernichtung (1995-1999) rassemblant sur un CD les démos Battleback (1997) et Winterholocaust (1998), plus l'EP Buried by Night sorti en 1999, soit les trois seuls enregistrements publiés par le groupe de son vivant. Il s'agit donc d'une compilation très fournie d'une durée de quasiment une heure et qui s'avère d'autant plus intéressante que l'on peut suivre le cheminement musical du duo depuis ses débuts jusqu'à son extinction. Ainsi, les morceaux contenus sur Winterholocaust permettent d'aborder Gorewinter par son versant le plus extrême sur un black metal d'une radicalité terrifiante avec trémolos et blastbeats à la pelle. Écoutez en priorité des titres comme Enslaved Nazarene of Sadistic Evil ou The Stormy Belsebube in the Mountain of Ghraahl et vous verrez de quoi je parle. Puis, nous découvrons sur Battleback une facette plus épique du combo où les claviers prennent une place prépondérante, notamment sur des morceaux comme Demonblood et Vernichtung, ce côté épique atteignant même des sommets lorsque de sublimes nappes de claviers investissent le champ sur Hatefrost qui précède le court morceau acoustique Winterhymn. Enfin, la compilation se referme sur trois singles enregistrés sur l'EP Buried by Night où Gorewinter explore son penchant pour la mélodie, n'hésitant pas à expérimenter des sonorités plus progressives sur l'étonnant Sanguine Acts qui referme le disque. Une anthologie remarquable que Werewolf Records distribue sur son site officiel.


LE COIN DES DÉMOS (21/12/25)


Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.

Bone Abduction - Afarensis (2025) :
Du death metal préhistorique ? J'en ai vu défiler des étiquettes mais, je dois dire que celle-ci est pour le moins intrigante. Nos lointains ancêtres poussaient-ils la chansonnette au fin fond de leurs cavernes en alignant les riffs de guitares ? Bon, soyons sérieux un instant. Il s'agit tout simplement ici d'un groupe originaire de Los Angeles et qui a décidé d'explorer le thème de la préhistoire par le prisme du death metal. Concrètement, cela nous donne trois morceaux dont les paroles se réfèrent directement aux premiers hommes ayant foulé le sol de cette planète (c'est d'ailleurs plutôt bien écrit soit dit en passant), tandis qu'au niveau de l'instrumentation, on se situe dans du death au rythme très lourd, écrasant, parfois proche du doom metal, avec en petit bonus une flûte tribale qui se fait entendre au début et à la fin de la démo. Le plus fort dans l'histoire est que j'ai vraiment été convaincu par ce groupe sortant de l'ordinaire. Jetez-y une oreille (ou deux) à l'occasion.

Carnelian Idol - Spiritual Revanchism (2025) :
Nous voici plongé dans la radicalité du black metal nord-américain sur cette première démo de Carnelian Idol, projet derrière lequel se cache un artiste du nom d'Arch Usurper qui fait partie d'un conglomérat appelé "Eastern Black Metal Inner Circle". Pour résumer ici l'esprit du truc, vous trouverez sur cette démo des morceaux d'une rare violence, ancrés dans le black metal le plus extrême et le plus malfaisant qui soit et qui ferait presque passer les nordiques pour des enfants de chœur. L'écoute s'avère difficile, notamment en raison de la qualité très rugueuse (et certainement voulu) de l'enregistrement. Cependant, l'ambiance malsaine, brutale et décharnée du raw black metal est là, ce qui rend finalement cet objet digne d'être écouté. À vous de voir.

Carcinus - Meat Grinding Death (2025) :
On reste dans le graveleux avec Carcinus, groupe fondé l'année dernière à Kuala Lumpur, en Malaisie, et qui nous propose sur cette démo un death bien orienté vieille école aux accents doom. Le son qui en ressort est, en toute logique, lourd et étouffant, et enregistré avec les moyens du bord, ce dont vous allez très rapidement vous rendre en compte à l'écoute, l'ensemble sonnant en effet très crasseux, avec une basse exagérément mise en avant par rapport aux autres instruments, la voix finissant par se noyer dans cette masse informe. Attention, je ne dirais pas pour autant que tout est à jeter, bien au contraire. La fidélité du groupe à l'esprit old school est étonnamment bien restituée malgré la bouillie qui nous est servie. Nous allons par conséquent leur laisser une petite chance.

Execrion - Sulphurous Throne of Perdition (2025) :
Nous avons là la seconde des quatre démos (dans l'ordre chronologique) que ce groupe espagnol a sorti cette année (auxquelles on ajoutera un EP paru en septembre). Ces deux artistes originaires de Santander, qui possèdent de nombreux projets parallèles, œuvrent ici pour un death metal de la vieille école très bien exécuté, puissant et vindicatif (écoutez notamment le morceau Temple of Abyssic Goat pour vous faire une idée). Si je devais adresser un seul bémol à cet ouvrage, ce serait à l'encontre du chant abusivement poussé dans des tonalités très graves (avec un son probablement retravaillé) au point qu'on se demande si le vocaliste n'a pas attrapé une rhinopharyngite. Dommage car, à part cet écueil, l'ensemble tourne bien.

Hatred Creation - Desecration of the Sacred Corpse (2025) :
Je me suis pris d'une soudaine affection pour ce groupe dont le style n'est pas sans me rappeler la scène death metal qui émergea de Floride dans les années 80. D'ailleurs, ça tombe bien puisque Hatred Creation est originaire de Jacksonville, ceci expliquant sans doute cela. Toute l'irrévérence, la malfaisance et la noirceur de cette scène se retrouve sur les quatre morceaux que contient cette excellente démo, sous la forme d'un hommage vibrant à la vieille école du death metal américain. Une grande réussite qui, je l'espère, en appellera d'autres.

samedi 20 décembre 2025

EVIL DAMN - GODS OF CHAOS


Né il y a plus de vingt ans, Evil Damn n'a sorti qu'un seul album à ce jour, Necronomicon, en 2021. Le groupe péruvien aime se cacher dans les recoins les plus sombres de l'underground sans doute pour mieux nous surprendre. Justement, un nouveau EP, Eons of Horror, va paraître le 30 janvier prochain chez Hells Headbangers Records. Pour saluer l'événement, un morceau intitulé Gods of Chaos est disponible à l'écoute, témoignant de l'attachement viscéral des sud-américains pour un death old school authentique aux accents black.

VOID MONUMENTS - EPITOME OF FEAR


Nous disions déjà tout le bien que nous pensions de Void Monuments dans un coin des démos publié en tout début d'année. Désormais, place au premier album pour le groupe russe dont l'effectif a été grandement remanié suite à son retour sur scène en 2024. Posthumous Imprecation sortira le 16 janvier prochain via le label suédois Blood Harvest. Toujours situé dans un death metal trouvant sa place entre tradition et modernité auquel on peut ajouter des influences venant du black metal, la solide formation dévoile un morceau, Epitome of Fear, que l'on peut écouter ci-dessous.