Vous connaissez sans doute l'histoire de Profanatica. Fondé en juin 1990 par trois membres originels d'Incantation (Paul Ledney, Brett Makowski et Aragon Amori, qui n'est plus de ce monde depuis longtemps) qui collaborèrent avec John McEntee sur la toute première démo du groupe du New-Jersey, le combo éclata deux ans plus tard, en laissant quelques démos mémorables dans son sillage, et ne donna plus signe de vie durant neuf ans avant que Ledney ne ressuscite la bête en 2001 aidé de Malcolm Trent et Rod Ware. La formation allait ensuite subir encore quelques remous (départ de Ware en 2006) avant qu'un premier album, Profanatitas De Demonotia, ne paraisse en 2007 chez Hells Headbangers Records. Dix-huit ans et cinq albums plus tard, c'est sur ce même label que va être dévoilé le 25 avril un nouveau méfait, sous la forme d'un EP intitulé Wreathed in Dead Angels, dont on peut écouter un premier extrait, The Sixth Hour, qui montre que le groupe n'a rien perdu de sa capacité à produire du blackened death toujours aussi délétère.
vendredi 14 mars 2025
jeudi 13 mars 2025
VIDÉO : UNBOUNDED TERROR - DIVINE VIRTUE
Comme vous le savez sans doute, le nouvel album d'Unbounded Terror, Something is Rotten in Humanity, doit débarquer le 1er avril chez Xtreem Music. Le groupe vétéran des Baléares continue de préparer le terrain avec un clip mis en ligne pour Divine Virtue, très bon morceau de death metal old school sans la moindre pitié.
VIDÉO : ANTAGONIZÖR - OBSESSED BY EVIL
Toujours emmené par ses deux furies Sarah (ex-Von Nacht) et Tzu Wei, auxquelles s'est joint l'année dernière Michael Colby (Wharflurch, Plasmodulated) à la batterie, Antagonizör vient de dévoiler son nouvel album, Edgelords from Hell, dont on peut voir un aperçu grâce au clip furieux mis en ligne pour Obsessed by Evil, hymne heavy metal incendiaire et insolent très inspiré de la scène des années 80.
LE CULTE DE L'UNDERGROUND : LE THÈME DE L'AUTOPSIE CHEZ HAEMORRHAGE, UNE INSPIRATION TRÈS ARTISTIQUE
Les thématiques ayant attrait à la médecine, comme la chirurgie ou l'autopsie, ont toujours été récurrentes chez bien des groupes de death metal. À l'heure où Haemorrhage, légende vivante du deathgrind, revient sur le devant de la scène avec la parution prochaine d'un nouvel EP intitulé Opera Medica, il semblait logique de se pencher sur le cas du groupe espagnol fondé en 1991 dont les principales influences se situent dans le milieu artistique, notamment dans la représentation de l'autopsie dans l'art pictural.
Des influences que la célèbre formation ibérique n'hésite pas à mettre en avant de façon très claire sur l'artwork d'Opera Medica, le livret contenant des illustrations truffées de références à des œuvres majeures venant de la peinture, essentiellement du seizième et du dix-septième siècle. L'une des plus marquantes provient de William Hogarth, philanthrope anglais, graveur et peintre dont Diderot ne tarissait pas d'éloges, qui vécut de 1697 à 1764, célèbre pour son autoportrait au chien et sa Satire des mœurs électorales mais, pas que. En 1751, l'artiste né à Londres dévoile une gravure particulièrement violente, The Reward of Cruelty, sur laquelle l'appareil judiciaire de l'époque était représenté de manière très explicite en montrant le sort cruel réservé à des condamnés venant d'être exécutés. Ici, en l'occurrence, après qu'il eut été pendu, un individu est disséqué, avant d'être vidé de ses entrailles par des chirurgiens faisant plus office de bouchers, sous l'œil attentif (ou distrait pour certains) d'un auditoire que domine du haut de son trône un personnage étant identifié sous le nom de John Freeke, président du Collège Royal de Chirurgie. Le côté extrêmement violent de la scène est renforcé par la présence d'un chien, en contrebas, dévorant le cœur extrait de la victime, tandis que sur la gauche, l'on voit des restes humains, crânes et os, bouillir dans une marmite (dont les supports sont eux-mêmes constitués d'os humains), en vue d'être exposés par la suite (on voit d'ailleurs très bien en arrière-plan deux squelettes de condamnés disposés à la vue de tous). Sur Opera Medica, Haemorrhage ne s'est pas privé de reprendre au détail près cette gravure macabre et choquante en y insérant un des membres du groupe, sans doute ce diable de Lugubrious, le chanteur, à moins qu'il s'agisse de Luisma, le guitariste, à la place du président, vêtu de l'uniforme complet du parfait chirurgien psychopathe.
Dans un ordre d'idée à peu près similaire, Haemorrhage est allé chercher des éléments contenus dans des manuels de chirurgie datant pour certains du seizième ou du dix-septième siècle. On retrouve notamment sur Opera Medica une illustration reprise directement dans l'un de ces livres d'anatomie (assez fascinante, soit dit en passant, l'individu pratiquant l'autopsie étant lui-même disséqué). L'image figurant sur Opera Medica se différencie néanmoins par certains aspects, comme l'ajout de deux corps humains dont l'on distingue les entrailles et le système sanguin (représentation typique dans les livres d'anatomie) et, plus surprenant, le même médecin légiste mais, ayant une apparence angélique.
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| Autopsie d'après un manuel datant du 16è ou 17è siècle |
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| L'illustration que l'on trouve sur 'Opera Medica' |
L'imagerie véhiculée par le groupe Haemorrhage étant avant tout très gore, nous ne sommes pas surpris que les espagnols aient opté pour une approche en rapport direct avec ces œuvres souvent incommodantes dont certains artistes de l'époque étaient friands (si l'on peut dire). Incontestablement, c'est surtout au dix-septième siècle que l'inspiration fut la plus florissante sur le thème de l'autopsie avec des peintures décrivant des actes pratiqués en public conçus telles de véritables performances. Beaucoup de ces peintures, comme la célèbre leçon d'anatomie du Dr. Willem van der Meer de Michiel van Mierevelt et de son fils Pieter (datée de 1617 et que vous pouvez admirer ci-dessous), exemple parmi tant d'autres, étaient représentatives d'un goût prononcé pour un style horrifique par lequel les groupes de death metal, dont Haemorrhage, ont toujours été attiré. C'est là le cœur même d'une relation pour ainsi dire intime que le metal extrême et l'art ont toujours entretenus.
dimanche 9 mars 2025
VIDÉO : CROWN OF MADNESS - WHEN I DON'T REMEMBER YOU
Après deux EPs parus respectivement en 2022 et 2023 puis, un split la même année en collaboration avec leurs compatriotes de Stench of Death et Entity, c'est avec un premier album en poche, Memories Fragmented, paraissant chez Transcending Obscurity Records, que reviennent en 2025 les canadiens de Crown of Madness. À cette occasion, le duo composé de Sunshine Schneider (dont le chant guttural impressionne) et Connor Gordon a dévoilé un clip pour When I Don't Remember You, morceau de death metal sincère, profond et introspectif ne laissant pas indifférent.
VIDÉO : FLY! - THE SINNER
Remarqué l'année dernière sur une démo qui posait les jalons de leur heavy/speed metal gratiné au thrash et au rock des années 70, Fly! nous revient avec un premier opus, intitulé ...or Die!, qui doit paraître le 23 mai prochain sur le label Dying Victims Productions. Pour nous faire patienter, les australiens de Melbourne ont balancé un clip furieux pour le très énergique et très addictif single The Sinner.
LE COIN DES DÉMOS : DEATH PULSATION - DEMO 2025
Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de death metal tapis dans les profondeurs de l'underground.
On dit souvent que l'union fait la force. Ce dicton prend tout son sens avec Death Pulsation. Forgé en 2024 à Stockholm par des membres de Malakhim et Encryptment, deux redoutables entités qui hantent depuis dix ans les bas-fonds de l'underground suédois, le quatuor signe pour Caligari Records une première démo cataclysmique contenant trois morceaux repoussant les limites de la nuisance sonore, le terme "nuisance" n'étant pas péjoratif, comprenez bien mais, l'apanage d'un groupe donnant l'impression de maîtriser avec beaucoup de sérieux la violence pourtant extrême qui ressort de ses compositions.
La démo commence sans le moindre avertissement par Thunderous Pulse, morceau au rythme effréné conviant au banquet Napalm Death, Terrorizer, Brutal Truth et Nasum, rien que ça. Cette convergence des influences, aussi rugueuse qu'un produit abrasif, pose les bases d'un death metal intransigeant où s'entremêlent thrash, grind et punk. Un tendance qui se confirme sur le titre suivant, Eater of Stars, qui durant un peu plus de trois minutes, assène durement les coups sous la ceinture en s'inspirant du travail accompli par certains membres du groupe avec Encryptment, que nous citions plus haut. Par ailleurs, et Death Pulsation ne s'en cacherait sans doute pas, l'on ressent au fil de l'écoute l'attractivité que peuvent exercer des spécialistes du death/grindcore comme Concrete Winds ou pourquoi pas, histoire de pousser un peu plus loin, Antichrist Siege Machine et Pissgrave. Voilà qui vous pose définitivement le décor. Cependant, le combo scandinave ne se contente pas de conduire à tombeau ouvert. Dans sa propension à déchaîner les enfers, il parvient à créer des détours labyrinthiques qu'un morceau comme Death Salvation laisse entrevoir juste avant sa conclusion, offrant ainsi une ouverture presque salvatrice vers un blackened death metal qui ne manque pas d'allure. C'est dans cette volonté d'ouverture vers des territoires plus sombres que le quatuor atteint un niveau d'excellence lui faisant tutoyer les sommets. Ainsi, de ce chaos primitif naît un ordre relatif conçu comme unique porte de sortie à un auditeur qui, durant dix minutes, en prend pour son grade.
Grâce à l'expérience de ses musiciens, Death Pulsation propose un premier essai d'une incontestable solidité qui, bien que très court (ce sera là notre seul regret), s'inscrit parmi les démos les plus intenses et les plus extrêmes qu'il nous ait été donné d'entendre depuis le début de l'année. Gageons que la formation n'en restera pas là et que la suite est attendue avec une certaine angoisse.
samedi 8 mars 2025
AN TÓRAMH - SEA OF SORROW
An Tóramh est un duo en provenance de Minneapolis composé de John McGovern (membre de Chalice of Suffering et Solemn Echoes) et Anthony Cupertino Jr. Ensemble, les deux artistes vont sortir le 9 mai prochain via Black Lion Records leur premier effort, Echoes of Eternal Night, dont on peut d'ores et déjà écouter un aperçu avec Sea of Sorrow, morceau lugubre et mélancolique très ancré dans un death/doom funéraire atmosphérique.
SEIDHR - DRACANTHROPY
Composé de trois artistes originellement basés dans le Michigan, Seidhr vient de dévoiler au monde son premier album, Dracanthropy, via le label allemand Witches Brew. Ce dernier a eu la très bonne initiative d'ajouter aux neuf nouveaux morceaux les huit figurant sur l'EP paru en décembre 2023, Wrath of the Hellbitch, dont nous parlions dans cet article. C'est l'occasion idéale de découvrir le blackened thrash irrévérencieux et corrosif de ce groupe américain.
LIGHT DWELLER - THE SUBJUGATE
Projet solo de Cameron Boesch, jeune artiste talentueux et prolifique basé dans l'Arizona, Light Dweller revient hanter nos nuits (et nos jours) avec The Subjugate, son cinquième album venant de paraître chez Unorthodox Emanations. Ceux qui ne connaissent pas ce musicien vont pouvoir découvrir son univers sombre et macabre bâti sur un blackened death metal progressif et technique des plus envoûtants.
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