Enfanté dans les rues de Brooklyn en 2018, sous l'égide du créatif chanteur/batteur Manny Sores et son fidèle acolyte Nicolai Orifice, Stress Angel s'est taillé une solide réputation sur la scène death metal de New-York à tel point que votre serviteur n'hésitait pas récemment à placer leur second album Punished by Nemesis parmi les trente meilleurs albums de death metal de l'année 2024, ni plus ni moins. Avant cet opus majeur, le duo, qui s'est récemment enrichi d'un troisième membre à la basse, s'était déjà distingué sur quelques brûlots bien sentis tels que des démos et des singles. Puis, il y eut en 2021 ce qui constituait le premier grand acte de leur discographie, l'album Bursting Church, qui les propulsa véritablement sur le devant de la scène.
Je me souviens avoir été quelque peu dérouté quand j'ai découvert Stress Angel pour la première fois car, pour tout vous dire, je m'attendais surtout à un énième groupe de death metal old school US en me référant à ce que j'avais pu entendre sur eux par le bouche à oreille. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me rendis compte que les new-yorkais étaient bien plus que ça. J'en ai réellement pris conscience à l'écoute de cet album. Oui, il est vrai que dans l'esprit, le death metal occupe une place très importante chez Stress Angel. Du death crasseux, grossier (les Anglo-Saxons emploieraient sans doute à bon escient le terme de filthy ou smutty), très vieille école dans sa conception, à l'image de ce que Possessed, Death Strike ou Autopsy, par exemple, pouvaient nous proposer du temps de leur prime jeunesse. Néanmoins, les gars de Brooklyn s'attachent sur cet album à bousculer certains codes en ne se gênant pas pour taper du pied dans la fourmilière.
Ainsi, l'on se retrouve parfois plongé dans le death/thrash de la fin des années 80 sur les bombes incendiaires que sont Exposure to a Disease ou Starving to a Closet, alors que Flaming Kingdom ou Angel of Stress ont plus tendance à se braquer sur un New-York hardcore de la grande époque imprégné d'un death old school guerrier et subversif. Sur certains riffs et solos de guitare, le blackened thrash d'Aura Noir n'est pas loin (Godless Shrill) avec même un petit arrière-goût bien épicé de Venom (Mohel's Kiss) et le vieux Celtic Frost période 1984-87 (Final Doom). Stress Angel nous dévoile également toute son adresse et sa technicité sur des morceaux au tempo plus lent comme Life Alert (sublime section rythmique) sans oublier le phénoménal The Human refermant l'opus où l'on entre sur un territoire flirtant avec les frontières du doom des temps anciens typé seventies. C'est dire à quel point ces jeunots connaissent les classiques sur le bout des doigts.
Death, black, thrash, hardcore, punk. Chercher à coller une étiquette à Stress Angel dans le but de l'identifier dans le paysage musical serait vain. Dites vous simplement que Bursting Church est comme un livre d'histoire du metal grand ouvert dans lequel on peut s'abreuver à volonté, un livre essentiellement conçu pour le pur plaisir d'écouter de la bonne musique pratiquée par un groupe au talent infini.
Le format mini-album (ou extended play si vous préférez) possède certains avantages, pas seulement financiers. Non seulement il permet de mieux cerner l'identité musicale d'un groupe et de plonger plus en profondeur dans la structure des compositions mais, je trouve aussi qu'il s'adapte bien à notre temps, dans une société où tout va plus vite, où l'on est plus soumis à un rythme qui n'est pas le nôtre avec pour conséquence d'avoir moins de temps pour écouter des albums longue durée alors que l'EP est plus court, du coup plus abordable.
Fondé il y a cinq ans à Paris, Profanation a choisi cette voie du format étendu pour nous faire découvrir son univers ultra violent. Bien que le bien nommé Skull Crushing Violence soit leur seule sortie discographique à ce jour, d'abord paru en décembre 2023 en digital, avant d'être édité en vinyle et CD par Iron Bonehead Productions en mai de l'année suivante, nous n'avons pas affaire ici à des amateurs venus de nulle part. Le lineup en béton armé se compose de musiciens aguerris qui travaillent ou ont travaillé pour de solides formations françaises telles que Venefixion, Necrowretch, Regarde les Hommes Tomber, Goatspell et Sépulcre, sans oublier les australiens de Deströyer 666 (dont fait partie Kev Desecrator, le guitariste). Une telle ribambelle de "crache-le-feu" ne pouvait s'allier que dans la malfaisance la plus totale, chacun apportant sa petite touche personnelle de par le milieu musical auquel il touche (ou a touché) dans les groupes précités. Death metal, black metal, sludge metal et même punk, tout est passé à la moulinette, mâché, mastiqué, recraché, ravalé et vomi en toute insanité pour accoucher finalement de cet EP.
Il n'y a pas de compromission ici, pas de compassion pour quiconque, pas un pouce de terrain cédé. Essayez simplement d'imaginer les membres du groupe aux commandes d'un char blindé qui progresse inexorablement au milieu d'un champ de bataille jonché de cadavres, écrasant les corps, les réduisant en bouillie, pulvérisant les os jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que de la poudre que le vent diffuse dans les airs. C'est à peu de choses près cet effet-là que va vous faire ce mini-album. Là, quelque part entre la crasse sans limite des américains de Repulsion, la brutalité féroce des finlandais de Concrete Winds ou les blasphèmes véhéments d'Antichrist Siege Machine, là où le metal extrême (le terme n'étant ici pas usurpé) rencontre l'insolence et la sauvagerie du punk le plus primitif, vous trouverez Profanation. Tantôt d'une agressivité ne se cachant pas derrière les apparences (comme sur Global Terror ou Profanation), tantôt chirurgical comme un professionnel magnant le scalpel (Modern Sickness), tantôt punk/hardcore (l'énervé Graveyard Stomp), tantôt plus proche d'un death sincère ancré dans ses racines (comme sur le sublime et terrifiant Skull Crushing Violence), le combo parisien ne s'essouffle jamais, distribue les coups comme un boxeur infatigable, nous servant une soupe épaisse, consistante, sous la forme d'un pur concentré de death/punk qui tient à l'estomac et vous maintient au chaud pour un long moment. Pour ceux qui cherchent des sensations fortes, Profanation est votre sauveur.
Presque quatre ans après un premier EP qui en avait converti beaucoup, Můra (que l'on pourrait traduire par papillon de nuit en tchèque, pays d'origine du groupe) revient avec Needle Cathedral dont la sortie vient juste de se produire via les labels Caligari Records et Doomentia Records. Sur ce second mini-album, les pragois s'en tiennent à la formule qui avait fait le succès du précédent ouvrage en pratiquant à la perfection un death/doom lugubre et atmosphérique que le morceau Abysmal Putrefaction, en écoute ci-dessous, ne reniera pas.
Après Decay, remarquable album de death metal old school bien groovy paru en 2023, Guts nous revient avec Nightmare Fuel, second chapitre à paraître le 31 janvier via le label Morbid Chapel Records. Les finnois ne semblent pas modifier leur formule, et c'est tant mieux, sur Devoured by Insects, nouveau single extrait de l'opus à venir.
Six ans après Posthumous Humiliation et dix ans après Suicide Euphoria, son premier album, Pissgrave revient dans le troisième acte de ses méfaits avec Malignant Worthlessness qui doit paraître le 21 février chez Profound Lore Records. Le groupe de Philadelphie montre qu'il n'a rien perdu de sa force de frappe sur le morceau In Heretic Blood Christened, grâce à un death dont les excès et les dissonances constituent une arme de destruction massive ne laissant que chaos et désolation après elle.
Chaque lundi, Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.
Né à Göteborg en 1988, notamment sous la gouverne d'un certain Tomas Lindberg (At the Gates), qui se faisait appeler à l'époque Goatspell, et de Jan Kristian Wåhlin, guitariste aussi connu pour avoir dessiné des pochettes d'albums pour des formations telles que Dark Funeral, Emperor et Dissection, Grotesque dévoilait en novembre de la même année cette première démo sans doute enregistrée à l'intérieur du ventre d'un gros troll des cavernes repu après un bon repas, au vu de la qualité sonore. Il n'empêche, Ripped from the Cross contenait trois morceaux remarquables dans leur structure, d'un blackened death des plus extrêmes et qui préfigurait peut-être la seconde vague de black metal qui allait déferler vers le tout début des années 90. Même s'il est tout à fait compréhensible que le son puisse en rebuter beaucoup, dites-vous bien que vous avez ici une des démos les plus cultes de cette époque reculée dans le domaine du metal extrême.
Contrairement à nombre de ses compatriotes qui choisirent la voie d'un death metal pur et dur, ce groupe finlandais prit la décision d'évoluer à contre-courant avec un death tellement mélodique qu'on pouvait entendre sur cette démo du chant clair (Bewitched by Thy Flame) et même des claviers et du piano (Flight of the Halcyon). Le quintette laissait alors admirer une très intéressante technicité et une créativité qui ne laissait pas de marbre.
Groupe américain à l'existence très courte, dans lequel opérait notamment un batteur qui allait par la suite devenir connu en intégrant Mastodon, Brann Dailor, Evisceration ne laissa de son passage que cette démo de gros death metal graveleux et putride, avec des morceaux qui se distinguaient notamment par une basse versatile aux accords tellement souples qu'on avait le sentiment que les cordes étaient comme de gros spaghettis distendus. La formation de Rochester dans l'état de New-York n'en demeurait pas moins redoutable d'efficacité sur ce seul témoignage discographique.
Né en 1985 et toujours activité aujourd'hui (aux dernières nouvelles) grâce à son guitariste Enrique Zúñiga (passé par Sadism) et son chanteur/bassiste Alejandro Diaz, le groupe proposait ici une première démo brutale forcément typée sud-américain vu que la formation est originaire du Chili. Vous allez constater, à l'écoute, que tous les morceaux de cette démo nous ramènent à ce son crade et authentique du death old school latino, aussi bien dans la section rythmique que dans les chorus, de très forte inspiration death/thrash. Aucune surprise, donc, bien que l'objet possède une irrésistible attractivité bien ancrée dans son époque.
Terminons avec un pur concentré de death/grindcore à la Napalm Death avec ce combo suédois auquel participa le musicien Peter Bjärgö, actif plus tard dans des formations réputées comme Crypt of Kerberos ainsi que le projet néo-classique/darkwave Arcana. On était bien sûr ici dans un tout autre trip, violent et malfaisant, avec treize morceaux courts pour un total de dix-sept minutes environ, certes pas révolutionnaires dans leur conception mais, suffisamment travaillés pour en faire une démo plus que potable.
Quand le death metal a commencé à creuser son sillon aux États-Unis, vers le milieu des années 80, le voisin canadien a logiquement été impacté par le phénomène. On entend souvent dire dans les coursives que Sarkasm, de par son exceptionnelle longévité (le groupe de vétérans québécois va sortir un nouvel album le mois prochain) est l'un des principaux influenceurs du genre au pays de la feuille d'érable. Sans vouloir manquer de respect à ces légendes vivantes, ce n'est pas tout à fait vrai. En réalité, le quintette de Granby s'est immiscé dans la brèche que des formations, disparues depuis longtemps pour certaines, avaient ouverte cinq ans avant que Sarkasm ne soit fondé, même si l'inoxydable Bruno Bernier, le chanteur du groupe, mettait déjà la main à la pâte dans les années 80 avec son projet death/thrash technique Obliveon. Il est donc temps de remettre un peu d'ordre dans tout ça en évoquant la mémoire de ces groupes canadiens précurseurs et influents.
Impossible de ne pas commencer par ceux dont beaucoup s'accordent à dire qu'il ont été parmi les tous premiers à influencer la scène, j'ai nommé Slaughter. Le sujet peut éventuellement prêter à discussion car, si vous écoutez les premiers enregistrements du groupe fondé en 1984 à Toronto, vous n'avez pas l'impression d'écouter du death metal mais, plutôt quelque chose qui s'apparenterait à du thrash très speed et très punk, un truc bodybuildé sous amphétamines, nerveux et rugueux. Quand le groupe démarre sa carrière, il est alors composé de trois membres : Dave Hewson au chant et à la guitare, Ron Summers à la batterie et surtout, Terry Sadler à la basse, musicien versatile (qui va fêter ses soixante-cinq balais en février) passé notamment par des groupes comme Metallion et Riff Raff. Certes, le trio était résolument thrash/punk dans son approche, aucun doute là-dessus. Cependant, et je m'adresse ici à ceux qui ont l'oreille la plus fine, vous allez voir qu'en écoutant les deux brûlots incendiaires que sont les démos Bloody Karnage (1984) et Surrender or Die (1985), sur lesquelles on trouve de remarquables pépites telles que Incinerator, One Foot in the Grave ou Shadow of Death (morceaux qui préfiguraient l'album culte Strappado sorti en 1987 sur le label Diabolic Force), on entend dans les différentes sections des sonorités nous amenant vers un thrash plus bourru lorgnant vers un death/thrash très primitif. On peut donc dire que dès 1984, une première porte s'ouvrait vers une évolution de la scène extrême du pays.
Durant la même période, d'autres formations ont commencé à arriver du Québec. Fondé la même année que Slaughter, à Saguenay, Voor plante une banderille en 1985 avec Evil Metal, sa première démo. Le quatuor y pose quatre morceaux dantesques, plus une reprise du Bloodlust de Venom, pile dans le style thrash/punk de leurs compères de Slaughter, percutant, incisif, qui vous mord la peau jusqu'au sang. Une démo rageuse, de pure folie, qui s'articule là aussi autour d'un death/thrash tout ce qu'il y a de plus primal et instinctif. Sylvain Gilbert, le guitariste, demeure le dernier membre originel du combo, toujours actif aujourd'hui avec un lineup renouvelé.
Même période, même région, le prolifique Québec sortit Deadly Manover de son chapeau en 1986 depuis la commune de Châteauguay. D'abord, pour la petite histoire, un guitariste du nom de Sylvain Marcoux fit un bref passage dans ce groupe avant d'intégrer Gorguts en 1989. Celui-ci, en revanche, ne participa pas à la conception de Deathology, seul et unique témoignage discographique du combo sorti en 1987. Cette démo portait plutôt bien son titre. Composée de cinq morceaux dont un instrumental, elle obliquait dans une autre direction que celle des deux formations précédemment citées en étant bâti sur un tempo plus lent, plus saccadé mais, ne s'éloignant pas pour autant de façon radicale du thrash/punk populaire de cette période. Néanmoins, les arrangements montraient bien que Deadly Manover avait pour ambition de partir dans un autre trip avec une musique plus proche d'un death/thrash classique agrémenté de quelques parties un peu plus techniques, comme l'on peut s'en rendre compte sur le morceau qui a donné son titre à la démo. Un virage très intéressant donc, mais au prix, hélas d'une existence très courte puisque le groupe s'évapora dans la nature après la parution de ce classique. Son chanteur/bassiste, Dan Tremblay, n'est d'ailleurs plus de ce monde.
Bien avant que Bruno Bernier (évoqué en introduction) n'intègre l'effectif en 1994, Obliveon naquit sous le nom d'Oblivion (attention à l'orthographe). En 1987, le groupe, qui était un trio dont le chanteur et bassiste se faisait appeler Big Foot (Stéphane Picard de son vrai nom), sortait sa première démo éponyme. L'on sentait alors déjà sur les six morceaux qui la composaient la technicité assez stupéfiante pour l'époque dont faisaient preuve les musiciens. Chaque composition nous entraînait clairement vers ce qu'allait devenir le combo au début des années 90, à savoir un groupe de death/thrash technique et aventureux naviguant à contre-courant. Il n'y eut hélas que ceci d'intéressant dans la carrière de cette formation créative qui vira plus tard groove metal puis, metal indus vers la deuxième moitié des années 90. Tout de même, on peut dire qu'Oblivion (ou Obliveon) ouvra sans doute un nouveau créneau dans le death metal canadien en se démarquant totalement de la concurrence.
Overthrow vit le jour en 1987 dans l'Ontario et eut une durée de vie de quatre ans avant de raccrocher, juste le temps de sortir un album, Within Suffering, en 1990 sur le label Epidemic Records, précédé d'une démo, Bodily Domination, parue en 1989 sur le même label. On y trouvait des musiciens aguerris, comme le guitariste Ken Wakefield qui joua un temps dans un groupe thrash metal local du nom de Dark Legion, et surtout le bassiste Nick Sagias qui fit un passage très rapide en 1990 chez Pestilence et qui évolue toujours aujourd'hui au sein de Tribe of Pazuzu avec John McEntee (Incantation) et Flo Mounier (Cryptopsy). Vous imaginez donc bien que ce groupe n'allait pas faire dans l'amateurisme. Que ce soit sur la démo ou l'album, le style était impeccable et leur death/thrash, sans doute un peu plus thrash que death, d'une application à se damner, solide dans tous les compartiments, furieusement old school et très inspiré des premières salves de Sacrifice, Morbid Saint et Devastation. Du grand ouvrage qui aurait largement mérité une attention plus grande si le groupe avait vécu plus longtemps.
Dernier détour par le Québec avec Anthagonist, quatuor né en 1987 et qui publia trois démos de son vivant, dont Enigmatic Pleasure of Death, la première, en 1989. Sept titres pour environ trente minutes d'écoute au total, on ne se fichait pas de la gueule du client ici d'autant plus qu'on rentrait dans du death d'obédience scandinave, calibré à la finlandaise, très soutenu et très sombre mais, avec quelques passages plus groovy, voire même thrash/punk. Ce qui est fort d'ailleurs est qu'il pouvait y avoir toutes ces influences musicales compactées sur un même morceau. À mes yeux, une des démos de death metal les plus abouties des années 80 par un groupe canadien.
Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.
Bien avant la parution de leurs deux albums studios, Spewing Mephitic Putridity (2022) et Oozing Radioactive Vomition (2023), le groupe britannique originaire de Bristol, dont le lineup était bien différent de celui d'aujourd'hui (Tibor Hanyi s'occupait pour ainsi dire de tout, épaulé par le batteur Joe Knight) dévoilait cette démo inaugurale qui préfigurait les déflagrations à venir. Sur ces trois morceaux, leur death était déjà crasseux, résolument méchant, dérangeant et cryptique. Bref, un premier essai brutal et sans la moindre pitié inaugurant en beauté une discographie qui allait assez rapidement s'étoffer par la suite.
Deux ans avant son premier et remarquable opus Dreams of Dysphoria, le groupe londonien balançait un gros pavé sur ces trois morceaux très nuancés dans leur construction. Death metal old school sur In the Antechamber of the Eyeless, grindcore mâtiné de punk sur Unknown Bone Fragments et death/doom sur Excess and Decay. C'est toute la créativité du combo qui nous éclatait au visage sur ce brillant et bruyant premier jet. Un nouvel album, In His Blood, dont nous parlions ici, est prévu pour fin février chez Relapse Records.
Vous avez droit à deux démos pour le prix d'une sur cette pièce de l'artiste suédois prénommé Beleth, soit onze titres en tout, simplement numérotés en chiffres romains, pour un total de quarante minutes d'écoute, soit de quoi vous familiariser avec le black metal à la fois raw et mélodique de cette maléfique entité. Seul problème, des morceaux qui finissent par tous se ressembler, notamment dans les rythmiques, si bien que l'ennui pointe assez vite le bout de son nez.
Le geste part d'une bonne idée, celle de créer trois morceaux de death/doom avec de belles parties mélodiques engendrant une ambiance atmosphérique et parfois proche du funeral doom. Hélas, ce groupe danois, dont c'est le tout premier essai, semble bien peu inspiré en se contentant d'imiter bêtement tout ce qui a déjà été entrepris, et bien mieux, dans ce style musical. Il en ressort une démo d'une banalité sans nom qui finit noyée dans la masse.
Ce groupe basé à Portland ne manque pas d'atouts puisqu'il compte dans ses rangs des musiciens expérimentés appartenant à des formations comme Engorged, Apraxic et Disimperium. Le résultat de ces associations est un mélange assez savant de black metal et de death metal auquel est incorporé un doom très lourd. On aurait voulu entendre plus de morceaux, plutôt que deux, pour se faire une meilleure idée tant l'expérience paraît ici inachevée mais, néanmoins encourageante et suffisamment bien conçue pour capter l'attention de l'auditeur.
Avec en son sein des membres de formations telles que Nuclear Remains, Casket Sized Maggot et Eternal, Misanthropic peut se targuer d'avoir déjà une bonne expérience de la scène death metal bien qu'il fut fondé en 2021. Une raison en tout cas suffisante pour que le groupe basé dans l'Arizona ait décidé de passer à l'étape supérieure en dévoilant le 26 février prochain son premier album, Festering Nihilistic Hatred, via Iron Fortress Records. Découvrez dès maintenant leur death méphitique sur le morceau intitulé Necrotic Embalmment.
Malgré plusieurs changements de section rythmique qui ont menacé sa stabilité, Funus, groupe en provenance de Bratislava où il fut fondé en 2019, a trouvé le temps de travailler sur de nouveaux morceaux paraissant aujourd'hui au format single et faisant suite à un EP daté de 2023. Les slovaques font montre de leur étalage en pratiquant un death sincère et fidèle à l'esprit de la vieille école.