mardi 4 février 2025

CHRONIQUES DE LA FOSSE : DIES IRAE - NINE PAGES FROM THE MOONSTONE BOOK (1995)


Les groupes de death metal n'étaient pas légions dans les pays baltes au cours des années 90, c'est le moins qu'on puisse dire, même si une petite scène non dénuée d'intérêt se développa en Lettonie, en particulier à Riga, avec Huskvarn, par exemple, un des précurseurs (revenu de l'au-delà l'année dernière après neuf ans d'inactivité), Sanctimony et Neglected Fields (ces derniers étant plutôt ancrés dans un death progressif assez technique). Parmi ces quelques formations, on retrouvait Dies Irae, sextet formé en 1992 sur les cendres de Giljotina et qui avait la particularité de posséder dans ses rangs une femme dont le chant clair au rendu opératique servait de backing vocals. Ne vous méprenez pas, Dies Irae n'avait rien d'un groupe de metal symphonique. Il était un vrai groupe de death metal qui ne caressait pas dans le sens du poil, si vous voyez ce que je veux dire. On peut même aller jusqu'à affirmer qu'il était assez brutal dans sa manière de concevoir le death metal. Cependant, cette brutalité pouvait être contenue dans une sorte de moule à l'intérieur duquel le groupe de Riga était capable de développer une créativité tous azimuts, pas si éloignée d'une sommité telle que Death (il faut dire que le seul album de Dies Irae est paru la même année que Symbolic, un des ouvrages le plus techniques et progressifs de la célèbre formation d'Altamonte Springs).

C'est donc en 1995 que paraît chez le très confidentiel label letton Metal Attack Records cette œuvre étrange qu'est Nine Pages from the Moonstone Book (un hommage au roman La Pierre de lune de Wilkie Collins ?). Étrange car, tout sur cet album semblait mis en œuvre pour dérouter l'auditeur. De prime abord pourtant, l'aspect rugueux de l'opus n'a rien de déroutant. Le chant guttural peut s'avérer assez terrifiant dans la majorité des sections, soutenu par des guitares agissant comme des cisailles, dissonantes par intermittence, et qu'accompagne une batterie de métronome. L'ensemble peut éventuellement évoquer la scène radicale du death scandinave de la fin des années 80 à laquelle s'ajouterait peut-être diverses influences émanant de la scène proto-death américaine, en particulier celle de Floride, influences que l'on retrouve particulièrement sur un morceau comme Make my Grave Clean from the Cross, que l'on peut aisément considérer comme étant le plus brutal de cet album.

Mais, et c'est là que réside la surprise du chef, Dies Irae ne manque pas de montrer qu'il a plusieurs cordes à son arc. Ainsi, dès le premier morceau, Amberclouds Inigmations, le groupe nous embarque dans une expérience pouvant presque tenir lieu d'une certaine transcendance en multipliant les éléments techniques. De surprenantes harmonies discontinues que viennent volontairement casser des changements de rythme s'ajoutent à la structure tandis que la voix claire du chant féminin secondaire se fait entendre pour la première fois. Cette volonté d'enjoliver les compositions de manière assez sophistiquée (notamment dans les solos de guitare) se confirme ensuite sur Word Create Hate (1236 "Battle of the Sun") et Evolsactuo (The Pagan's Chapter). Au fil de l'écoute, les structures se complexifient, deviennent labyrinthiques, parfois même plus expérimentales, avant de s'agencer presque naturellement comme si le groupe nous invitait à résoudre un puzzle. Le death pratiqué par Dies Irae prend un tour résolument plus progressif sur l'intense et obscur Drowned in the Cobweb avant que le vertigineux Nectar of Black Flowers ne clôture le chapitre en atteignant un sommet de technicité savamment élaboré que vient agrémenter un chant féminin aux allures de soprano.

L'année qui suit la sortie de cet opus, Dies Irae disparaît à jamais dans les limbes, nous laissant comme seul témoignage ce remarquable objet qui bénéficia en 2023 d'une réédition avec deux morceaux supplémentaires, sous l'impulsion de deux des membres du groupe. C'est là tout ce qu'il reste à ce jour du travail d'orfèvre produit par cette étonnante et énigmatique formation.


lundi 3 février 2025

ROTPIT / DRUID LORD - DOOMED TO ROT


Tous deux partisans d'un death viscéral et ne faisant jamais dans la demi-mesure, Rotpit et Druid Lord ne pouvaient être amenés qu'à joindre leurs forces un jour ou l'autre. C'est chose faite sur Doomed to Rot, un split-EP comportant un morceau inédit de chaque formation. D'un côté, Rotpit continue comme il se doit de faire dans le death méphitique et pestilentiel avec le terrifiant Golem of Rot, tandis que de l'autre, Druid Lord poursuit son exploration de territoires plus doomy sur le sculptural Fatal Fog. Sachez qu'une édition vinyle de cette précieuse collaboration verra le jour ce mois-ci sur le label polonais Behind the Mountain, tandis qu'une version cassette va être proposée plus tard chez Gurgling Gore. Que du bonheur.

CHRONIQUES DE LA FOSSE : VORACIOUS CONTEMPT - EXQUISITE SUFFERING (2025)


En 1995, Internal Bleeding dévoilait un premier album, intitulé Voracious Contempt, qui allait tellement marquer son temps qu'on peut encore le considérer de nos jours comme l'une des références absolues en matière de slam death metal, voire même un des ouvrages précurseurs du genre (et l'un des plus brutaux de cette période). Trente ans plus tard, on retrouve chez certaines formations actuelles cette propension à pratiquer des suites de demi-tons se référant aux sons dits chromatiques adoptés pour les fameux breakdowns qui sont l'une des principales caractéristiques du slam. Le groupe Voracious Contempt, qui a poussé le mimétisme jusqu'à s'appeler ainsi en hommage direct à l'album culte d'Internal Bleeding, a repris ce vieux concept en récitant parfaitement ses gammes sur Exquisite Suffering, son premier EP.

Le tout jeune groupe texan fondé en 2023 à San Antonio, dans une région où le death a connu une forte expansion par le passé, doit certainement comporter des membres n'ayant pas plus de vingt ans et pourtant, à l'écoute des quatre morceaux constituant ce mini-album, qui fait suite à une démo datée d'il y a deux ans, on a l'impression d'entendre un groupe roulant sa bosse depuis un certain temps. Au-delà de l'indéniable solidité des compositions, dopées par une production n'ayant rien de l'amateurisme, la formation déroule des structures fidèles à l'esprit du slam/brutal death metal tel que le pratiquaient les grands spécialistes américains des années 90 tels que Repudilation, Devourment, Dehumanized et bien sûr Internal Bleeding, référence la plus évidente. Portés par d'impeccables vocaux, aussi réguliers qu'une voix de stentor, les morceaux possèdent une force naturelle ponctuée de breakdowns très savants qui n'ont pas été déposés négligemment, juste pour faire beau. Structurellement, le chromatisme se fond parfaitement à l'intérieur de la charpente pour lui donner sa solidité. L'on sent ainsi sur chaque morceau la volonté du groupe de travailler l'instrumentation jusque dans ses moindre détails avec, en toile de fond, cette ligne directrice dont il ne dévie jamais par respect pour les anciens. Une ligne qui, comme nous l'évoquions plus haut, est clairement old school, ce qui donne à cet EP un charme qu'on ne pourra contester.

L'autre petit plus qui fait également la différence vient sans doute des paroles. Si l'on prend le temps d'y accorder de l'attention, on y trouve une certaine profondeur pouvant paraître assez surprenante pour le style proposé. Certes, Exquisite Suffering, morceau qui a donné son titre à l'EP, demeure tout à fait typique du genre avec son approche résolument gore. Cependant, les surprises viennent des autres morceaux où il est question d'un raisonnement plus profond, presque de l'ordre de l'émotionnel. La souffrance résultant de la perte de l'être aimé est évoquée avec candeur et subtilité sur Eigengrau (que l'on peut traduire par "gris intrinsèque" en allemand, autrement dit la couleur perçue par l'œil humain dans l'obscurité totale), bien que le morceau en lui-même soit bien entendu, et comme il se doit, brutal d'un point de vue musical ; notre rapport fragile à la mortalité et la perte progressive de la raison jusqu'au basculement dans la folie sont mis en avant, respectivement sur Mortality et Crawling Through Delirium. Faut-il y voir la conséquence d'expériences personnelles vécues par certains membres du groupe ? Quoi qu'il en soit, le résultat est assez bluffant au regard du style pratiqué et place Voracious Contempt sur un créneau qui pourrait lui permettre d'occuper une place de choix sur l'échiquier du slam death.

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 32


Chaque lundi, Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Adramelech - Grip of Darkness (1992) :
Injustement rejeté par une partie du public pour avoir pratiqué un style jugé trop complexe, le groupe finlandais était certes unique en son genre mais surtout, novateur dans son approche du death metal et incroyablement doué. Sur cette deuxième démo, le trio se laissait dériver dans les ténèbres les plus inhospitalières afin d'en explorer les recoins les plus secrets. L'instrumentation, lourde et oppressante, pouvait prendre une exceptionnelle envergure sur des morceaux pourtant courts n'excédant pas les trois minutes pour la plupart. La démo s'achevait par une terrifiante descente dans les abysses sur Dreamdeath, une des compositions les plus obscures jamais créées pour le death metal. Du grand ouvrage par un grand groupe dont on attend toujours qu'il soit enfin reconnu à sa juste valeur, vingt ans après la sortie de son dernier album.

Moribund - Into Depths of Illusion (1991) :
Restons en Scandinavie mais, partons pour la Suède cette fois-ci avec un autre groupe très doué à l'existence très courte qui ne sortit que deux démos, dont celle-ci, au court de ses trois petites années de carrière entre 1989 et 1992. Comme Adramelech, le quintette possédait ce même attrait pour l'obscurité mais, en exerçant un death metal moins alambiqué, plus direct et, j'aurais envie de dire, plus classique. Cette démo n'en demeurait pas moins sombre et glauque, notamment sur le morceau qui en donna le titre, Moribund ayant cette capacité à creuser profond pour explorer les tréfonds de l'âme humaine. C'était du death qui ne se laissait pas facilement apprivoiser et dont il était extrêmement compliqué de sortir indemne.

Inverted - Heaven Defied (1992) :
La prolifique Suède donna naissance à un joyau en 1991, dont l'éclat sur la scène du pays allait durer sept ans avant sa soudaine extinction. Sept ans d'intense créativité, ponctués d'un album phare, The Shadowland, paru en 1996 en faisant toujours l'objet d'un culte aujourd'hui. Avant cet ouvrage majeur, la formation forgea son identité sur des démos, dont Heaven Defied, en exécutant un death très sombre, pas si éloigné de leurs compatriotes de Moribund, sur le fond comme sur la forme, et explorant notamment les thèmes impies. Un death profond et viscéral qui allait droit au but, d'une sincérité crue et, au bout du compte, très typique de cette période.

Demogoth - Flesh Consumed (1992) :
Né en 1991, ce groupe obscur ne sortit que cette seule et unique démo comme preuve de son passage sur terre. À l'écoute des quatre morceaux qui la composent, sans compter l'introduction et la conclusion, on croirait entendre un de ces groupes sinistres venus de Finlande, tellement le death entendu ici semble malfaisant à tous les niveaux, et pourtant, ces gars venaient bien de Floride, un des berceaux du death, mais avaient un style et une approche qui pouvaient différer des autres formations bien connues de cet état au début des années 90. Leur truc était vraiment la noirceur et le désespoir, ce qui, ma foi, avait le mérite de s'avérer efficace sur cette démo.

Astaroth - Drowning in Blood (1992) :
La Floride, justement, Astaroth (que nous avions longuement évoqué dans cet article) en était originaire, plus précisément de Tampa, un des plus gros foyers du death metal des années 90. Tout comme Demogoth, ce groupe était fermement décidé à ne pas faire comme les autres. Dès cette première démo, il s'attachait à fracasser du pied toutes les portes des dimensions infernales afin d'y extraire les choses les plus vils et malfaisantes qui y habitaient. À la limite de l'inaudible, cette démo infusait dans du death cauchemardesque, rude, primitif et difficile d'accès pour le commun des mortels. C'était là la force d'un groupe déterminé à emprunter des chemins que peu avaient arpenté et sur lesquels le risque était grand de se perdre à tout jamais.

dimanche 2 février 2025

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : CES ALBUMS DE DEATH METAL PARMI LES PLUS BRUTAUX ET OUTRAGEANTS DES ANNÉES 90 (PARTIE 2 : 1993-95)


Nous poursuivons la mini-série entamée il y a quelques jours avec une seconde partie dans laquelle nous allons cette fois-ci nous intéresser à des albums de death metal parus durant la période allant de 1993 à 1995, en pleine apogée du genre. Ravage Cérébral a sélectionné dix opus susceptibles de sortir du lot.

Electrocution - Inside the Unreal (Contempo Records, 1993) :


Composé à l'époque d'un solide lineup au sein duquel évoluait deux frères, Max et Luca Canali, respectivement bassiste et batteur, ce groupe originaire de Bologne, où il fut fondé en 1990, s'imposa dès ce premier album comme une des valeurs sûres du metal extrême transalpin. Mick Montaguti, toujours actif de nos jours après une reformation en 2012 à l'aide d'un lineup remodelé, assurait un chant dantesque qui pouvait parfois le rapprocher d'un David Vincent ou Steve Tucker (Morbid Angel), ou pourquoi pas de Mike van Maastrigt (Sinister), tandis que la section rythmique envoyait des riffs ciselés et soutenus, typés à la Morbid Angel (forcément) et même le Sepultura des années 80. La production très franche constituait la cerise sur le gâteau, offrant à cet opus un rendu très brutal.

Acrostichon - Engraved in Black (Modern Primitive, 1993) :


Il serait trop réducteur de dire que cet album vaut surtout pour le talent de sa chanteuse et bassiste Corinne van den Brand. Certes, l'artiste était à l'époque une des rares voix féminines les plus en vue dans le death metal avec son timbre si particulier. Cependant, cela va beaucoup plus loin sur ce premier opus dont l'aspect brutal s'accompagne d'harmonies sophistiquées et cotonneuses, travaillées dans un souci du détail qui fait de Engraved in Black un ouvrage tortueux, tourmenté et ô combien à part. C'est une façon, en quelque sorte, de découvrir la brutalité sous un angle différent. Une expérience d'écoute inédite qui en scotcha plus d'un dans les années 90.

Demilich - Nespithe (Necropolis Records, 1993) :


Le seul album des finlandais était un remarquable exercice de style totalement décomplexé, là la fois technique, abstrait et très avant-gardiste pour cette période. Bien sûr, les vocaux uniques en leur genre d'Antti Boman apportaient beaucoup dans l'aspect brutal de la chose mais, le vocaliste pouvait compter sur une solide instrumentation pour le soutenir, digne d'un régiment de chars d'assaut lancés à votre poursuite. Au-delà du côté malfaisant et embrouillé qui en sortait, cet album était la marque du pur génie, un maelstrom de créativité très rare à égaler, même si durant cette période, d'autres formations finnoises comme Demigod ou Adramelech allaient toucher l'excellence du doigt.

Infester - To the Depths, in Degradation (Moribund Records, 1994) :


Les frontières de la décence étaient largement dépassées sur ce premier et seul opus ravageur et impitoyable du groupe fondé par trois gamins de Seattle en 1991 sous le nom de Threnodist (il deviendra Infester l'année suivante). Il était question sur ce disque de pur death metal puisé dans les profondeurs les plus insalubres, soit l'essence même d'un death d'une rare agressivité, nourri de tous les maux de la société, racisme, viol, misogynie, sans oublier quelques thématiques plus classiques dans l'imagerie du style, telles que le gore et l'occultisme. Le tout formait un ensemble d'une remarquable cohérence malgré la violence extrême, offerte à l'état brut, qui se dégageait des compositions. Impossible de sortir indemne d'une telle expérience musicale.

Gutted - Bleed for Us to Live (Red Light Records, 1994) :


Groupe cruellement sous-estimé qui pondit le 29 mars 1994 ce pur joyau (son premier album) de gros death metal sans artifice, aussi brutal sur le fond que sur la forme, soutenu par une section rythmique de grande qualité et un chant aussi habité que terrifiant. Le combo (composé de trois frères) n'hésitait pas à porter des coups sous la ceinture, en allant loin dans le gore et en attaquant directement la religion. Choquant, dites-vous ? À coup sûr, cet album sans concession l'était.

Asphyx - Asphyx (Century Media Records, 1994) :


C'était la période sacrée, la période bénie des dieux (appelez cela comme vous voulez) du groupe néerlandais, sous l'ère très courte (1992-1994) de Ron van Pol au chant, tout simplement immense sur ce disque, avec le soutien d'Eric Daniels à la guitare et Roel Sanders (God Detroned, Inhume) à la batterie. Un groupe très différent donc, puisque plus aucun n'est dans le lineup aujourd'hui. On sentait la différence sur cet album éponyme par rapport aux deux premiers chapitres cultes qu'étaient The Rack et Last One on Earth. C'était ici le mariage du death et du doom, parfaitement agencé, construit sur de solides fondations, ténébreux, obscur, aux relents occultes, un de ces disques ensorcelés que les enfers mêmes semblent avoir forgé et d'une brutalité primale, telle une voix lugubre s'élevant dans le vide. Une œuvre majeure, parmi les plus terrifiantes parues en 1994.

Autopsy - Shitfun (Peaceville Records, 1995) :


Déjà au sommet de sa gloire après les brûlots incendiaires que constituait le triptyque Severed Survival (1989), Mental Funeral (1991) et Acts of the Unspeakable (1992), Chris Reifert et sa bande de malotrus se disaient sans doute qu'ils n'avaient déjà plus grande chose à prouver. Toujours animé par sa passion pour un death crade, horrifique, nécrophile et jamais dénué d'humour noir, le groupe décide à l'été 1995, année de sa première séparation, d'envoyer mémé valser dans les orties avec ce rare objet d'irrévérence, à la pochette mythique, sans doute composé de chutes de studio qui prenaient la poussière dans les placards. Dans un geste improvisé de je-m'en-foutisme le plus total, véritable insulte aux maisons de disques et même à la terre entière, Autopsy bousculait les codes de la brutalité et de la vulgarité sur ce disque jouissif d'une durée de près d'une heure, crasseux et puant sous les aisselles, telle une flatulence projetée en plein visage, le plus incroyable étant qu'il y avait du génie dans tout ça.

Molested - Blod-draum (Effigy Records, 1995) :


Premier groupe du musicien Øystein Garnes Brun, qui allait plus tard fonder Borknagar, Molested se laissait aller à de surprenantes expérimentations sur ce seul et unique opus dont la brutalité était contenue par une approche assez inédite consistant à concevoir des chemins labyrinthiques pouvant momentanément nous éloigner du death pur et dur. Il en résultait un rendu assez déroutant de prime abord, plutôt d'avant-garde, pourrait-on dire mais, ne perdant rien de son agressivité primale, surtout mise en avant par le chant de ce cher Øystein, déjà très inspiré à l'époque avant que son esprit ne change de direction en 1996. Un drôle d'album, pour sûr, qui n'a rien perdu de son attrait depuis.

Gorelust - Reign of Lunacy (New World Symphony Records, 1995) :


Le groupe québécois n'y allait pas avec le dos de la cuillère sur ce premier opus. L'attaque était frontale, rapide, sanglante, d'une violence livrée à l'état brut sur cet album directement inspiré de la toute première vague du brutal death metal. Toutes les influences venant des précurseurs du genre y passaient, pour être malaxées, passées dans un mixeur et en ressortir sous la forme d'un death bien gras, chirurgical et sincère. C'était au final de la bestialité qui se montrait sous son aspect le plus abject, inhumain et choquant, ce qui fait encore aujourd'hui de cet album un must pour tout amateur du genre.

Internal Bleeding - Voracious Contempt (Pavement Music, 1995) :


Un album culte pour tout amateur de slam/brutal death metal qui se respecte, dans la parfaite continuité de ce qui se pratiquait de plus en plus à l'époque après les grandes épopées de Cannibal Corpse, Avulsed et Napalm Death, pour n'en citer que quelques-uns. Agressif de bout en bout, ne cédant pas la moindre parcelle de terrain, provoquant, dérangeant, le premier opus des gars de Long Island était un hommage non dissimulé à la légendaire scène hardcore de New-York mais également, un pur essai de death primitif conçu par des praticiens qui allaient faire entrer le slam dans la catégorie supérieure. Du très grand art, véritable objet de culte de nos jours.

VIDÉO : IMPERISHABLE - BELLS


Tandis qu'approche doucement la sortie de leur nouvel album, Swallowing the World, le 11 avril prochain via Hammerheart Records, les suédois d'Imperishable nous font la grâce d'un clip pour le morceau intitulé Bells, sur lequel le groupe laisse éclater tout son talent dans la maîtrise d'un death metal énergique et puissant aux mélodies imparables. Vivement le printemps.

LE COIN DES DÉMOS (02/02/25)


Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.

Mysterium - Cimmerian Storm (2024) :
Dernier projet solo en date de l'artiste Are Liseth, alias Lord G., Mysterium est un hommage vibrant à la période old school du black metal norvégien, superbement mise en lumière sur cette démo remarquable, tour à tour radicale (Frozen Darkness), empreinte de mélodies nostalgiques (Moon's Pallid Gleam, Ash Falls Like Snow) et furieusement épique (Beneath the Stars). Bref, du grand et du beau black metal mélodique des temps anciens dans la tradition du genre et qu'on prendra plaisir à écouter durant les jours pâles d'hiver près du tison.

Evokthum - Majesty Blood Vomiter (2024) :
Obscur projet d'un jeune musicien brésilien, Evokthum nous ramène aux prémices de ce qu'était le blackened death metal des débuts. Si les traditionnels clichés sataniques et anti-chrétiens sont tenaces, donnant à cette démo une image vue et revue des milliers de fois, la qualité des compositions, brèves pour la plupart, n'en demeure pas moins bonne avec une petite touche de punk furieux pour arrondir les angles. Sulfureux, vindicatif, mais sans surprise.

Annihilation Cult - Annihilation Cult (Profaner Records, 2025) :
Cette démo est un exercice de promotion en vue d'un premier album éponyme à paraître incessamment sous peu chez Profaner Records. En provenance de Seattle, le groupe, qui comporte des membres ou ex-membres de Feral Light, Nothingness et Void Rot, délivre un blackened death plutôt atypique, très typé war metal et agrémenté de sonorités bruitistes et de percussions tribales, sans oublier un chant lugubre et profond pouvant faire songer à du death metal caverneux. Une drôle d'expérience qui demande de la patience et un temps d'adaptation.

Degraved - Premonition of Blasphemy (Grip of Darkness, 2025) :
Restons à Seattle avec ce groupe actif depuis cinq ans qui propose ici sa deuxième démo. Fidèle à ses racines old school, le trio envoie du bon death metal, sombre et horrifique à souhait, pas si éloigné du son soutenu et glauque dans lequel excellaient certaines formations scandinaves au tout début des années 90. Les trois morceaux dévoilés sur cette démo constituent les prémices d'un album devant paraître plus tard dans l'année. Au vu de la qualité des compositions, nous allons surveiller tout cela avec intérêt.

Descomunal Satanation - Demo 2024 (2024) :
Projet international à l'intérieur duquel sont représentés l'Espagne, le Portugal et la Slovaquie, ce groupe fait dans le deathgrind le plus classique qui soit avec des morceaux dont la durée est comprise entre neuf secondes pour le plus court et une minute cinquante-quatre pour le plus long. Napalm Death n'est évidemment jamais très loin mais, l'aspect assez rébarbatif de la chose rend finalement l'expérience d'écoute banale, les vocaux trop linéaires n'arrangeant rien. On a envie d'aimer, sauf qu'au bout de compte, c'est l'ennui qui finit par s'imposer.

samedi 1 février 2025

RAVAGE CÉRÉBRAL : PLAYLIST / JANUARY 2025


Tracklist :

Cosmophage - Decaying Entropy.
Gallower - The Dead Despise The Living.
Sepulchral Curse - House of the Black Moon.
Guts - Vessel for Parasites.
Leper Colony - Facing the Faceless.
Mass Strangulation - Psychotic Murder.
Idolatry - Walls of Death.
Warbringer - A Better World.
Hexecutor - Les Lavandières de la Nuit.
Act of Impalement - Deities of the Weak.
Interemo - Deceased.
Void Monuments - Devilish Prophecies.
Ominous Moon - Slaughter.
Scalpture - Landsknecht.
Lifeless Dark - Cryptic Remains.
Visteria - Die.
Algor Mortis - Ensoulment.
Lethephagia - Feeding Soil.
Infinite Misery - Lascerated Viscera.
Sawed Apart - Sawed Apart.

IMPURITY - MOURNINGSIDE


Après Ancient Remains (voir cet article pour les retardataires), Impurity dévoile un nouveau single, Mourningside, extrait de son premier album, The Eternal Sleep, à paraître le 7 mars prochain chez Hammerheart Records. Le jeune quatuor suédois fondé à Stockholm montre encore une fois son allégeance à un death old school authentique qui n'est pas sans rappeler leurs compatriotes de Dismember.

VACUOUS - STRESS POSITIONS


Comme vous le savez sans doute, Vacuous va dévoiler le 28 février prochain chez Relapse Records son deuxième album, In His Blood. En attendant, le groupe londonien se met en ordre de marche et sort le pulvérisateur sur sa nouvelle offrande, le ravageur morceau Stress Positions, qui se conclue par un son de clavier horrifique et angoissant nous rappelant à quel point Vacuous, chantre du gros death malsain, sait maîtriser comme il faut ce genre d'ambiance.