Avec désormais cinq albums à son actif, puisque Bestiarius vient de paraître via le label Defense Records, Formis ne s'est pas beaucoup reposé depuis qu'il a été fondé en 2010 dans le sud de la Pologne. Le groupe a beau avoir subi de nombreux chamboulements dans son effectif (il changea notamment trois fois de chanteur), il n'en demeure pas moins fidèle au death/thrash de la vieille école qu'il tricote avec soin depuis ses débuts et que l'on retrouve bien entendu sur les huit morceaux qui composent cet opus, dont Wieszczy, que voici.
RAVAGE CÉRÉBRAL
samedi 22 mars 2025
VIDÉO : LAME - MAUDAHEZ
Lame a surgi fin 2023 en dévoilant une démo 5 titres orientée vers un blackened death metal comportant des éléments venant du hardcore. Depuis, le groupe toulousain poursuit ses efforts et s'est lancé notamment dans le tournage d'un clip pour Maudahez, morceau refermant la démo et, à mes yeux, un des plus aboutis de cette jeune formation à qui il faut laisser le temps de mûrir tranquillement. Le fruit de ce labeur est à visionner ci-dessous.
ESCARNIUM - RELENTLESS KATABASIS
Actif depuis 2008, Escarnium va sortir le 9 mai son quatrième album studio, Inexorable Entropy, sur le prolifique label transalpin Everlasting Spew Records. Comme de coutume, le groupe brésilien propose un death metal old school délétère et lugubre s'exprimant dans toute sa plus noire splendeur sur le morceau Relentless Katabasis, en écoute dès maintenant.
vendredi 21 mars 2025
HORRENDUM VERMIS - CULTES DES GHOULES
Basé à Bahia Blanca (ville récemment frappée par des inondations ayant fait plus de quinze victimes), dans la province de Buenos Aires, Horrendum Vermis n'a pas chômé depuis sa création en 2014, le groupe argentin comptant trois albums à son actif. Il faudra bientôt en ajouter un quatrième puisque Temple Ov Morbid Divinities arrive le 21 mars via le label Iron Blood and Death Corporation. Le groupe nous en livre un aperçu avec Cultes Des Ghoules, morceau imposant s'inscrivant dans un death occulte situé entre tradition et modernité.
SAWED APART - BONE HARVESTER
Nous avons déjà dit dans la rubrique Into the Crypt tout le bien que nous pensons de Sawed Apart, épatant groupe du Connecticut adepte de la méthode du do it yourself. Ainsi, sur leur premier EP, Bone Harvester, c'est le batteur de la formation, Kurt Scameheorn, qui a géré toute la partie ingénierie, mixage, production et enregistrement, tandis que la bassiste Alexa Marie a dessiné la pochette. On retrouve sur cet EP deux nouveaux morceaux, en plus des deux que nous avions découvert l'année dernière, toujours dans un trip death old school cryptique.
CHRONIQUES DE LA FOSSE : THE CHAMBERLAIN - DRACONIAN MAGICK (2025)
À un rythme soutenu, et alors que sa cote de popularité semble toujours au beau fixe, le metal symphonique poursuit tranquillement sa route dans l'industrie musicale, porté par l'expérience de groupes vétérans de la scène et suscitant des vocations chez les plus jeunes. Présent depuis longtemps dans la frange extrême du genre, il s'est notamment émancipé et forgé une identité à part entière au sein de la scène black metal en étant initié par Emperor, Dimmu Borgir et Limbonic Art dans la Norvège du milieu des années 90. C'est du pays voisin, la Finlande, de Turku précisément, qu'est apparu en 2023 The Chamberlain, une nouvelle formation montée par des membres de Norrhem, Aesthus, Malum et Infernarium, des groupes de black metal radicaux à la solide expérience appartenant à la scène underground finnoise. De la radicalité, il en est moins question ici même si, l'année de sa fondation, le quatuor avait fait paraître une démo, Dominus Noctis, très axé vers un black metal satanique dans lequel les mélodies étaient déjà présentes.
Sur Draconian Magick, opus inaugural paraissant sur le label Out of the Dungeon, les finlandais reprennent les choses là où ils les avaient arrêtées il y a environ deux ans, l'album se proposant d'être une sorte de voyage immersif dans l'univers de la dark fantasy, ce sous-genre de la fantasy décrivant des ambiances sombres où le mal prend le pas sur le bien, dans des dimensions proches de l'horreur. The Chamberlain exécute son œuvre à la manière d'un peintre méticuleux faisant attention aux moindres détails. Après une ouverture instrumentale à caractère mystérieux, lugubre et cinématique, aux accents mystiques, le groupe nous fait tout de suite entrer dans le vif du sujet avec Empyreal Legions, morceau épique par excellence, symphonique dans son approche, laissant la part belle aux claviers, tandis que Magister Lucifugus, le vocaliste, se met à déclamer les premières strophes à la façon du Ihsahn des plus grandes heures d'Emperor. S'ensuit un Wings of Leather grandiose dont les imparables et impériales mélodies, d'une amplitude très aérienne, révèlent des atours mélancoliques et ensorcelants qui en font à n'en pas douter le morceau le plus abouti de cet opus. Sur des titres plus longs, comme l'éponyme Draconian Magick, d'une durée de près de neuf minutes, le groupe laisse libre cours à une inspiration virevoltante lui ouvrant les voies d'un black metal plus haineux et plus brutal ne se dépareillant pas pour autant de ses irrésistibles symphonies et sans soute plus inspiré de Vargrav ou de Carach Angren. Puis, avant que le coup de grâce ne soit porté dans le grand final de Enter the Pandemonium, morceau homérique aux imposantes structures, le combo scandinave se permet un petit coup d'audace en délivrant sur On the Path of Reckoning des passages majestueux, plus lents, lorgnant vers un power heavy metal de la vieille école que l'on devine aussi dans certaines sections de Rise of the Chamberlain, même si le black metal symphonique finit toujours par reprendre le dessus, cela va de soit.
Si The Chamberlain ne réinvente rien sur Draconian Magick, le groupe a cet immense mérite, par son indéniable créativité, à demeurer fidèle à l'esprit du black épique des années 90 en n'essayant pas d'en faire plus qu'il n'en faut afin de ne pas dénaturer le genre et d'en préserver toute la saveur originelle. La réussite est au rendez-vous sur ce premier chapitre dont on espère une suite tout aussi réjouissante.
INTO THE CRYPT : CARRION FEEDER - LET THE FEEDING BEGIN
Il y a six ans, le 24 mars 2019, l'acteur américain Jospeh Pilato s'éteignait à Los Angeles à l'âge de soixante-dix ans. Le seul souvenir que j'ai de lui (j'imagine que je ne dois pas être le seul dans ce cas) est son rôle inoubliable du capitaine Henry Rhodes dans Le Jour des morts-vivants, le film d'horreur de George Romero sorti en 1985. Le personnage y subit une mort particulièrement horrible (et méritée, diront certains, au vu de son comportement irascible et profondément irrespectueux) en étant éviscéré puis, coupé en deux par une horde de zombies lors d'une des séquences les plus gore de l'histoire du cinéma d'horreur. La scène m'avait d'ailleurs tellement choqué et écœuré que je mis un certain temps à regarder de nouveau des films du même genre, même si je m'en suis remis depuis, je vous rassure.
Si j'évoque ce souvenir, c'est parce que le pauvre gars que l'on voit les tripes à l'air et qui semble servir d'en-cas à une autre personne (qui pourrait être un zombie ou alors un psychopathe adepte du cannibalisme) sur la pochette du premier EP de Carrion Feeder, le bien nommé Let the Feeding Begin, m'a tout de suite fait penser à ce cher capitaine Rhodes et au sort peu enviable qu'il endure dans Le Jour des morts-vivants. J'ignore si le groupe a lui aussi pensé à ce film mais, quoi qu'il en soit, l'auteur de cette représentation, qui serait un proche de Carrion Feeder prénommé Mark, est à saluer bien bas pour cette œuvre macabre et brutale. Alors, du fond du cœur, merci Mark.
Côté musique, Carrion Feeder a là aussi touché un point sensible. Originaire de l'État de l'Indiana où il fut fondé en juin de l'année dernière, le quatuor dévoile un réel potentiel dans la pratique d'un death metal tout ce qu'il y a de plus... death. Autrement dit, un death transpirant la vieille école par tous les pores, résolument tourné vers les années 90, jusque dans sa production, à l'ambiance horrifique et crasseuse, cela va de soit, mais avec un petit truc en plus, à savoir une approche assez rock dans sa structure qui peut faire indubitablement songer à du death'n'roll à la Entombed période Wolverine Blues pour mieux situer les choses. Le groupe est en tout cas très à l'aise dans ce créneau sur les six morceaux proposés ici, à tel point qu'on a l'impression qu'il possède déjà plusieurs années d'expérience derrière lui. Et pourtant, quand vous aurez l'occasion d'aller voir les photos qu'ils ont mis en ligne sur leur Facebook ou celle qui fait figure de présentation sur Metal Archives, vous allez découvrir une bande de gamins insouciants qui ne doivent pas avoir plus de dix-huit ans. La vie est décidément pleine de surprises.
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Le capitaine Rhodes (Joseph Pilato) en prend pour son grade dans "Le Jour des morts-vivants". |
UNE DOSE DE BRUTALITÉ : MALIGNANCY / DYSMORPHIA / GRAFTED / ASSIMILATED TRANSDIMENSIONALIZATION / THANATOPHOBIA
L'intelligence artificielle dominera-t-elle à court ou moyen terme l'industrie musicale ? Malignancy, vétéran de la scène brutal death metal nord-américaine, a suscité une levée de boucliers après avoir mis en ligne un clip (visible ci-dessous) pour Biological Absurdity, morceau extrait de l'album ...Discontinued paru l'année dernière chez Willowtip Records, et pour lequel les images ont été, semble-t-il conçues à grand renfort d'IA. Nous n'allons pas faire un énième débat ici, ce n'est de toute façon pas le but de ce site, mais en rester au domaine musical, l'album, le cinquième du groupe de Yonkers fondé en 1992, étant très réussi. Pendant ce temps-là, la vivacité de la scène texane continue de produire ses effets. Depuis sa base de Dallas, Dysmorphia dévoile un premier aperçu de son nouvel EP (le troisième), Morbid Atrocities, avec le morceau intitulé Filet O' Flesh. On est dans un registre plus vieille école du death metal avec un soupçon de hardcore sur ce EP que le label Iron Fortress Records éditera le 11 avril prochain au format CD, cassette et digital. Restons aux États-Unis, direction San Diego, Californie, où est né en 2024 Grafted, un duo de musiciens officiant dans un slam/brutal death metal de bonne facture à l'écoute de Bestowing Deranged Impulses, titre devant figurer sur le premier album du groupe, Ingesting the Celestial Delegate, venant tout juste de paraître. À noter que l'opus contient une reprise de Spinning in Agony, single conçu par le groupe Brodequin. Quand est-il de la bonne vieille Europe ? Assimilated Transdimensionalization (à vos souhaits) est le projet solo de l'artiste hongrois Kara Tisza, en provenance de Budapest. Sur son premier EP 4 titres, Xenobiotic Annihilation Doctrine, paru le 15 mars, l'homme montre sa dextérité et sa créativité en concevant un death très brutal ponctué d'audacieuses parties techniques. Rendez-vous sur le Bandcamp du monsieur pour écouter dans leur intégralité ces quinze minutes de violence sonore. Thanatophobia est loin d'être un inconnu sur la scène BDM. Le duo basé dans l'est de l'Europe a enquillé trois albums entre 2022 et 2023, et revient ce mois-ci avec un quatrième chapitre colossal, Twilight Space Theatre, chapeauté par le label Lord of the Sick Recordings. Ceux qui connaissent le groupe ne seront pas surpris de constater que celui-ci officie toujours dans un brutal death metal extrêmement racé, agrémenté de passages plus techniques forçant le respect. Faites vous plaisir en savourant l'intégralité de cette galette en suivant ce lien et rendez-vous prochainement pour de nouvelles aventures.
jeudi 20 mars 2025
NECROTUM - INTERNAL SCREAM
Necrotum a annoncé via ses réseaux sociaux travailler sur un album qui sera une sorte de compilation regroupant des morceaux restaurés et ré-enregistrés extraits de sa seconde démo, May the Dead Rise, parue en 2020, et de son premier album, Condemned to Burn, sorti la même année. Il me semble que le groupe roumain s'était déjà prêté à cet exercice il y a de cela cinq ans sur une compil intitulée Gore Unleashed que le petit label Unholy Worship Productions avait distribué au format cassette. Quoi qu'il en soit, voici une occasion en or de découvrir, pour ceux qui ne connaîtraient pas, le death old school du talentueux trio de Brasov et dont vous allez pouvoir goûter un aperçu avec une version relookée du morceau Internal Scream qui figurait donc à l'origine sur la démo May the Dead Rise.
CADAVERIC REMAINS - GOD OF ALL PLAGUES
Nouveau venu sur la scène sud-américaine, Cadaveric Remains ne s'embarrasse pas d'artifices sur son premier EP, God of All Plagues, qui vient de paraître, le groupe brésilien pratiquant un death metal de la vieille école des plus sincères. Pour couronner le tout, l'intégralité de cet objet, soit trois morceaux en tout, est en écoute ci-dessous.
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