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lundi 15 décembre 2025

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 37


Chaque lundi, Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Evilution - Evilution (1995) :
Deux ans avant la sortie de son seul et unique album, Shrine of Desecration, sur le label Pure Death Records en 1997, Evilution débarquait de son Connecticut natal avec une démo 4 titres qui posait les bases de son death sans concession. Aussi primal que brutal dans son approche, le quatuor recelait des trésors d'ingéniosité pour délivrer un death franc du collier qui pouvait s'inspirer à la fois de Deicide et Suffocation. Soutenu par une base rythmique redoutable et intransigeante, le chant guttural de John York (qui était également bassiste) était capable de prendre beaucoup d'ampleur pour donner un côté encore plus lugubre aux compositions, ce qui n'était pas sans rappeler les harmonies tourmentées du death metal finlandais, à titre d'exemple. Trente ans plus tard, cette démo semble ne pas avoir vieilli et se savoure comme un bon vin.

Amniorrehexis - Under the Surgeon's Knife (1995) :
L'extraordinaire vitalité de la scène canadienne, notamment québécoise, est à coup sûr un gage de qualité qui a permis à ce pays de suivre les traces de son imposant voisin dans le domaine du death metal. S'il n'aura pas vécu très longtemps, Amniorrehexis est tout de même parvenu à se distinguer sur deux démos, dont celle parue en 1995 et qui fut la dernière avant que le groupe ne disparaisse sans laisser de trace. Under the Surgeon's Knife permettait de jauger le combo sur deux choses très intéressantes : d'abord son habileté à pratiquer un brutal death metal de première facture que les spécialistes du genre n'auraient pas renié ; ensuite l'emploi de deux vocalistes, un homme prénommé Blacky et une femme (image ci-dessus) répondant au nom de Marie-Pou. Le résultat était d'une violence inouïe et s'écoute encore aujourd'hui avec un mélange de respect, d'admiration et d'angoisse.

Acrostichon - Dehumanized (1991) :
On ne présente plus le groupe formé à Tilburg en 1989. Acrostichon eut rapidement le vent en poupe pour deux raisons : d'abord l'indéniable qualité de son death metal authentique, sombre, brutal et ne manquant pas de technicité ; puis la présence magnétique de sa charismatique chanteuse Corinne van den Brand dont les vocalises ne laissaient pas de marbre, c'est le moins qu'on puisse dire. En 1991, la formation néerlandaise dévoilait une cinquième démo dont les quatre morceaux annonçaient la tendance qui allait être reprise sur l'album culte Engraved in Black qui allait paraître deux ans plus tard sur le label Modern Primitive. Le groupe ne craignait pas de se lancer dans la construction de structures complexes en insistant beaucoup sur les cassures de rythme, les harmonies chaotiques et l'aspect lugubre. Endommagé par les ravages du temps, Dehumanized bénéficia en septembre 2020 d'une restauration bienvenue lors d'un pressage vinyle que le label Xtreem Music édita. Une initiative qui donna une seconde vie à ce disque remarquable.

Sadism - Perdition of Souls (1989) :
On connait la carrière exceptionnelle du groupe fondé en 1988 à Santiago du Chili sous le nom de Black Vomit, puis Sadist. Trois ans avant Tribulated Bells, album de légende que tout amateur de death metal old school se doit de posséder, le quintette, emmené notamment par l'inoxydable duo composé de Ricardo Roberts et Juan Pablo Donoso, dévoilait cette toute première démo percutante et irrévérencieuse qui posait les bases de son death malsain, comme un doigt d'honneur à l'humanité. C'est toute l'Amérique latine qui s'éveillait alors au metal extrême, dans le sillage de Sepultura, Torturer et Atomic Aggressor, Sadism choisissant dès le début de prendre une direction encore plus radicale qui allait faire sa renommé. Les jalons étaient posés sur cette démo inaugurale. La suite de l'histoire est connue de tous.

Marhoth - Wolfmoon (1995) :
Les choses sont simples à résumer. Si vous avez pris de plein fouet la vague du black metal en provenance de Norvège au début des années 90 et que depuis, vous ne jurez que pour un black à l'état brut, franc, sincère et underground jusqu'à l'os, Marhoth ne peut que vous plaire. Chant démoniaque, blastbeats tranchants, riffs imposants, clavier spectral et chœurs retentissant sous la lune pâle et glaciale par une longue nuit d'hiver, ces polonais ont réuni tous les ingrédients nécessaires pour la pratique d'un black metal sans artifice et capable de se frayer un chemin dans les forêts lugubres, au point qu'il ne manquerait plus que le hurlement lointain des loups pour vraiment s'y croire. Du bel ouvrage qui plaira avant tout aux vrais passionnés.

jeudi 21 novembre 2024

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : TETRALOGY OF DEATH VOL. 2 / SADISM / DESTRUCTION


EXTREMELY ROTTEN PRODUCTIONS MET LE DEATH DANOIS À L'HONNEUR.

Fondé à Copenhague en 2011, Extremely Rotten Productions a toujours soutenu avec ferveur les groupes death metal de la scène danoise qui fut longtemps en retrait derrière ses imposants voisins suédois, finlandais et norvégien avant d'acquérir tardivement ses lettres de noblesse. À titre personnel, je ne remercierai jamais assez ce label de m'avoir fait découvrir Deiquisitor, dont le dernier album en date, Apotheosis, sorti l'année dernière, m'a captivé. Bien que ce combo ne figure pas sur le nouveau split proposé par le label, on se jette tout de même à corps perdu, et à nos risques et périls, dans ce second chapitre de Tetralogy of Death, dont le but est tout simplement de faire découvrir aux auditeurs quatre groupes contemporains de la scène death du Danemark. Le label s'est appliqué à choisir des formations à l'identité forte ayant chacune leur propre vision et leur propre rendu du death metal. Ascendency, par exemple, offre un mélange subtil de death et de black dévoilant une ambiance très sombre sur A Purifying Flame. Avec dans ses rangs des membres ou ex-membres de Septage, Phrenelith et Hyperdontia, on pouvait s'attendre forcément à quelque chose de très inspiré. Chaotian nous entraîne sur des terres encore plus hostiles avec le terrifiant Vectors of Pestilence (Circles of Ubiquitous Mutilation). Leur death chaotique et méphitique est comme un cauchemar qui prend vie devant nos yeux à l'image de ce que le trio proposait déjà sur son sulfureux album Effigies of Obsolescence sorti en 2022. Septage arrive ensuite avec Sewage Spa, morceau le plus court du split, sur lequel le groupe récemment séparé fait montre de tout son étalage dans le deathgrind le plus insolent et crasseux qui soit. Ceux qui ont écouté l'album Septic Worship (Intolerant Spree of Infesting Forms) savent de quoi je parle. On termine enfin avec un petit bijou signé Sequestrum, groupe dans lequel on retrouve des membres de Phrenelith, Undergang et Chaotian (tiens donc), qui nous dévoile un Harvesting the Body Farm d'une grande profondeur, lourd et puissant, aux vocaux terrifiants et s'achevant pas un solo de guitare aux allures cosmiques. Précision importante : chaque groupe a enregistré pour l'occasion un morceau inédit ne figurant sur aucun autre disque, cela va de soit. Si vous avez un esprit curieux et avide de découverte, cette mini-compilation, que Extremely Rotten Productions sort en partenariat avec Night Shroud Records, label du Colorado, devrait satisfaire à vos besoins.


HAMMERHEART RECORDS RÉÉDITE "TRIBULATED BELLS" DE SADISM.

Sadism n'a sans doute rien montré d'aussi beau que ses premières années (d'une longue carrière débutée en 1988 sous le nom de Black Vomit) avec ses deux premières démos, Perdition of Souls et From the Perpetual Dark, sans oublier Tribulated Bells, bien sûr, premier opus des chiliens paru en 1992 chez Toxic Records, sur lequel sévissait Ricardo Roberts et Juan Pablo Donoso (Pentagram Chile) qu'il est important de citer puisque les deux lascars sont toujours dans l'aventure trente-cinq ans plus tard. Tribulated Bells était et demeure encore aujourd'hui un des plus beaux sommets d'irrévérence à l'ordre établi. Opus chaotique par excellence, habité d'une haine et d'une terreur sans nom, il était la quintessence du death et du thrash, le mariage parfait entre les deux genres et le symbole d'une époque en mutation quand le death metal était dans une phase de créativité très intense. Sa réédition à partir du 24 janvier de l'année prochaine par le label néerlandais Hammerheart Records est donc une excellente initiative qu'on ne peut que saluer, d'autant plus que les petits plats ont été mis dans les grands avec une parution en vinyle (couleur noir ou vert, au choix), plus un double CD qui, en plus de l'album, contient les deux démos classiques du combo de Santiago, citées plus haut et parues respectivement en 1989 et 1991, plus l'EP Darkside sorti en 1993 juste après Tribulated Bells. Violent, brutal, classique de chez classique, c'est la vieille école du death sud-américain qui nous éclate à la tronche ici.


DESTRUCTION DÉVOILERA SON NOUVEL ALBUM, "BIRTH OF MALICE", EN MARS 2025.

On ne présente plus Destruction, légende vivante du thrash metal née en 1983 et dont l'aventure se poursuit aujourd'hui grâce à un inépuisable Marcel Schirmer, qui aura cinquante-huit ans le mois prochain et qui demeure le seul membre originel et fondateur de l'entité du Bade-Wurtemberg. Destruction, c'est dix-sept albums studio, tous en l'honneur du thrash le plus sincère qui soit, et bientôt dix-huit puisque le combo allemand va rempiler le 7 mars de l'année prochaine avec Birth of Malice. Je ne vais pas vous cacher que j'éprouve une certaine appréhension car, bien évidemment, quand je pense à Destruction, je me souviens des années 80 et des brûlots incendiaires, des purs chef-d'œuvre de thrash metal que sont Infernal Overkill, Eternal Devastation (mon favori, paru en 1986) et Release from Agony. Je me demande légitimement où va Destruction aujourd'hui, si la flamme est toujours là, même si je sais pertinemment qu'on est dans une sorte de revival des vieux groupes thrash en ce moment avec, par exemple, Sacrifice, une autre institution, qui prépare aussi son retour. De plus, le clip que Destruction vient de dévoiler pour le morceau du même nom, extrait de ce nouvel album, tend à ne pas me rassurer, tant je trouve le niveau bien en-deçà de ce que le combo proposait avant. Mais bon, le lineup ayant beaucoup évolué et le temps ayant fait son œuvre, il faudra sans doute ne pas s'attendre à quelque chose de miraculeux. Saluons néanmoins le fait que Destruction soit toujours là aujourd'hui, prêt à remonter sur le ring.

vendredi 24 novembre 2023

SADISM - OBSCURANS


Mondialement réputé depuis sa création en 1995 pour la qualité irréprochable de son imposant catalogue, le label néerlandais Hammerheart Records propose aujourd'hui le nouvel opus d'un des groupes de death metal les plus émérites de la scène sud-américaine, j'ai nommé Sadism. Actifs depuis 1988 (deux des membres d'origine étant toujours de l'aventure), les chiliens dévoilent leur dixième effort studio, Obscurans, en n'ayant rien perdu de leur puissance destructrice. À vous de vous en faire un aperçu dès maintenant. 

vendredi 20 novembre 2015

SADISM - ALLIANCE

 Sadism

Sadism a surpris pas mal de monde en dévoilant Alliance, son septième album studio. Non pas que le groupe chilien fondé en 1988 ait changé de style, bien au contraire. On est toujours dans la même veine death metal old school qui caractérise le vétéran Ricardo Roberts et sa bande, les douze titres ici présents ne dérogeant pas à la règle. Ce qui a surpris, c'est la rapidité avec laquelle le successeur de The Ocularis Domination est arrivé. À peine vingt mois écoulés entre les deux opus. Sadism ne nous avait pas habitué à ce rythme. Quoi qu'il en soit, le groupe sud-américain, dont le lineup a été légèrement remanié (il faut bien un peu de sang neuf), ne déçoit pas sur ce nouvel album paraissant chez Toxic Records et distribué par Mechanix Records.