samedi 25 octobre 2025

INTO THE CRYPT : DEAD AEON MIST


Mon admiration sans bornes pour la scène death metal transalpine m'a amené récemment sur les pas de Dead Aeon Mist, groupe originaire de Modène, sorti de terre en 2024. Première chose importante à savoir avant d'aller plus loin. Le trio compte dans ses rangs Daniele Lupidi et Massimiliano Elia. Si ces noms ne vous disent rien, c'est dommage pour vous car vous passez à côté d'un des plus grands groupes de death metal italien que ce monde ait porté, j'ai nommé Valgrind, dont les deux lascars sont membres. Fondé à Bologne en 1996, Valgrind est une légende vivante, une institution, un pilier de la scène metal extrême transalpine. Par conséquent, si vous n'avez encore rien écouté d'eux jusqu'à maintenant, il va falloir sérieusement penser à effectuer une mise à jour.

Mais, revenons à nos moutons. En comparaison à son glorieux aîné, Dead Aeon Mist se situe dans une veine plus death/doom à l'ambiance cryptique, les trois morceaux composant cette première démo éponyme ayant chacun des attraits qui leur sont propres. Demon Sultan of Chaos dégage une formidable impression de puissance portée par des riffs écrasants qui vous collent des frissons dès l'introduction avant que le rythme ne s'accélère subitement. Un rythme que le trio sait parfaitement contrôler dans ses cassures. Tantôt rapide, tantôt plus lent, le groupe joue avec nos nerfs, répétant cette méthode avec une certaine maestria sur le titanesque Through A Merciless Eternity, dont la créativité laisse pantois. Puis, la démo s'achève sur un As Dust Ascends plus court, déferlant comme un torrent en furie, agrémenté ça et là d'une guitare aux sonorités parfois cosmiques.

L'alchimie entre death et doom atteint un niveau remarquable sur cette démo certes très courte mais, qui laisse tout de même le temps à l'auditeur de s'imprégner de l'ambiance cauchemardesque qui règne, ancrée dans un monde lovecraftien qui, à n'en pas douter, va ravir au plus haut point les amateurs du genre. Sachez que cette démo a été éditée au format cassette audio en septembre dernier par le label milanais Unholy Domain Records (à cent copies seulement) pour la modeste somme de huit euros. Chaudement recommandé en préparation des froides soirées d'automne qui s'annoncent.

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : LES ROIS DU NORD OU L'ÉMERGENCE DU DEATH METAL DANS LE WISCONSIN


Si historiquement les deux principaux épicentres de la naissance du death metal aux États-Unis se situent en Floride et en Californie, il ne faut pas oublier l'expansion qui s'ensuivit dans d'autres états, comme le Texas, par exemple, que nous avions évoqué dans cet article. Alors, pourquoi choisir ici le Wisconsin plutôt qu'un autre, état du nord réputé pour ses hivers très rudes et sa célèbre équipe de football américain, les Packers de Green Bay ? Deux raisons à cela, la première étant que la scène death metal du Wisconsin refait parler d'elle en ce moment grâce à des groupes comme Morta Skuld, vétéran de la scène qui a sorti un album de fort bonne facture l'an dernier (Creation Undone, Peaceville Records) et Ossuary dont le premier opus, paru au printemps de cette année (Abhorrent Worship, Me Saco Un Ojo Records) va sans doute figurer en bonne place dans les traditionnels bilans de fin d'année, sans oublier bien sûr les autres formations qui font vivre la scène du Wisconsin comme Jungle Rot, Ruin Dweller ou Outer Graves, pour n'en citer que quelques-unes ; quant à la seconde raison, il apparaît, au regard des archives dont nous disposons, que le Wisconsin a bien connu une période d'émergence du death metal que l'on peut situer au début des années 90, certes plus discrète que ne fut cette même période dans les états américains cités plus haut mais, suffisamment intéressante pour que l'on prenne le temps de s'y attarder. Nous avons pour cela sélectionné quatre groupes, disparus depuis longtemps mais, dont l'itinéraire mérite de se pencher sur leur cas.


Morbid Corpses vit le jour en 1987 à Kenosha, ville située dans le sud-est du Wisconsin. Il faut attendre l'année 1991 pour que le trio, alors composé de Mark Death au chant et à la basse, Dave Desecration à la guitare et Paul Bearer à la batterie, sorte sa première démo, Demonstration of Devastation. On y découvre quatre morceaux furieux typiquement ancrés dans le style death/thrash maléfique et brutal qui sévissait encore à l'époque, même si le genre allait finir de se faire ingurgiter par le death pur et dur déferlant des côtes est et ouest. Néanmoins, les compères savaient y faire pour déchaîner les enfers bien que l'année suivante, ils allaient tirer leur révérence sur une ultime démo, Rise, avant que Dave, le guitariste, n'aille faire un tour chez Evil Incarnate.


Natif de Milwaukee, Phantasm aurait sans doute pu devenir un très grand groupe si des problèmes de lineup n'avaient pas miné le moral des troupes. Dès sa première démo, Lycanthropy, parue en 1990, soit deux ans après sa fondation, le groupe, qui n'est alors composé que de deux membres, Tony Brandt (chant, batterie) et Scott McKillop (guitare, basse), frappe un gros coup en pratiquant un death brut de décoffrage et sans la moindre concession qui pouvait évoquer à l'écoute un mélange savant entre Autopsy, Impetigo, Master et Rottrevore, rien que ça. Il est de plus important de préciser que les deux acolytes allaient intégrer la même année une des figures de proue du death de l'époque dans le Wisconsin, j'ai nommé Dr. Shrinker.


Restons à Milwaukee avec Mortal Dread, combo formé en 1989, mort en 1993 et qui ne laissa pour seule trace de son passage sur Terre qu'une démo, Rancid Disembowelment (1990), et quelle démo ! Vingt minutes de pur death metal sans artifice, aux riffs cinglants comme des coups de fouet, avec un chant démoniaque de Todd Klug, accompagné à la base rythmique par des membres de Phantasm et Dr. Shrinker (comme on se retrouve). Dommage que l'aventure ait tourné court car, l'on sentait sur cette démo un incontestable potentiel qui aurait pu emmener ce groupe très loin. 


C'est à Appleton, à environ cent cinquante kilomètres au nord de Milwaukee, que le groupe Experiment Fear naquit en 1989. Deux ans plus tard, une démo inaugurale de sept morceaux, Choir Invisible, que beaucoup considèrent encore aujourd'hui comme une pièce de collection, fut éditée. Pourquoi un tel engouement ? Tout simplement parce qu'en plus de pratiquer un death d'une remarquable qualité qui n'était pas sans rappeler le Deicide des débuts (notamment celui de la période Amon), le combo possédait dans ses rangs un pur joyau, un tout jeune guitariste du nom de Jeff Loomis, qui allait bien plus tard partir à l'aventure avec Nevermore et Arch Enemy, et qui n'avait alors pas encore vingt ans au moment où cette démo paraissait. À l'écoute, la patte du gars était déjà reconnaissable entre toutes et prometteuse d'un avenir radieux. Bien sûr, Loomis n'était pas la seule raison de ce succès. C'est tout le quatuor qui participait généreusement à l'effort sur ces sept morceaux de death authentique que les puristes apprécieront à leur juste valeur.

vendredi 24 octobre 2025

PRIMAL SCOURGE - CAVALRY OF THE DAMNED


Jamais avare de découvertes toutes plus intéressantes les unes que les autres, le label Iron Fortress Records continue de nous épater en mettant en avant Primal Scourge, groupe basé à Knoxville dans le Tennessee. Après un EP paru au début de l'année 2024, ces américains sortiront le 14 novembre sur support physique et digital leur premier album, End of Eden. Un rendez-vous qu'on ne voudrait pas manquer, tant Primal Scourge impressionne sur Cavalry of the Damned, morceau colossal de death metal mid-tempo dans la plus pure tradition du genre, extrait de l'opus à venir.

FUNERAL VOMIT - ALTARS OF DOOM


Formé il y a cinq ans durant la pandémie de Covid, Funeral Vomit a beaucoup progressé depuis puisque le groupe colombien peut compter sur le soutien du label madrilène Xtreem Music sur lequel il fit paraître en 2023 son premier opus, le très remarqué Monumental Putrescence. C'est sur cette même maison de disques que sera dévoilé le 19 décembre le second effort du combo, Upheaval of Necromancy, dont on peut savourer un aperçu avec Altars of Doom, morceau aux relents putrides solidement ancré dans un death metal bestial puisant sa force dans la vieille école du genre.

VIDÉO : NECROFELONY - PORPHYRIC HEMOPHILIA


Issu de la prolifique scène underground de Philadelphie de laquelle il émergea en 2024, Necrofelony a commencé par se montrer sur deux démos parues la même année. On retrouve aujourd'hui le quatuor sur un EP auto-produit tout juste sorti, Porphyric Hemophilia, le tout agrémenté d'un clip pour le morceau du même nom. Pas la peine de vous faire un dessin, l'artwork ainsi que l'ambiance dans la vidéo se suffisant à eux-mêmes, nous sommes face à un groupe qui fait dans un death old school avec des éléments venant du BDM et du slamming. La recette s'avère plutôt efficace ici.

DEFAMATORY - DEGRADING BEING


Huit ans, c'est le temps qu'il a fallu attendre pour que Defamatory sorte de sa crypte. Revoilà le groupe de Medellin avec un nouvel album sous la main, Path of No Return (dont on peut admirer au passage le superbe artwork de l'artiste Julian Mortuus), pour une sortie prévue le 28 novembre via Awakening Records (leur précédent méfait, Premature Burial, était paru en 2017 sur l'obscur label Bizarre Death Distro). Dans une formule inchangée, le combo propose un death old school de facture classique, très typé Amérique du Sud, cela va de soi. Le mieux à faire pour vous en rendre compte est d'écouter sans plus attendre Degrading Being, morceau qui ouvre l'album.

samedi 18 octobre 2025

LOS COCHINOS - ETHYLOPHILIA


Douze ans après sa création, Los Cochinos ne dévie pas d'un parsec en demeurant fidèle au death old school et death'n'roll qui a construit sa réputation sur son nouvel opus, Ethylophilia, qui fait suite à Tequila Berserker, daté d'il y a cinq ans. Le combo russe continue de s'inspirer des déviances de l'âme humaine en s'attachant à toutes sortes de sujets comme l'alcoolisme, une nouvelle fois très présent sur cet album. Vous allez pouvoir vous en faire votre propre opinion sur le morceau intitulé Cool Sheriff Machete, que voici.

PITHY - AGONIZING PLEXUS


En provenance de Liverpool, Pithy délivre un death metal brutal très porté old school sur son premier album auto-produit, Agonizing Plexus, qui vient tout juste de paraître. Le groupe a beau avoir été formé récemment, il contient dans ses rangs des musiciens d'expérience comme Joe Mawdsley, ex-Crepitation, Chris Butterworth (Anoxide), Joe Mortimer (Bodysnatch) et Florent Duployer (Cenotaph), Butterworth ayant lui aussi fait partie de Crepitation, tandis que Mortimer y officie toujours. Nous n'avons pas affaire à une bande de débutants, c'est le moins qu'on puisse dire. Voici d'ailleurs un aperçu de leurs talents avec le morceau Paresthesia qui ouvre l'opus. 

IMPERATHERIUM - GOG Y MAGOG


Fondé il y a trois ans à Medellin, Imperatherium propose sur son premier EP, Gog y Magog, un death de la vieille école emprunt d'occultisme, aux harmonies sombres et cryptiques. L'intégralité de cette noire offrande venue des bas-fonds les plus insalubres est disponible ci-dessous.

jeudi 16 octobre 2025

PLAYLIST : UN MAX DE DEATH VOL. 1


Tracklist :

Vomitile - Grim Obsessions.
Slaughterday - Terrified.
Liquid Rot - Fucked on a Tomb.
Vile Apparition - Decapitation Rites.
Brutal Torment - Homicidal Home Invasion.
Los Cochinos - Hangover Abyss.
Miasmic Serum - Serum of Life.
Piss on Christ - Savior Delusions.
Ephemeral - Abomination of Existence.
Axion - Xenomorph Possession.
Fessus - The Depths of Lividity.
Immurer - Testament to Cruelty.
Abysma - Possessed to Consume.
Ammonium - Flames of Dawn.
Grave Ghoul - Cathedral of Tombs.
Vomitgod - Maggot Throne.
Venomous Breath - Ruin.
Corpsefucker - Undying Thirst for Murder.
Sodomic Baptism - Posthumous Rebirth.
Blood Offer - Self Embalmed.