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vendredi 27 décembre 2024

TOP 30 : ALBUMS DEATH METAL DE L'ANNÉE 2024


Encore une année qui s'achève, une page qui se tourne, un chapitre qui se referme, tandis qu'un autre va bientôt s'ouvrir. Une année très excitante pour les fans de death metal que nous sommes sur ce site. Que dire, si ce n'est que le death va bien au vu des productions de qualité qui sont parues cette année. La vieille école du genre se porte toujours autant à merveille grâce au travail accompli par les groupes de vétérans de la scène qui, malgré quelques rides et des barbes qui grisonnent, sont toujours présents pour faire retentir le cri primal du death old school avec, à leurs côtés toutes les formations plus récentes, les jeunes, qui entretiennent avec passion et dévouement pour les anciens cette flamme qui brûle depuis les années 80. Le death metal vieillit, comme tout mais, alors qu'il se rapproche de son demi-siècle d'existence, il vieillit bien, comme le bon vin, résistant fièrement au deathcore de midinettes qui poursuit son avancée. Ne soyons pas pessimistes, le death metal que nous connaissons a encore de beaux jours devant lui tant que dure la ferveur. Alors qu'approche la nouvelle année, que je vous souhaite la plus extrême possible musicalement parlant, gardons intacte cette ferveur, cette passion qui nous anime, en espérant que 2025 nous offrira d'aussi bons albums que ceux sortis cette année. Ça tombe bien, il est temps de regarder une dernière fois dans le rétroviseur en découvrant sans plus attendre les trente albums de death metal de 2024 que Ravage Cérébral a adoré.

30 Festergore, Constellation of Endless Blight, Personal Records

29 Rotpit, Long Live the Rot, War Anthem Records

28 Stress Angel, Punished by Nemesis, Dying Victims Productions

27 Stenched, Purulence Gushing from the Coffin, Me Saco un Ojo Records

26 Defeated Sanity, Chronicles of Lunacy, Season of Mist

25 Agathisma, Adversarial Reality, Indépendant

24 Trog, Horrors Beyond, Indépendant

23 Sarcophagum, The Grand Arc of Madness, Nuclear Winter Records

22 Mephitic Grave, Dreadful Seizures, Memento Mori

21 Laceration, I Erode, 20 Buck Spin

20 Obscene, Agony & Wounds, Nameless Grave Records

19 Necrotum, Defleshed Exhumation, Memento Mori

18 Apparition, Disgraced Emanations from a Tranquil State, Profound Lore Records

17 Civerous, Maze Envy, 20 Buck Spin

16 Antisma, Mockery, Indépendant

15 Harsh Realm, Death Carries On, Indépendant

14 Necrot, Lifeless Birth, Tankcrimes

13 Uttertomb, Nebulas of Self-Desecration, Pulverised Records

12 Contaminated, Celebratory Beheading, Blood Harvest

11 Vaticinal Rites, Cascading Memories of Immortality, Everlasting Spew Records

10 Rotten Tomb, The Relief of Death, Death Division Rituals

9 Morbus Grave, Feasting the Macabre, Memento Mori

8 Deceased, Children of the Morgue, Hells Headbangers Records

7 Abhorration, Demonolatry, Invictus Productions

6 Cardiac Arrest, The Stench of Eternity, Indépendant

5 Coffin Curse, The Continuous Nothing, Memento Mori

4 Mausoleum, Defiling the Decayed, Moribund Records

3 Nekus, Death Apophenia, Sentient Ruin Laboratories

2 Coffins, Sinister Oath, Relapse Records

1 Horrifying, Dreaful Parasomnia, Veins Full of Wrath Productions

jeudi 26 décembre 2024

BILAN 2024 : MENTIONS SPÉCIALES THRASH METAL ET BLACK METAL


Après les mentions honorables pour les albums de death metal, Ravage Cérébral poursuit son bilan avant la grande révélation finale qui devrait arriver bientôt sous la forme d'un top 30 des meilleurs albums de death parus en 2024. Mais, en attendant, et parce que ce site a toujours su conserver une certaine ouverture d'esprit même s'il s'est recentré sur le death metal depuis quelques temps, voici une sélection, sans ordre particulier, de cinq albums thrash et cinq albums black qui ont compté cette année et que vous devriez écouter séance tenante, si ce n'est pas encore fait.

Vicious Blade - Relentless Force (Redefining Darkness Records) :


Nous attendions ce premier album avec beaucoup d'impatience tant le groupe de Pittsburgh, emmené par sa charismatique chanteuse Clarissa Badini, nous avait impressionné en 2022 sur l'EP Siege of Cruelty. L'essai est brillamment transformé sur ce disque renfermant neuf morceaux baignant dans le blackened thrash le plus irrévérencieux, agrémenté d'une bonne dose de punk. Les vocaux de Clarissa y sont pour beaucoup mais, pas que. C'est toute l'instrumentation, d'une puissance phénoménale, qui nous soulève et nous retourne comme des toasts grillés des deux côtés. Un album brûlant, provoquant, avec un petit-arrière goût "eighties" pas déplaisant du tout.

Faüst - Death Galore (Doomentia Records) :


Une bonne surprise en provenance de République Tchèque même si ces gamins s'étaient déjà fait connaître il y a deux ans sur leur premier opus, Tinnitus Inquisition. Les pragois enfoncent le clou sur cet album zéro prise de tête où toute l'artillerie thrash metal est déployée dans l'indécence la plus totale avec des hymnes qui s'enchaînent tranquillement comme autant de tubes. Entre thrash, death et punk, Faüst ne perd pas le rythme et confirme qu'il va falloir compter sur lui à l'avenir.

Nuclear Tomb - Terror Labyrinthian (Everlasting Spew Records) :


On rentre dans un trip très différent avec ce groupe de Baltimore qui, bien que fondé en 2011, propose seulement cette année son premier album. Une longue gestation débouchant sur une expérience d'écoute surprenante et assez novatrice avec un thrash metal progressif lorgnant vers le death, rempli de sentiers cachés, de manœuvres diversives et de digressions créant un univers à part entière, comme si l'on voyageait dans une dimension parallèle au futur dystopique. Pas facile à décrire, je vous l'accorde, le mieux étant que vous vous en rendiez compte par vous-mêmes en écoutant sans plus attendre cet album peu ordinaire.

Dungeon Crawl - Maze Controller (Carbonized Records) :


Trois ans après Roll for Your Life, le combo californien poursuit sa route avec ce second opus magistral sur lequel s'exprime une créativité sans limites, chaque composition étant un pur joyau de thrash épique, symphonique et mélodique, gratiné de heavy metal de la vieille école. C'est comme si l'on sortait quelques instants de son corps pour participer à une aventure sur des terres inconnues où toutes les fantaisies sont possibles, à la rencontre de sorciers et de créatures mythiques. Vous n'entendrez sans doute pas thrash plus déroutant et exaltant cette année que celui pratiqué par ce groupe qui se joue des codes.

Pandemic - Phantoms (Dying Victims Productions) :


Retour aux bases avec ce groupe polonais qui fait du pur thrash des familles très old school et qui peut rappeler parfois des sommités comme Atrophy, Vio-lence ou pourquoi pas le Slayer des débuts. Sur une formule simple, le combo de Cracovie fait déferler les riffs dévastateurs à vitesse grand V en ne nous laissant pas le temps de souffler entre deux morceaux tellement les pépites s'enchaînent. La vieille école du thrash metal est dignement représentée sur cet album taillé comme un bulldozer et que vous allez être amenés à vous remettre souvent dans les oreilles tellement il est addictif.

Drape - A Thousand Cuts (Indépendant) :


Un chef-d'œuvre de black metal, profond, nécrotique et nihiliste, qui plonge l'auditeur dans les profondeurs les plus obscures de l'âme humaine, ici en l'occurrence celle de l'artiste américain derrière ce projet. L'ouvrage est sincère, viscéral, reposant dans une ambiance funéraire où la malfaisance est omniprésente. Dommage que le chapitre soit trop court (quatre morceaux seulement), ce qui en fait du coup un mini-album. Ne crachons pas dans la soupe, nous avons là du black metal très inspiré.

Sortilegia - Sorcerous Communion (Indépendant) :


L'énigmatique duo canadien n'avait plus rien sorti depuis 2017 et l'album Sulphurous Temple. À la surprise générale, il a surgi soudainement des bois obscurs avec un nouvel EP en main, Sorcerous Communion, contenant trois nouveaux hymnes blasphématoires que l'enfer lui-même aurait sans doute recraché. Nous voici, pauvres auditeurs, cernés par les ténèbres, avec comme seul repère des voix sombres et menaçantes invoquant les esprits anciens les plus maléfiques, le groupe demeurant dans cette veine occulte qui a construit sa renommée.

Flagellant - Remnants of Ancient Dread (Indépendant) :


À tout juste vingt ans, Jakob William Fallon, alias Vollmond, continue d'explorer des mondes de ténèbres et de désolation où les plus téméraires des corbeaux n'oseraient eux-mêmes s'aventurer. Quelque part entre les dimensions occultes et les pierres tombales que les ravages du temps ont délabré, il délivre ses psaumes incantatoires sous la forme d'un black metal qu'il rend à l'état brut, dans l'idée sans doute que si l'humanité est fichue, autant lui offrir des funérailles dignes de ce nom. Du black metal horrifique et sans espoir qui en impose.

Wuldorgast - Cold Light (Iron Bonehead Productions) :


Un premier album réussi pour le duo américain, forgé dans un black metal guerrier, haineux, rugueux et glacial, avec des compositions travaillées reposant sur des riffs majestueux et d'une impressionnante rapidité. Du black metal entre tradition et modernité, que les anciens ne renieront pas, et comme on aimerait en entendre plus souvent. Au contraire de certains dont nous ne citerons pas les noms, Wuldorgast ne se vautre pas dans le mainstream et la médiocrité. À écouter pour tous ceux qui sont attachés affectivement au true black metal.

Luring - Malevolent Lycanthropic Heresy (Iron Bonehead Productions) :


Un des albums de black metal les plus étonnants que j'ai pu entendre cette année car, partant dans de multiples directions allant de Gorgoroth à Lunar Aurora, pour prendre large. Old school dans l'esprit mais, intensément moderne de par son style pouvant aller du black ambient au blackgaze (précisons qu'il y a un membre de Wuldorgast dans l'histoire). Extrêmement déroutant au premier abord mais, après une ou deux écoutes supplémentaires, des chemins secrets se révèlent, rendant cet album d'une beauté magistrale.

lundi 23 décembre 2024

BILAN 2024 : DIX MENTIONS HONORABLES D'ALBUMS DEATH METAL


Avant que Ravage Cérébral ne dévoile incessamment sous peu le top 30 de ses albums death metal préférés de l'année 2024 (vous pouvez toujours vous reporter à l'année précédente en attendant), nous débutons le traditionnel bilan de fin d'année par une petite liste, sans ordre particulier, de dix albums de death metal parus entre janvier dernier et ce mois-ci, qui bien que n'étant pas sélectionnés dans le top 30, méritent une attention toute particulière de par les qualités incontestables qu'ils dégagent. Voici donc les dix mentions honorables de Ravage Cérébral pour 2024.

Mortal Wound - The Anus of the World (Dark Descent Records / Me Saco un Ojo Records) :


On attendait beaucoup de ce premier acte de la formation californienne et on n'est pas déçu. Le gore, la putréfaction et les odeurs pestilentielles sont au rendez-vous sur cet opus de pur death metal old school, très vieille école jusque dans sa production et revêtant un caractère assez cinématique en raison des références qui le traversent, venant entre autres du film Apocalypse Now. Un album délicieusement grotesque et gargantuesque à l'atmosphère morbide.

Gutless - High Impact Violence (Me Saco un Ojo Records) :


Un album qui porte bien son titre tant les australiens nous servent ici du death ultra rapide, sur un rythme de maniaque, tel un assaut de blindés écrasant tout sur leur passage. Ce premier opus ne fait aucune concession en étant à la fois old school, brutal et lorgnant parfois vers le grindcore. De la violence sonore à l'état brut que ne reniera pas la pochette suffisamment explicite pour que l'auditeur sache dans quoi il met les pieds.

Ashen Tomb - Ecstatic Death Reign (Everlasting Spew Records) :


Ce groupe finlandais nous inflige une claque magistrale sur ce premier album d'une rare brutalité. L'instrumentation, d'une régularité de métronome, nous secoue sans ménagement, décochant les directs du gauche et du droit jusqu'au K.O. Chaque morceau est une vague qui déferle sans la moindre pitié en ne laissant que la désolation après le reflux. C'est du death sérieux et sincère, superbement exécuté et qui trouve son inspiration du côté d'Incantation et Abhorrence en passant par Morta Skuld. Comme souvent, la Finlande ne nous déçoit pas quand il s'agit de death metal.

Amputate - Abysmal Ascent (Massacre Records) :


Troisième opus de ce groupe expérimenté (avec des membres de Kraanium et Sadistik Warfare) fondé au Portugal puis, délocalisé en Suisse. Nous sommes ici dans du brutal death metal très influencé par la vieille école, puissant, ravageur et bien produit. Chaque morceau s'enchaîne comme autant de pains distribués en pleine poire avec pour objectif principal de provoquer de gros dégâts. Et ça marche. On ressort groggy de ce disque imposant qui n'est pas là pour vous apprendre à faire du tricot.

Sanctuarium - Melted and Decomposed (Me Saco un Ojo Records) :


Second album de ces catalans venant des fins fonds de l'underground à tel point que les égouts de Barcelone ont dû les recracher. Vous n'entendrez sans doute pas plus insalubre et malsain que leur death/doom puant la mort et la putrescence à des kilomètres à la ronde. La basse va vous liquéfier les chairs, la batterie vous fragmenter les os jusqu'à les réduire en poudre, le chant de zombie vous décomposer jusqu'à ce que vous soyez réduits en une bouillie difforme. Bon, vous l'aurez compris, c'est du death/doom produit comme il se doit et comme il devrait toujours l'être.

Emaciated - Death from the Southwest (Indépendant) :


Une bonne surprise, à n'en pas douter, de ce groupe originaire de l'état du Nouveau-Mexique, errant dans l'ombre avant que ce premier album auto-produit ne le fasse entrer dans la lumière. Le quatuor propose ici un death au rythme régulier, avec des riffs assassins et des influences venant des thèmes horrifiques. Nul doute que chaque morceau qui compose cet album se marierait très bien avec n'importe quel film d'horreur de l'âge d'or. Certains seraient tentés de dire qu'on est dans du death très classique mais, ce groupe parvient à dégager quelque chose qui lui permet de créer sa propre identité, aussi bien au niveau des vocaux que des instruments. Un disque chaudement recommandé.

Mortal - As Life Leaves the Body (Indépendant) :


Comme beaucoup de ceux qui ont écouté cet album, je me suis dit que ce groupe était né au début des années 90 et qu'il s'agissait sans doute de la réédition d'un disque paru durant cette période. Que nenni ! Mortal a bel et bien été fondé l'année dernière à San José, Californie. Cette bande de gamins peinturlurés semblent pourtant tout droit venir de cette époque à l'écoute de ce premier opus dantesque qui transpire la vieille école par tous les pores. Du death old school dans les moindres détails, tant musicalement qu'esthétiquement, jusqu'au style pictural de la pochette. Et le meilleur dans tout ça est que c'est sacrément bon et qu'on en redemande, au point qu'on irait se vautrer avec eux dans les cryptes sous la pleine lune. Gros coup de cœur !

Living Gate - Suffer As One (Relapse Records) :


Imaginez des membres de Wiegedood, Amenra et Yob s'associant pour former un groupe de death metal. Et bien c'est possible grâce à Living Gate, supergroupe belge qui nous a pondu en octobre dernier un premier album de derrière les fagots. Attention, l'opus ne s'apprivoise pas facilement. Les compositions possèdent des structures complexes, drôlement alambiquées et particulièrement techniques sur lesquelles la distorsion et la brutalité accouchent d'un mélange donnant un death metal d'une rare sophistication qu'on n'entend pas tous les jours. Autant vous le dire, écouter cet album est une expérience unique en son genre pour tout auditeur appréciant les prises de risques.

Conglaciation - Conglaciation (Liminal Dread Productions) :


À propos de risques, Conglaciation en prend sur son premier album éponyme. Mais, un risque calculé de la part du trio de New-York qui convie à sa table Afterbirth, Spawn of Possession, The Faceless et Blood Incantation pour un résultat prodigieux de death metal progressif, technique et dissonant, travaillé jusqu'à l'os, où la science-fiction rencontre le jazz. Une expérience immersive que vous n'oublierez pas de sitôt.

Sepulchral Whore - The Return from a Sepulchral Rest (Excarnation Records) :


Enfin un premier album pour ce groupe brésilien d'expérience fondé à Recife en 2015 mais, qui demeurait depuis trop longtemps dans les profondeurs obscures de l'underground. La bête est finalement sortie de sa tombe au printemps dernier grâce à ce premier opus très réussi, résolument inscrit dans une veine death old school typiquement sud-américaine, avec son côté malfaisant, ses riffs entraînants, ses vocaux cauchemardesques, sans oublier le son de clavier pour donner un côté encore plus horrifique à l'histoire. Trop classique, diront certains ? Sans doute mais, c'est la vieille école du death qui s'exprime ici dans toute son ignoble majesté.