Nous voici embarqués une nouvelle fois pour un voyage dans les méandres cryptiques de la création musicale, cette rubrique bénéficiant au passage d'un petit lifting puisque désormais, y seront évoqués à chaque fois plusieurs groupes parmi les plus sombres et malsains de la scène death metal.
CHARNEL STENCH (Suède)
Charnel Stench est le projet parallèle de Fabian Larsen et Albin Holgersson, tous deux membres du groupe Cryptorium. Après une démo paru en 2024, qui ne m'avait personnellement pas laissé un souvenir impérissable, le duo, qui a embauché l'an dernier un nouveau vocaliste, semble nettement plus inspiré sur ce court morceau aux relents méphitiques intitulé Fossilized Human Remains. Le style pratiqué rappelle forcément le death metal old school que l'on pouvait entendre il y a plus de trente ans, principale source d'influence de ces trois musiciens dont la moyenne d'âge n'excède pas dix-huit ans. Nous verrons ce que l'avenir réservera à ces jeunots qui, pour le moment, semblent plus occupés à gérer leur principale entité, Cryptorium.
SYEVERTH (Mexique)
Sur Eternal Paths of Existence, leur première démo, ces mexicains perpétuent la tradition d'un death metal old school très élaboré puisant son inspiration dans le cosmicisme, la doctrine gnostique et la weird fiction. On ne sera donc pas surpris, à l'écoute de ces quatre morceaux, de voir se dégager une ambiance sombre, mystérieuse et angoissante à la Lovecraft et reprenant les codes traditionnels de l'horreur cosmique. Bien que Syeverth soit loin d'être le premier groupe de death metal à s'immiscer dans ce domaine, le résultat en vaut la peine.
MALIGNANT PROVIDENCE (Roumanie)
Projet solo d'un tout jeune artiste roumain de dix-huit ans prénommé Andrei Crisan, basé à Timisoara, Malignant Providence nous embarque pour une journée à haut risque dans les dimensions infernales les plus cauchemardesques sur ce premier EP impressionnant de maîtrise pour un essai inaugural. Le chant guttural, très régulier, est soutenu par d'impressionnants riffs ponctués de solos sculptés dans les moindres détails, offrant à l'ensemble un caractère cinématique auquel accrocheront les passionnés d'horreur cosmique. On admirera au passage la remarquable cover exécutée pour The Rack, morceau originellement conçu par Asphyx, ainsi qu'une inspiration venant aussi bien de Tomb Mold que d'Incantation. Très prometteur.
SLAGGG (États-Unis)
En provenance du l'état du Dakota du Sud, ce groupe propose sur cette courte démo des morceaux enregistrés sur le vif qui nous plongent dans l'univers des films d'horreur des années 80. Ambiance cryptique et horrifique garantie donc, avec ce trio baignant dans le death old school période 1990 et qui semble puiser son inspiration aussi bien chez Necrophagia que Massacre, Autopsy et Mortician. Simple et efficace.
FOSSILIZATION (Brésil)
Nul doute que la parution du nouvel album de Fossilization, Advent of Wounds, prévue le 13 février prochain via Everlasting Spew Records, va constituer un des événements majeurs de ce début d'année, le duo sud-américain s'étant construit une solide réputation depuis son premier opus, Leprous Daylight (2023), dans le domaine du death doom. Old school dans l'esprit mais, également inscrit dans une modernité se référant aux troubles de nos sociétés aseptisées (la mort, l'horreur, la souffrance), le groupe va puiser profondément dans les bas-fonds les plus hostiles et les plus sombres pour y extraire ce qui fait l'essence même du death qu'il pratique. Vivement le mois prochain.






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire