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vendredi 2 janvier 2026

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : DEATH METAL VIDEORAMA VOL. 1


La rubrique Le Culte de l'Underground s'étoffe avec une nouvelle division qui sera entièrement consacrée aux vidéoclips de death metal. Eh oui, il fut un temps, dans les années 90, notamment durant la grande période de diffusion de l'émission culte Headbangers Ball, où les clips étaient légions sur nos écrans, les groupes de death metal de l'époque n'hésitant pas à promouvoir leurs albums dans cet exercice visuel. Ainsi, en fouillant dans les archives, il n'est pas rare de tomber sur des clips gravés dans les annales ou autres sympathiques curiosités. En voici un petit échantillon dans le premier volume de cette rubrique. 

Therion ~ Pandemonic Outbreak (Beyond Sanctorum, Active Records, 1992) :


Avant de devenir la bouse metal sympho qu'il est aujourd'hui, Therion était un excellent groupe de death metal, un des plus réputés de Suède à la fin des années 80. On retrouvait ici les nordiques dans un clip malsain et occulte tourné dans la pénombre d'un donjon pour le morceau Pandemonic Outbreak, avec un Christofer Johnsson habité par le démon. Du grand art.

Demolition Hammer ~ Infectious Hospital Waste (Tortured Existence, Century Media Records, 1990) :


C'était le Demolition Hammer de la grande époque, insubmersible et surpuissant, avec son lineup rutilant composé de Steve Reynolds, James Reilly, Derek Sykes et le regretté Vinny Daze (qui mourra six ans après la sortie de Tortured Existence à seulement vingt-huit ans). Ce clip avait beau être très classique dans sa conception en montrant le groupe en conditions live, il transpirait le thrash par tous les pores.

Loudblast ~ Disquieting Beliefs (Disincarnate, Semetery Records, 1991) :


Le groupe de Villeneuve-d'Ascq était dans son âge d'or, figure proéminente du death thrash en France, avec sa mouture composée de Stéphane Buriez, Nicolas Leclercq, Thierry Pinck et François Jamin (décédé en mars 2024 à l'âge de cinquante-sept ans). Rien ne semblait alors en mesure de les arrêter. On les retrouvait ici dans un clip à la réalisation très nerveuse, tantôt sur scène, tantôt au bord de la mer ou parmi les ruines. Ce style de vidéos était alors très répandu au début des années 90.

Merciless ~ Pure Hate (The Awakening, Deathlike Silence Productions, 1990) :


Dans le même style death thrash, Merciless imposait sa marque au fer rouge sur son premier opus, le cultissime The Awakening. Dans le clip conçu pour Pure Hate, un de ses morceaux les plus populaires, le combo suédois apparaissait parmi les ruines d'une ancienne forteresse en pleine nature. L'usage du noir et blanc donnait un côté encore plus sombre et malsain à l'ensemble.

Autopsy Torment - Crucified in Flames (The Seventh Soul of Hell, 1992) :


Nous ne quittons pas la Suède avec l'une des rares vidéos réalisées pour ce groupe qui n'hésitait pas à s'attaquer frontalement à la religion. Le clip dégage quelque chose de funeste et de maléfique, en proposant des images tournées la plupart du temps dans un cimetière, entrecoupées de séquences étranges, déroutantes et hallucinées. Il régnait presque une ambiance proche du black metal dans cette vidéo angoissante. Le groupe était encore en début de carrière et n'allait pas sortir d'album avant dix ans (Orgy of the Dead en 2002).

dimanche 5 janvier 2025

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : MERCILESS - BEHIND THE REALMS OF THE DARK

Merciless en 1987 durant les sessions d'enregistrement de "Behind the Black Door" avec, à gauche, le premier chanteur du groupe, Kalle Aurenius, qui décédera en 2017.

Continuons à scruter les parutions du label Darkness Shall Rise Productions. Après Desultory et leurs trois démos légendaires que nous évoquions dans un précédent article, place à un autre groupe suédois ayant marqué de son empreinte la fin des années 80 et le début des années 90 (et toujours en activité aujourd'hui), j'ai nommé Merciless. Grâce à un gros travail de restauration mené par le musicien et ingénieur du son allemand Patrick W. Engel, qui est passé par pas mal de groupes comme Cenotaph, par exemple, et Impending Doom, le combo né en 1986 voit ses deux premières démos rééditées sur un même disque que le label teuton précité va faire paraître le 27 février sous son empreinte en trois versions physiques allant du CD au vinyle, en passant par la cassette audio, selon la même formule, tout compte fait, que pour le Darkness Falls (The Early Years) de Desultory.

La différence par rapport à Desultory est que nous rentrons ici au cœur même de ce qui fait l'histoire du death metal suédois, Merciless étant apparu pour la première fois en 1986, trois ans avant Desultory. Si ces derniers ont apporté leur pierre à l'édifice, Merciless a ceci de particulier qu'il peut être considéré comme un des tous premiers groupes underground de death metal à s'élever au pays du death, la Suède. Quand le groupe conçoit ses premiers morceaux, il reçoit le soutien d'un certain Øystein Aarseth, alias Euronymous, qui les signera plus tard en tant que premier groupe sur son label Deathlike Silence Productions sur lequel il éditera en 1990 le cultissime The Awakening, premier album de la formation et chef-d'œuvre intemporel, n'ayons pas peur de le dire.

On retrouvait sur ce premier opus des morceaux sur lesquels Merciless avait déjà travaillé trois ans plus tôt. En effet, à l'été 1987, le groupe se faisait connaître sur une démo 4 titres que beaucoup considèrent encore aujourd'hui, à juste titre, comme une référence absolue du death metal des origines, Behind the Black Door. Empreinte d'une bestialité sans nom, concentré de haine viscérale et ode d'un nihilisme sous-jacent que chaque morceau dévoilait dans toute son abominable splendeur, cette démo inaugurale s'inscrivait d'ores et déjà dans la marque des plus grands de par son approche extrêmement brutale, sombre comme le fond d'un puits aux relents de putréfaction et servie par un death pouvant aller aussi bien vers un black de la vieille école digne d'un Mayhem des débuts que vers un thrash à la sud-américaine baignant à la fois dans le death et le black metal, à l'image d'un Sarcofago du temps de Satanic Lust ou de The Black Vomit. Mais, les suédois n'allaient pas en rester là. Forts de ce premier essai convaincant, ils poursuivaient leur macabre entreprise en dévoilant en 1988 une seconde démo encore plus mémorable, Realm of the Dark, avec toujours cette même envie, ce même objectif de proposer un death/thrash très noir, féroce et qui malgré ses lacunes en terme de qualité sonore, ce que l'on pardonnera aisément pour l'époque, était avant tout l'œuvre d'un jeune groupe porté par un enthousiasme communicatif et même pas échaudé par le fait qu'un changement de vocaliste s'est produit entre les deux démos. Aujourd'hui remises au goût du jour grâce à un travail de restauration ne dénaturant pas ce qui fut à l'origine, ces deux démos de légende représentent plus que jamais une part de l'histoire musicale que le temps a su garder intact.


lundi 7 octobre 2024

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 19


Chaque lundi, Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Sadus - D.T.P. (1987) :
Sadus aura quarante ans d'existence l'année prochaine. Malgré les tempes grisonnantes et la course folle du temps qui s'écoule inexorablement, le groupe californien est toujours emmené aujourd'hui par ses deux figures de proue, Darren Travis et Jon Allen. Au début de l'année 1987, ils étaient accompagnés de Steve DiGiorgio à la basse et Rob Moore à la guitare, formant ainsi un des lineups les plus redoutables de l'époque sur la scène metal extrême. Une scène qu'ils allaient marquer de leur empreinte en février de la même année lorsque parut leur première démo, D.T.P. Leur death/thrash ultra violent et bourrin allait faire date sur des morceaux passés à la postérité comme Torture, Twisted Face et surtout Fight or Die, hymne thrash se vautrant dans un death insalubre et refoulant du bec qui dévoilait ouvertement les atomes crochus entre les deux genres. Cette démo constitue encore aujourd'hui un témoignage à tout jamais gravé dans l'histoire.

Devastation - A Creation of Ripping Death (1986) :
Au milieu des années 80, le death metal n'en est encore qu'à ses balbutiements alors que le thrash est entré dans son âge d'or. En 1986, un groupe venu de Chicago prend la tangente en dévoilant un brûlot explosif contenant quatre morceaux remarquables dans leur construction, loin des registres habituels du thrash qu'on écoutait à l'époque. Tout le monde ignorait encore que cette démo était l'une des toutes premières conçue pour le death metal. Il en reste aujourd'hui des souvenirs inoubliables pour les auditeurs qui l'ont entendu pour la première fois, notamment le morceau d'ouverture, le bien nommé Devastation, avec son intro demeurant encore dans la légende presque quarante ans plus tard. De là à dire que le quatuor de l'Illinois était précurseur du genre, il n'y a qu'un pas.

Deceased - Birth by Radiation (1988) :
Bien avant qu'il ne lorgne vers un son plus heavy metal dans les structures de ses morceaux, Deceased, déjà emmené à cette lointaine époque par sa figure charismatique King Fowley, pratiquait du gros death metal bien baveux et saignant à souhait. Sur cette deuxième démo parue en novembre 1988, le groupe d'Arlington dévoilait pas moins de huit titres dont certains allaient faire date dans l'histoire du genre, comme Worship the Coffin, Hallucinating Mutants, Immune to Burial ou encore le superbe titre de clôture Deformed Tomorrows, avec son long solo instrumental et sur lequel on sentait que le combo était désireux de prendre une direction différente de celle empruntée par les autres groupes death metal de l'époque. Ce choix de la différence allait permettre à Deceased de trouver sa nouvelle identité qu'il a toujours su garder depuis. Cette démo est une pièce de collection à elle seule.

Merciless - Realm of the Dark (1988) :
Après une première démo parue en 1987, Merciless dévoile quatre nouveaux morceaux l'année suivante sur Realm of the Dark, proposant un matériel extrêmement corrosif et tranchant dans la grande tradition du death/thrash qui se pratiquait couramment durant cette période très riche musicalement sur la scène metal. Deux ans avant la parution de The Awakening, son premier album, le groupe suédois se faisait déjà un nom grâce à des morceaux devenus intemporels tels que Realm of the Dark et Souls of the Dead dont il ressortait un côté morbide et malfaisant qui faisait vraiment de la formation scandinave une figure imposante du genre vers la fin des années 80. Âmes sensibles s'abstenir.

Obscurity - Ovations to Death (1986) :
Ces suédois originaires de Malmö, un des fiefs du death metal pur et dur dans les années 80, ont pris tout le monde de court lorsque cette première démo est parue. Après une intro sur la marche funèbre de Chopin sur le morceau Across the Holocaust, le combo nous entraîne dans une journée apocalyptique en proposant des titres (six en tout) à la croisée des chemins entre death, thrash et black. Le chant y est maléfique, la basse vrombissante, l'ambiance glauque et délétère, si bien que nous tenons là sans doute un des premiers disques sur lequel la relation entre death et black était aussi rapprochée. Ovations to Death aurait de nos jours une place de choix dans un musée de la musique tant cela semblait précurseur de quelque chose.