Il y a six ans, le 24 mars 2019, l'acteur américain Jospeh Pilato s'éteignait à Los Angeles à l'âge de soixante-dix ans. Le seul souvenir que j'ai de lui (j'imagine que je ne dois pas être le seul dans ce cas) est son rôle inoubliable du capitaine Henry Rhodes dans Le Jour des morts-vivants, le film d'horreur de George Romero sorti en 1985. Le personnage y subit une mort particulièrement horrible (et méritée, diront certains, au vu de son comportement irascible et profondément irrespectueux) en étant éviscéré puis, coupé en deux par une horde de zombies lors d'une des séquences les plus gore de l'histoire du cinéma d'horreur. La scène m'avait d'ailleurs tellement choqué et écœuré que je mis un certain temps à regarder de nouveau des films du même genre, même si je m'en suis remis depuis, je vous rassure.
Si j'évoque ce souvenir, c'est parce que le pauvre gars que l'on voit les tripes à l'air et qui semble servir d'en-cas à une autre personne (qui pourrait être un zombie ou alors un psychopathe adepte du cannibalisme) sur la pochette du premier EP de Carrion Feeder, le bien nommé Let the Feeding Begin, m'a tout de suite fait penser à ce cher capitaine Rhodes et au sort peu enviable qu'il endure dans Le Jour des morts-vivants. J'ignore si le groupe a lui aussi pensé à ce film mais, quoi qu'il en soit, l'auteur de cette représentation, qui serait un proche de Carrion Feeder prénommé Mark, est à saluer bien bas pour cette œuvre macabre et brutale. Alors, du fond du cœur, merci Mark.
Côté musique, Carrion Feeder a là aussi touché un point sensible. Originaire de l'État de l'Indiana où il fut fondé en juin de l'année dernière, le quatuor dévoile un réel potentiel dans la pratique d'un death metal tout ce qu'il y a de plus... death. Autrement dit, un death transpirant la vieille école par tous les pores, résolument tourné vers les années 90, jusque dans sa production, à l'ambiance horrifique et crasseuse, cela va de soit, mais avec un petit truc en plus, à savoir une approche assez rock dans sa structure qui peut faire indubitablement songer à du death'n'roll à la Entombed période Wolverine Blues pour mieux situer les choses. Le groupe est en tout cas très à l'aise dans ce créneau sur les six morceaux proposés ici, à tel point qu'on a l'impression qu'il possède déjà plusieurs années d'expérience derrière lui. Et pourtant, quand vous aurez l'occasion d'aller voir les photos qu'ils ont mis en ligne sur leur Facebook ou celle qui fait figure de présentation sur Metal Archives, vous allez découvrir une bande de gamins insouciants qui ne doivent pas avoir plus de dix-huit ans. La vie est décidément pleine de surprises.
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Le capitaine Rhodes (Joseph Pilato) en prend pour son grade dans "Le Jour des morts-vivants". |
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