Le monde dans lequel nous vivons étant voué à disparaître dans un déluge de violence incontrôlable (les récents événements en Australie étant un triste rappel de la réalité), autant s'y préparer en s'offrant une petite dose supplémentaire de brutalité. Après tout, ça ne mange pas de pain. Au milieu du fracas, Vile Reflux dévoile son nouvel EP, Defleshed and Devoured, fruit du travail d'un jeune artiste basé aux Philippines. Avec lui, c'est carnage à tous les étages. Cinq morceaux qui sont autant de coups sous la ceinture, cadencés à un rythme de métronome, dans la grande tradition du slamming brutal death metal des familles. Bref, on fait ici dans le classique simple, efficace et qui mérite le coup qu'on s'y attarde. Rendez-vous sur le Bandcamp de l'artiste pour ceux qui aiment prendre des risques. Pendant ce temps-là, à Bogota, le musicien colombien Daniel Lara, qui participe déjà à plusieurs projets, s'occupe de sa nouvelle entité, Exhaurity. L'homme s'est quasiment occupé de tout sur son premier album, Sarkothenta, qui parait sur le label Eminent Sounds, refuge des esprits les plus tourmentés de ce bas monde. Les dix-neuf morceaux que contient l'objet oscillent entre BDM, slam et grind, le tout servi bien saignant, c'est la moindre des choses. L'initiative est à soutenir à cette adresse. Ramonage de conduits auditifs garanti sur mesure avec une bonne mutuelle. Direction la Serbie avec un groupe qui monte en puissance depuis quelques années, j'ai nommé Mangled. Sur son premier opus, Mangled Beyond Recognition, le quatuor propose une approche plutôt old school de la frange brutal du death metal. Un back to basics, en quelque sorte, pour reprendre l'expression. Le résultat se laisse écouter sans souci même s'il n'est évidemment pas à mettre entre toutes les oreilles. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage dégage une densité et une détermination qui ne laissent pas indifférent. Du côté de Chicago, Hieroglyphic dévoile son premier EP, Through Visceral Depths. Lui aussi (lui étant Spencer Soodek, l'artiste derrière ce projet) a tout compris au terme old school en libérant sur quatre morceaux un BDM inspiré, ornementé de quelques parties plus techniques bien senties, et qui nous ramènent aux origines du genre, pile dans les années 90. L'effort est plus que louable, prometteur pour la suite et peut s'écouter en intégralité en suivant ce lien. Puisque nous avons commencé dans la brutalité, abordons le dernier round (pour ceux qui sont encore là) avec Tserriednich. Le projet, basé à Hambourg, consiste en l'association de deux musiciens bien décidés à fracasser le mur du son. Si l'exercice est délicat pour un début, ils n'hésitent pas à envoyer du très lourd sur Gristle Clergy, EP 3 titres constituant leur œuvre inaugurale. Du slam, du brutal, en veux-tu, en voilà, servi à la louche. Attention néanmoins à ne pas en abuser au risque de s'en crever les tympans. Après tout ça, vous voici fin prêts à affronter l'année 2026.
lundi 15 décembre 2025
dimanche 14 décembre 2025
LE COIN DES DÉMOS (14/12/25)
Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de metal extrême tapis dans les profondeurs de l'underground.
Cerebral Curse - Promo '25 (2025) :
Ce groupe catalan, qui comprend des membres de Siegehammer et Rotten Cavern, officie dans un death doom viscéral et cauchemardesque, au son très lourd et baignant dans une ambiance abyssale digne d'une histoire à la Lovecraft. Le label américain Rotted Life a eu la bonne idée d'éditer les trois morceaux contenus dans ce matériel promotionnel au format cassette. N'hésitez pas à soutenir cette initiative en vous rendant à cette adresse.
Grotesque Bliss - Grotesque Bliss (2024) :
Ce groupe du Queensland se compose de musiciens à la solide expérience, membres ou ex-membres de diverses formations issues essentiellement du death doom. Le style est ici exploré avec beaucoup d'engagement sur cette grosse démo de trente minutes comportant six morceaux suffocants aux structures labyrinthiques. Sachez qu'il est possible de se procurer une version physique de cette démo (CD ou vinyle) via le label Iron Bonehead Productions.
Pus Excretor - Malignant Pustule (2025) :
Bienvenu dans le monde merveilleux du grindcore avec cette entité démoniaque en provenance du Mexique qui propose ni plus ni moins sur cette démo sept morceaux solidement ancrés dans le genre, dont pas un n'excède la minute trente. Tout est fait ici pour rendre l'ambiance encore plus malsaine, avec un son à la fois lourd et strident, des changements de rythme déroutants et un chant bestial à vous glacer le sang. Si vous vous sentez à l'aise sur ce type de terrain, vous pouvez vous procurer ce matériel en version vinyle chez Me Saco Un Ojo Records.
Lugubrious Garment - Demo MMXXV (2025) :
Projet sorti tout droit de l'esprit de Gabriele Gramaglia, musicien milanais à qui l'on doit notamment Cosmic Putrefaction, Lugubrious Garment associe la puissance dévastatrice du death metal old school à celle du black metal avec un soupçon de speed metal pour assaisonner le tout. Le résultat de ce mélange est tout bonnement grandiose sur ces trois morceaux édités au format CD et cassette par le label athénien Nuclear Winter Records. Si vous aimez les émotions fortes, vous allez être servis.
Dismorfia - Sexual Mutilations and Paralytic Sorrows (2025) :
Actif depuis 2019, le groupe péruvien, qui n'a fait paraître que des démos et EPs jusqu'à maintenant afin de demeurer fidèle à l'esprit underground, prend toujours un malin plaisir à nous martyriser en étant très accroché à son style death metal grindcore ultra violent, les trois morceaux qui composent cette démo ne dérogeant pas à la règle. Avec un peu de chance, le label WolfKult Religion doit certainement avoir quelques copies dans sa besace au format cassette.
PUSTULANT FLESH - GURGLING PUSTULENCE
Toujours fidèle au poste, la Scandinavie nous aura servi du death metal de grande qualité cette année, ce qui est tout sauf une surprise. Parmi les nouveaux venus, Pustulant Flesh, en provenance de son Danemark natal, a jeté un gros pavé dans la mare avec son premier album, Gurgling Pustulence, paru sur le label Extremely Rotten Productions. Ce jeune groupe nous sert ici un death old school méphitique et morbide qui pourrait sans problème constituer la bande-son idéale d'un film d'horreur à la Romero. Ce premier long jet s'annonce plus que prometteur pour la suite.
LE CULTE DE L'UNDERGROUND : CES GROUPES QUI ONT MARQUÉ LES DÉBUTS DU DEATH METAL AU DANEMARK (1990-1993)
C'est vers la fin des années 80 et le début des années 90 que la péninsule scandinave fut le théâtre de deux événements majeurs qui allaient changer la face de l'Europe du Nord et même, pourrait-on dire, l'Europe tout court, avec d'un côté l'émergence d'une nouvelle scène black metal en Norvège, tandis que la Suède était secouée, presque au même moment, par l'apparition et l'expansion très rapide du death metal. Si l'onde de choc se propagea rapidement à la Finlande, elle mit un peu plus de temps à arriver au Danemark. Cependant, le pays ne resta pas à végéter des années en regardant placidement ses voisins participer à la fête. Dès 1990, et même un peu avant, les toutes premières formations danoises de death metal firent leur apparition, dont certaines sont toujours en activité de nos jours. Nous avons retenu six groupes que l'on peut considérer comme étant parmi les piliers les plus importants du style dans ce pays.
Defamatory (image ci-dessus) peut être considéré comme un des premiers groupes de pur death metal au Danemark. Né en 1988 à Esbjerg, ville située dans le sud-ouest de la péninsule du Jutland, ce quintette ne vécut que quatre ans avant de disparaître dans les limbes, juste le temps de publier une démo en 1991, intitulée Time, qu'un label espagnol aujourd'hui disparu, Drowned Productions, édita au format cassette. L'objet contient trois morceaux que le groupe enregistra, produisit et mixa lui-même en studio. On peut y entendre un death très rapide, corrosif, d'aspect primitif et influencé par le thrash metal mais, avec un chant très guttural. Avant de s'éteindre, la formation enregistra quatre autres morceaux qui ne virent finalement jamais le jour. Il nous reste donc ce seul témoignage musical comme preuve d'existence de cet éphémère combo.
C'est en mars 1993 que le groupe Infernal Death publie sa première démo. Née quatre ans plus tôt, la formation est alors composée de cinq musiciens au moment où l'enregistrement est dévoilé. Sur quatre morceaux, elle y pratique un death puissant, au rythme de métronome, avec des passages groovy d'une imparable qualité. Bien qu'une seconde démo, A Mirror Blackened, soit conçue la même année, le groupe quitte la scène de façon subite en 1994 avant de revenir d'outre-tombe, à la surprise générale, presque vingt ans plus tard, avec trois de ses membres d'origine. Un baroud d'honneur qui semble s'être achevé en 2015, après que le groupe ait laissé derrière lui un unique album, Call to War.
Detest voit le jour le 12 décembre 1990 à Brøndby. Le groupe connaît des premières années prolifiques avec la parution d'une promo tape, deux démos et surtout un album, Dorval, sorti en février 1994 sur le label Progress Red Labels, et que beaucoup considèrent encore aujourd'hui comme l'une des pierres angulaires du death metal scandinave. Très inspiré par les formations suédoises et finlandaises de l'époque, Detest pouvait compter sur son imposante section rythmique et son chanteur Peter Jorgensen (qu'on peut entendre aujourd'hui au sein d'Alkymist, formation sludge doom metal basée à Copenhague) dont les vocalises avaient de quoi impressionner, tantôt gutturales, tantôt plus criardes. Deux ans avant cet album, en 1992, le combo en imposait déjà sur la démo DeathBreed dont les quatre morceaux annonçaient la couleur. Mais, le sort en décida autrement puisque Detest implosa en 1996. Il fallut attendre 2013 pour assister à sa résurrection, avec un lineup presque intégralement renouvelé à l'exception de John Petersen, le bassiste et guitariste. Deux autres albums parurent dont le dernier en date, A World Drowning in Detest, l'année dernière.
Véritable institution du death metal européen dont le nouvel album, Serpent Devourment, est sorti en début d'année, Maceration a une histoire qui débute en janvier 1990 sous l'impulsion de Jakob Schultz et Jacob Hansen qui officiaient alors tous deux chez Invocator. Dès octobre 1992, le groupe lance un premier jet fondateur avec A Serenade of Agony, premier album d'une remarquable maîtrise ancré dans un death metal sincère aux riffs tranchants avec des parties mélodiques à vous retourner le cerveau. Hélas, les danois connaissent un énorme passage à vide après la parution de cette œuvre majeure avant de renaître de leurs cendres en 2021 grâce à Schultz et Lars Bangsholt qui embauchent de nouveaux musiciens. Si le groupe a beaucoup changé aujourd'hui (Jakob Schultz étant le dernier membre d'origine), il n'a rien perdu de sa verve légendaire.
Bien avant qu'il ne rejoigne Illdisposed, le bassiste et guitariste Jakob Batten, a fait partie d'un groupe très éphémère appelé Undertaker (comme le célèbre catcheur). Fondé à Silkeborg en 1990, le trio ne laissa qu'une démo comme seule trace de son existence en 1991. Eternal Dormancy était un objet étonnant composé de cinq morceaux baignant dans une étrange ambiance aux accents psychédéliques et reposant sur un death mid-tempo au rythme perturbant construit sur une structure pouvant faire songer à un labyrinthe. Le potentiel était immense mais, eut hélas à peine le temps d'être exploité avant que le groupe ne s'éteigne rapidement.
En 1992, alors qu'il est encore un groupe de thrash metal, Abhorrence accomplit une mutation totale en se dirigeant vers le death pur et dur, profitant de l'occasion pour changer de nom et devenir Moratorium. C'est la même année que paraît une démo enregistrée en novembre, Imature Massacre, sur laquelle le groupe originaire de Roskilde délivre un death metal d'une splendeur absolue, où se télescopent Entombed, Dismember et Grave. Il est hélas à regretter qu'il s'agissait là de la seule et unique parution du combo danois avant que celui-ci ne disparaisse corps et âme en 1993. Pour la petite histoire, sachez que Jon Larsen, le batteur, a fait partie d'Infernal Death en 1994 avant de rejoindre Volbeat en 2001 (il y est toujours aujourd'hui).
samedi 13 décembre 2025
FOSSILIZATION - CREMATION OF A SERAPH
2026 marquera le retour de Fossilization. Le groupe brésilien sortira son nouvel album studio, Advent of Wounds, via le label Everlasting Spew Records et nul doute que la déflagration risque de se faire entendre jusqu'à l'autre bout de la galaxie tant la formation maîtrise à la perfection son mélange savant de death et de doom sur des compositions apocalyptiques ne laissant aucun espoir de survie. Un avant-goût de ce chapitre à venir est disponible avec le single Cremation of a Seraph.
FILTH - TIME TO ROT
Ce n'est pas pour rien que Göteborg est considérée comme l'un des principaux épicentres de l'émergence du death metal en Europe vers la fin des années 80. Depuis, on a vu surgir de cette ville de nombreux groupes dont certains sont considérés comme étant des sommités du genre. Il est encore trop tôt pour dire si Filth aura un jour une notoriété égale à celle de toutes les grandes formations suédoises qui se sont imposées dans le paysage musical. Quoi qu'il en soit, le trio nordique délivre sur son premier opus, Time to Rot, un death authentique directement en hommage aux glorieux anciens, fidèle à l'esprit de la vieille école et qui va sans doute le propulser vers une reconnaissance qu'il mériterait amplement tant le potentiel est énorme. L'album est disponible via Rotted Life (cassette) et Me Saco Un Ojo Records (LP).
FLAGELO - INSACIABLE
Né dans les bas-fonds de Cali, en Colombie, Flagelo débarque dans le paysage du metal extrême avec un impressionnant premier jet, sous la forme d'un EP 5 titres dopé au blackened death le plus malfaisant, intitulé Insaciable. Une puissance monstrueuse, primitive et violente se dégage de cet objet que le label néerlandais Night Terrors Records édite au format cassette tandis que Nuclear Winter Records prend en charge la partie CD et LP. Un disque à se procurer de toute urgence si vous êtes amateurs d'émotions fortes.
vendredi 12 décembre 2025
PLAYLIST : UN MAX DE DEATH VOL. 3
Tracklist :
Kontusion - Countless Atrocities.
Disembodiment - Infected to Rot.
Sepülcro - Carnivores.
Tenebro - Jennifer.
Blood Freak - Awakening the Beast.
Funeral Vomit - Cryptic Miasma Stench.
Misanthropic - Catacombs of Human Sorrow.
Grotesque Ceremonium - Dissolved in the Swamp.
Horoh - Chains and Pleasures.
Nephasto - As I Behold I Despise (Demigod cover).
Drawn and Quartered - Black Castle Butcher.
Putrevore - Subterranean Paths to the Temple.
Degraved - Sulfuric Embalming.
Pustulant Flesh - Gurgling Pustulence.
Eternal Darkness - Pungent Awakening.
Filth - Odious Obsession.
Retching - Septic Entombment.
Abominator - Underworld Vociferations.
Oraculum - Mendacious Heroism.
Skulld - The Blink.
[LISTEN]
VIDÉO : SKULLD - THE BLINK
Le 30 janvier 2026 marquera la sortie du nouvel opus de Skulld, Abyss Calls to Abyss, via le label Time To Kill Records. Toujours emmené par sa remarquable chanteuse Pamela Pernatsch, le groupe transalpin demeure fidèle à la formule qui a construit son succès, à savoir un death metal old school puisant dans le punk, le thrash et les ambiances occultes, comme en témoigne le clip conçu pour le morceau The Blink.
NEPHASTO - DEFORMED DEVIATION
Multi instrumentiste officiant dans des groupes réputés comme Mortuous, Chthonic Deity, Acephalix et Trepanation, Erika Osterhout voulait ajouter une cerise sur le gâteau en fondant une nouvelle entité du nom de Nephasto. Pour ce faire, elle a reçu le soutien d'une musicienne loin d'être une inconnue, la batteuse Luana Dametto, ex-Nervosa et membre actuelle de Crypta. Elles ont ensuite composé deux morceaux, dont une reprise de As I Behold I Despise du groupe finnois Demigod, pour en faire un 45 tours récemment édité par le label indépendant Extremely Rotten Productions. Le résultat est un death metal old school d'une irréprochable qualité, rageur, puissant et lugubre, qui s'écoute sans modération.
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