mardi 8 octobre 2024

ABRAMELIN - SINS OF THE FATHER


Une femme zombie s'apprêtant à se délecter d'une tête fraîchement séparée du corps dans le parloir d'une église. Voici à quoi ressemble la pochette du nouvel album d'Abramelin, Sins of the Father, qui vient de sortir sur le label Hammerheart Records. Et encore, il s'agit ici de la version la moins choquante puisqu'il existe un autre artwork, beaucoup plus gore et provoquant, où le même zombie dévore les entrailles d'un prêtre. Après, vous me direz, le groupe australien, qui fut fondé en 1988 sous le nom d'Acheron et qui disparut pendant près de quinze ans avant de renaître en 2016, nous a toujours habitué à des pochettes d'albums d'un style gore, l'un de ses thèmes de prédilection. Pour le reste, il demeure fidèle à un death traditionnel, vieille école, bien produit, proche de Deicide et de Vital Remains, pour mieux situer ces vétérans. Le morceau Conflagration of the Dreamers, en écoute ci-dessous, devrait mieux vous aiguiller si vous n'êtes pas familiers de ce groupe.

JADE / SANCTUARIUM - THE SEMPITERNAL WOUND


À première vue, tout semble opposer Jade et Sanctuarium, bien que les deux formations européennes se rapprochent sur un point : le death metal. C'est la manière d'aborder le style qui les différencie. Chez Sanctuarium, les ambiances lourdes et suffocantes tirant vers le doom metal sont la marque de fabrique du groupe, alors que Jade a choisi un univers plus atmosphérique en expérimentant un death cinématique et contemplatif. Les deux styles se retrouvent bien sur ce très beau split édité par le label Pulverised Records, Jade s'étant même fendu d'un clip superbement mis en images, à la photographie sublime, pour le morceau Cascade, tandis que Sanctuarium nous fait voyager dans les méandres insalubres d'un monde souterrain s'apparentant à l'enfer. À croire que ces deux groupes très différents étaient faits, au bout du compte, pour se rencontrer.

lundi 7 octobre 2024

VIDÉO : ADORIOR - L.O.T.P. - VOMIT VOMIT VOMIT BASTARD


Après presque vingt ans d'attente, Adorior a donc sorti un nouvel album, Bleed on My Teeth, via Dark Descent Records (comme nous l'avions évoqué dans cet article). Le groupe blackened death thrash du Royaume-Uni, toujours emmené par sa très charismatique chanteuse Jaded Lungs (Melissa Gray de son vrai nom) a récemment dévoilé un clip pour le morceau L.O.T.P. - Vomit Vomit Vomit Bastard, hymne incantatoire qui montre le côté subversif de la talentueuse formation.

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 19


Chaque lundi, Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Sadus - D.T.P. (1987) :
Sadus aura quarante ans d'existence l'année prochaine. Malgré les tempes grisonnantes et la course folle du temps qui s'écoule inexorablement, le groupe californien est toujours emmené aujourd'hui par ses deux figures de proue, Darren Travis et Jon Allen. Au début de l'année 1987, ils étaient accompagnés de Steve DiGiorgio à la basse et Rob Moore à la guitare, formant ainsi un des lineups les plus redoutables de l'époque sur la scène metal extrême. Une scène qu'ils allaient marquer de leur empreinte en février de la même année lorsque parut leur première démo, D.T.P. Leur death/thrash ultra violent et bourrin allait faire date sur des morceaux passés à la postérité comme Torture, Twisted Face et surtout Fight or Die, hymne thrash se vautrant dans un death insalubre et refoulant du bec qui dévoilait ouvertement les atomes crochus entre les deux genres. Cette démo constitue encore aujourd'hui un témoignage à tout jamais gravé dans l'histoire.

Devastation - A Creation of Ripping Death (1986) :
Au milieu des années 80, le death metal n'en est encore qu'à ses balbutiements alors que le thrash est entré dans son âge d'or. En 1986, un groupe venu de Chicago prend la tangente en dévoilant un brûlot explosif contenant quatre morceaux remarquables dans leur construction, loin des registres habituels du thrash qu'on écoutait à l'époque. Tout le monde ignorait encore que cette démo était l'une des toutes premières conçue pour le death metal. Il en reste aujourd'hui des souvenirs inoubliables pour les auditeurs qui l'ont entendu pour la première fois, notamment le morceau d'ouverture, le bien nommé Devastation, avec son intro demeurant encore dans la légende presque quarante ans plus tard. De là à dire que le quatuor de l'Illinois était précurseur du genre, il n'y a qu'un pas.

Deceased - Birth by Radiation (1988) :
Bien avant qu'il ne lorgne vers un son plus heavy metal dans les structures de ses morceaux, Deceased, déjà emmené à cette lointaine époque par sa figure charismatique King Fowley, pratiquait du gros death metal bien baveux et saignant à souhait. Sur cette deuxième démo parue en novembre 1988, le groupe d'Arlington dévoilait pas moins de huit titres dont certains allaient faire date dans l'histoire du genre, comme Worship the Coffin, Hallucinating Mutants, Immune to Burial ou encore le superbe titre de clôture Deformed Tomorrows, avec son long solo instrumental et sur lequel on sentait que le combo était désireux de prendre une direction différente de celle empruntée par les autres groupes death metal de l'époque. Ce choix de la différence allait permettre à Deceased de trouver sa nouvelle identité qu'il a toujours su garder depuis. Cette démo est une pièce de collection à elle seule.

Merciless - Realm of the Dark (1988) :
Après une première démo parue en 1987, Merciless dévoile quatre nouveaux morceaux l'année suivante sur Realm of the Dark, proposant un matériel extrêmement corrosif et tranchant dans la grande tradition du death/thrash qui se pratiquait couramment durant cette période très riche musicalement sur la scène metal. Deux ans avant la parution de The Awakening, son premier album, le groupe suédois se faisait déjà un nom grâce à des morceaux devenus intemporels tels que Realm of the Dark et Souls of the Dead dont il ressortait un côté morbide et malfaisant qui faisait vraiment de la formation scandinave une figure imposante du genre vers la fin des années 80. Âmes sensibles s'abstenir.

Obscurity - Ovations to Death (1986) :
Ces suédois originaires de Malmö, un des fiefs du death metal pur et dur dans les années 80, ont pris tout le monde de court lorsque cette première démo est parue. Après une intro sur la marche funèbre de Chopin sur le morceau Across the Holocaust, le combo nous entraîne dans une journée apocalyptique en proposant des titres (six en tout) à la croisée des chemins entre death, thrash et black. Le chant y est maléfique, la basse vrombissante, l'ambiance glauque et délétère, si bien que nous tenons là sans doute un des premiers disques sur lequel la relation entre death et black était aussi rapprochée. Ovations to Death aurait de nos jours une place de choix dans un musée de la musique tant cela semblait précurseur de quelque chose.

DENOMINATION - THE LAST COMPANION


En l'espace de quatre ans, Denomination s'est progressivement imposé comme l'un des nouveaux fers de lance de la scène death metal old school germanique depuis sa base de Hagen en Rhénanie du Nord. De retour avec The Last Companion, son nouvel opus, le combo est déterminé à reprendre les choses là où il les avaient laissées sur They Burn As One, son précédent album, à savoir la défense d'un death metal aux racines scandinaves qui puise beaucoup son inspiration chez Dismember et Grave, entre autres. Un morceau comme One Eyed God est un indicateur intéressant. L'album est disponible via le label teuton FDA Records.

TRIBAL GAZE / DEADBODY - DEADBODY / TRIBAL GAZE


Fruit d'une collaboration entre Maggot Stomp et Closed Casket Activities, deux labels dont le travail remarquable a été loué maintes fois, Tribal Gaze et Deadbody se sont associés le temps d'un split qui doit normalement sortir en vinyle le 15 novembre prochain. Ces deux formations, la première du Texas, la seconde de Californie, ne pouvaient de toute façon que s'entendre tant leur approche est quasi similaire dans la pratique du death metal avec des sonorités hardcore qui les unissent sous une même bannière. Il en résulte quelque chose de massif agissant comme un impitoyable rouleau-compresseur.

dimanche 6 octobre 2024

SOUL DEVOURMENT / ANATOMIA - TENEBROUS INGESTION


À défaut d'un nouvel album (leur précédent effort remonte à 2021), Anatomia continue d'enchaîner inlassablement les collaborations avec d'autres groupes de death metal. Après Undergang, Mausoleum, Morbific et, plus récemment, Eternal Rot (on en parlait ici), c'est au tour de Soul Devourment d'entrer dans le giron des japonais avec Tenebrous Ingestion, split LP qui vient de paraître grâce à l'association de deux labels réputés, Sewer Rot Records et Gurgling Gore. Le groupe de Tokyo y pratique son death typique teinté de doom, sa marque de fabrique en quelque sorte, tandis que les californiens s'inspirent comme souvent de la démonologie pour alimenter leur death classique à la Dismember, très ancré dans l'école suédoise. Il en ressort un disque qui sent la mort et la putréfaction à des kilomètres à la ronde.

LE COIN DES DÉMOS (06/10/24)


Chaque dimanche, Ravage Cérébral ouvre les portes de l'enfer et s'enfonce dans les bas-fonds les plus insalubres pour y rechercher des groupes récents de death metal tapis dans les profondeurs de l'underground.

Real Hell - Beneath the Pillars of Mortality (Old Skull Productions, 2023) :
Quand il était tout jeune, l'artiste finlandais Markus Ketonen était chanteur et guitariste d'un groupe de death metal appelé Monstrosity (à ne surtout pas confondre avec la formation américaine du même nom toujours en activité aujourd'hui) dont l'existence fut si éphémère qu'il ne fit paraître qu'une démo, Theatre of Operations, en 1991. Plus de trente ans plus tard, c'est avec un autre projet, Real Hell, que l'on retrouve Ketonen, seul maître à bord de cette rutilante cylindrée dont la première démo, Beneath the Pillars of Mortality, est, disons-le clairement, un remarquable exercice de style s'inscrivant dans la tradition la plus pure du death old school. Avec un son qui flirte parfois vers le blackened death et une voix qui rappelle celle de Nocturno Culto (Darkthrone, Sarke), Real Hell parvient à placer la barre très haut grâce à des compositions bien travaillées qu'un morceau comme Death Justice Penalty, point d'orgue de cet objet, met en exergue en étant porté par une instrumentation d'une solidité à toute épreuve. Quand il ne chante pas, Markus Ketonen excelle dans la créativité sur des pièces instrumentales très inspirées, The Wrought Iron Gate of Abyss étant un bon exemple. On obtient au final une superbe démo qu'on aurait tort de zapper tant le death de l'école scandinave s'exprime ici dans toute sa plénitude.

Rigorist - Demo '23 (Gurgling Gore, 2023) :
Avec un lineup composé de membres de Gutted et Mephitic Grave (dont l'album paru cette année, Dreadful Seizures, est une pièce de premier choix), pas étonnant que Rigorist se soit fait rapidement remarquer sur sa première démo. Les trois morceaux qui la composent dégagent une puissance phénoménale en proposant du death évoquant beaucoup les premiers essais discographiques de combos réputés comme Incantation (sur Lobotomy, par exemple) ou Immolation (quelle tuerie absolue que Disciplined Suicide). La Hongrie serait-elle en train d'acquérir ses lettres de noblesse sur le grand échiquier du death ? Ça en prend sérieusement le chemin.

Pile of Skulls - Abhorrence (2024) :
Nous sommes ici sur un énième projet de l'inépuisable Rogga Johansson, artiste aux mille visages qui fait partie des personnalités charismatiques de la scène death metal. J'aurais envie de dire, à l'écoute de cette démo, qu'il s'agit sans doute du projet de trop ou de la goutte d'eau qui fait déborder le vase, tant les morceaux proposés souffrent d'un manque d'inspiration à tel point qu'ils se ressemblent tous. C'est un peu comme si l'on écoutait le même single décliné sur des rythmiques tantôt rapides, tantôt plus lentes, avec des transitions qui ne fonctionnent pas du tout et qui ont été posées là simplement pour colmater les brèches. Ce cher Rogga, malgré tout le respect que j'ai pour lui, devrait arrêter une bonne fois pour toutes de nous prendre pour des billes.

Vér - S/T (2024) :
Retour en Hongrie avec cette nouvelle formation en provenance de Budapest dans laquelle on retrouve des artistes expérimentés, membres de groupes comme Iron Steel, Retorsion ou Drünken Bastards. Le quintette navigue ici sur des eaux agitées en optant pour un death lourd et puissant qui exprime toutes ses qualités lorsque le tempo s'accélère, un morceau comme Kripta en étant le révélateur. D'inspiration plutôt scandinave, la démo nous fait revisiter les années 90 en proposant des moments qui rappellent un peu le Grave des débuts. Premier essai concluant.

Obscenum - Intercranial Existence (2024) :
Puisqu'il est question de death scandinave, Obscenum touche sa bille dans ce domaine. Les gars étant finlandais, cela facilite les choses. Là aussi, on tient une démo très ancrée dans le death de la vieille école du début des années 90, puissant, corrosif et malsain, sur trois morceaux très bien conçus recelant d'indéniables qualités dans les structures. On y appréciera notamment les guitares, volontairement mises en avant afin d'accentuer le côté écrasant des compositions. Dites-vous bien que le membre le plus âgé de ce groupe n'a que vingt-et-un ans et que deux autres sont encore mineurs. De quoi d'ores et déjà imposer le respect.

TALES OF BLOOD - STORM OF MAGGOTS


Fondé en 1993, Tales of Blood nous fait la bonne surprise de dévoiler la date de sortie de son nouvel album, Breath of Repugnance, prévue pour le 6 décembre prochain chez le label lillois Great Dane Records. Les parisiens, qui sont passés par bien des remous au cours de leur carrière, avec des changements de lineup et même un split en 2000, avant une reformation la même année, demeurent fidèles au death metal de la vieille école sur ce second opus qui fait suite à Stuffing the Graveyard, sorti il y a cinq ans, et dont on peut écouter un aperçu avec le morceau Storm of Maggots

jeudi 3 octobre 2024

RAVAGE CÉRÉBRAL : PLAYLIST / SEPTEMBER 2024


Tracklist :

Denomination - Cremation Ground.
Abramelin - Sins of the Father.
Iniquitous Savagery - Casualty of Diabolical Trial.
Outer Graves - Malevolent Entity.
Morticide - Entrenched in Despondency.
Bastard of Bethlehem - Offering of Excrement.
Black Curse - Trodden Flesh.
Extrinsic - Paradoxysm.
Scab Hag - Punctured and Mutilated.
Adorior - Precipice of Fire.
Disarray - Realize You're Already Dead.
Dekonstructor - Deceive the Deceiver.
Anthropophagous - Orphan Funeral.
Rotten Scalp - Terrible Sight of the Empty Eyes.
Sick Rabbit - Fractal Mutilation (Morphogenesis).
Disgustibus - Emetophiliac.
Feral Forms - Sadistic Inner Hate.
Obscenum - Deity of Depravity.
Damnations Domain - Gasoline and the Taste of Flesh.
Cryptorium - Void of Life.