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lundi 6 mai 2024

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 9


Chaque lundi, Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus, oubliés, ressuscités ou toujours en activité depuis leurs débuts.

Abhorrence - Vulgar Necrolatry (1990) :
En février 1990, Abhorrence déboule de sa Finlande natale avec sa première démo, Vulgar Necrolatry. Le groupe ignore encore l'impact considérable qu'aura ce disque enregistré en studio, à tel point qu'aujourd'hui encore, le monde du metal extrême voue un véritable culte à l'objet. Car, c'est bien de pur death metal dont il est question ici, le vrai, l'unique, le death dans toute sa quintessence, du chant à l'instrumentation, et même dans l'ambiance qu'il dégage. Il faut dire aussi qu'on est à cette époque dans un moment important de l'expansion du death old school finnois avec Convulse, Xysma, Funebre, tandis que Purtenance, Depravity, Demilich et Demigod s'apprêtent à larguer des bombes incendiaires. Né en 1989, mort en 1990 puis, ressuscité en 2012 par quatre de ses membres d'origine, Abhorrence restera à tout jamais gravé dans l'histoire du death metal.

Morgoth - Resurrection Absurd (Century Media Records, 1989) :
Bien avant qu'il n'ouvre sa parenthèse musique industrielle, écart que beaucoup n'ont jamais pardonné, Morgoth était un pu**** de bon groupe de death metal, on peut même dire un des meilleurs d'Europe et du monde à la fin des années 80. C'est en 1989 que le groupe allemand dévoile son EP Ressurection Absurd qui va s'inscrire à tout jamais dans la légende. Servi par une instrumentation d'une puissance phénoménale, le disque se distingue aussi par le chant remarquable du vocaliste de l'époque, Marc Grewe, qui continue de sévir aujourd'hui chez Asinhell et Leper Colony. Si l'étrange pochette de l'EP continue de susciter des interrogations de nos jours, celui-ci n'en demeure pas moins un monument du death.

Crematory - Denial (M.B.R. Records, 1992) :
On en parlait déjà dans un précédent épisode des archives. Après trois démos fabuleuses parue en 89, 90 et 91, les suédois de Crematory vont enfoncer le clou en 1992 avec un EP tout bonnement sensationnel, Denial. Dans cette œuvre tourmentée contenant quatre morceaux, l'insanité, la dépravation et l'obscurité dominent les débats grâce à un death rendu tel quel, sans décoration, brut de décoffrage, le bon death suédois qui transpire, comme seuls les scandinaves en ont le secret à cette époque très créative, si bien que beaucoup d'amateurs du genre affirment qu'il s'agit là d'un des plus grands disques de death metal de tous les temps. Ils ont sans doute raison.

Depravity - Silence of the Centuries (Adipocere Records, 1993) :
En mai 1993, juste avant qu'ils ne disparaissent dans les limbes, les finlandais de Depravity pondent un petit chef-d'œuvre, Silence of the Centuries, avec ses quatre morceaux ténébreux, aussi glacials que majestueux, taillés dans le death old school. Un véritable classique du genre qui fait toujours office de référence incontournable de nos jours, ultime témoignage putride d'une formation qui tenta une résurrection en 2015 pour jouer dans des festivals avant de retourner dans la tombe.

Catacomb - In the Maze of Kadath (Phonoprodukt Management, 1993) :
En janvier 1993, Catacomb sort sa troisième démo, In the Maze of Kadath. Le groupe toulonnais possède alors un gros lineup de six musiciens, dont deux guitaristes et une claviériste. On découvre alors sur cette démo de cinq titres un travail incroyablement abouti dans les compositions, avec une ambiance lugubre, des riffs ciselés comme des récifs aux contours tranchants et un chant guttural hanté et spectral. C'est surtout sur des titres comme Time's Lurker et Nemesis (splendide morceau final) que le groupe français nous délivre un death de toute première qualité avec des arpèges à vous clouer sur place. Bien que Catacomb ait connu bien des remous (deux séparations en 1994 et 2003), deux membres d'origine, Ben Bussy et Anthony Dericke, ont décidé de prolonger le plaisir en reformant l'entité en 2018.

lundi 15 avril 2024

LES ARCHIVES DE LA CRYPTE - ÉPISODE 6 : CREMATORY


Chaque lundi, Ravage Cérébral explore les profondeurs les plus obscures et malsaines de la scène death metal underground en évoquant la mémoire de groupes disparus ou oubliés.

À la fin des années 80, la Suède dispose déjà d'un gros contingent de groupes de death metal tous plus brutaux les uns que les autres, à en faire pâlir les autres pays d'Europe et même à rendre jaloux les américains. Mais, le pays, et en particulier sa capitale, Stockholm, ne sont pas rassasiés. En 1989, la commune de Haninge, qui borde la Mer Baltique, au sud de Stockholm, accouche d'une entité maléfique aux quatre visages se faisant appeler Crematory (qu'on évitera surtout de confondre avec l'insipide groupe de metal gothique allemand du même nom hélas toujours en activité). Le quatuor va vite détonner dans le paysage contrasté du metal extrême en faisant paraître au format cassette quelques singles dévastateurs qui va le propulser sur le devant de la scène. Cependant, c'est en 1991, deux ans après sa fondation, que le combo va se transformer en un véritable cuirassé grâce à une démo qui va faire date, Wrath From the Unknown, parue en février 91. À l'intérieur, quatre morceaux phénoménaux d'un death metal puissant, lourd, cryptique et méphitique, portés par d'impressionnants riffs de guitares et un chant guttural à réveiller les morts et à terroriser les vivants, à tel point que cette démo fait encore aujourd'hui l'objet d'un culte chez les puristes du death metal old school, extrêmement difficile à trouver sous son format physique d'origine. Certains disent même que cette démo était en avance sur son temps, faisant de Crematory un précurseur du brutal death metal. Mieux encore, le groupe transformera l'essai en 1992 avec Denial, EP monumental écrasant la concurrence, qu'on peut encore trouver en vinyle sur internet, en cherchant bien. Hélas, la lumière finit par s'éteindre l'année suivante de façon subite avant que Crematory ne soit englouti par les ténèbres et consumé dans ses propres cendres. On retrouvera bien la trace de certains membres dans d'autres projets. Urban Skytt, le guitariste, intégra pendant un temps Nasum et Crucifyre, et fait partie depuis 2015 du groupe General Surgery. On n'oubliera pas également que Stefan Harrvik, le chanteur, donna de la voix pour Necrophobic de 1990 à 1993. Qu'il est dommage que l'aventure de Crematory ne se soit pas prolongée.