Si je pouvais résumer Pyre en deux mots, je dirais simplicité et efficacité. Alors qu'il entre dans sa quinzième année de service, le groupe natif de Saint-Pétersbourg continue de se bonifier avec le temps en demeurant fidèle au death metal old school sur lequel il a bâti sa réputation. Depuis ses débuts en 2011, la formation ne s'est jamais embarrassée de superflu. Dès le premier album, Human Hecatomb, paru en 2014 chez Chaos Records, les bases étaient posées et les éléments réunis pour proposer un death d'une grande sincérité, puisant son énergie dans ses racines scandinaves. Grâce à des compositions d'une formidable amplitude laissant la part belle aux guitares, Pyre impose assez rapidement son style en marquant ses influences du côté de chez Grave, Dismember ou autres fleurons de la scène suédoise. Une tendance qui se confirmera six ans plus tard sur le second album du groupe, Chained to Ossuaries (Memento Mori).
Le groupe allait-il modifier sa ligne directrice sur Where Obscurity Sways ? La réponse est clairement non et ce n'est pas plus mal comme ça tant il sait désormais faire preuve d'une aisance remarquable dans le death old school. Paru il y a un an chez Osmose Productions (il s'agit là de la première collaboration des russes avec le label nordiste), l'opus s'affirme dans la parfaite continuité des deux précédents, comme le prolongement d'une saga entamée il y a plus de dix ans, bien que le quatuor (auquel s'est joint entre-temps Oleg Schepelev de Void Monuments) dévoile ici un côté sans doute un peu plus sombre dans les parties les plus mid-tempo des compositions. Pour le reste, la fidélité de Pyre a la vieille école demeure sans faille, l'esprit du swedeath du début des années 90 étant très puissant du premier au dernier morceau. L'instrumentation dévale des pentes vertigineuses dans les moments les plus rapides (sur Chanting Ancient Incantations ou Prognostic of the Apocalypse, par exemple), tandis que les solos de guitares sont très inspirés, aériens et fortement sous l'emprise du son suédois sur de splendides morceaux comme From the Stygian Depths et Writhing Souls. Attention, n'allez surtout pas vous mettre dans l'idée que le groupe imite le death metal suédois, ce n'est pas de cela dont il s'agit. Au contraire, il sait en extraire la sève pour construire son propre univers dont les références sont à situer dans les thématiques récurrentes du death que sont la mort, les ténèbres et la transcendance de l'âme vers un autre état. C'est en explorant ces mondes obscurs que Pyre révèle, comme je l'évoquais, son côté sombre et malfaisant, que des morceaux comme Domains of the Nameless Rites ou le grandiose Pestilential Fumes mettent en évidence.
On aura compris, au final, que Pyre ne réinvente rien sur Where Obscurity Sways. Mais, à quoi bon se lancer dans cette initiative quand un groupe possède le privilège de maîtriser son sujet avec autant d'efficacité ? En remontant le temps avec une certaine maestria, Pyre parvient à faire du très bon death metal old school et c'est bien ça qui compte.

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