vendredi 2 janvier 2026

LE CULTE DE L'UNDERGROUND : MOLD - CREMATED ALIVE


Mold fait partie de ces nombreux groupes qui disparurent aussi vite qu'ils étaient apparus, au point qu'on ne sait pas vraiment en quelle année il mit la clef sous la porte. Fondé à Copenhague en 2011, le combo, dont l'un des membres, le batteur Eik B. Sorensen, mourut en 2018 à seulement vingt-huit ans après être passé brièvement chez la formation deathgrind danoise Necrosis, eut tout juste le temps d'enregistrer deux morceaux promotionnels auxquels furent ajoutés plus tard deux autres compositions, le tout paraissant en 2013 sur une démo, Cremated Alive, que le label Extremely Rotten Productions eut la bonne idée d'éditer dans un format cassette quasi introuvable aujourd'hui.

Si nous prenons le temps d'évoquer la mémoire de cette éphémère formation, à laquelle ont appartenu également Simon Daniel Larsen, vocaliste et guitariste de Phrenelith depuis 2013, et Andreas Nielsen, actuel guitariste de Taphos, c'est parce que Mold est sans doute l'un des symboles des liens très étroits que la scène death metal danoise pouvait entretenir avec son voisin finlandais. Comme vous le savez sans doute (si vos connaissances en histoire du death metal européen ne sont pas trop rouillées), l'épicentre du death metal en Europe se situait en Suède dans la deuxième moitié des années 80, avant que la vague ne déferla rapidement sur les autres pays scandinaves puis, le reste du vieux continent (nous résumons grossièrement les choses étant donné qu'il existe des particularités selon les pays). Cependant, il est intéressant d'observer que le Danemark a rapidement pris la tangente en se démarquant de la Suède pour se rapprocher de l'école dite classique du death finnois caractérisée par ses guitares et ses basses accordées très bas ainsi que sa noirceur permanente (nous y consacrions d'ailleurs un article visible à cette adresse pour ceux qui l'auraient raté). Globalement, et à de très rares exceptions, la majorité des groupes danois qui sont arrivés plus tard, que soit vers la fin des années 90 ou dans les années 2000, et même plus proche de nous dans les années 2010, sont restés très attachés à cette approche typique qu'ont toujours eu les finlandais avec le death metal.

Mold n'y échappe donc pas. Lorsque Cremated Alive paraît le 25 mars 2013, le groupe, qui était alors un quatuor avec deux guitares, montrait très clairement des influences venant de Finlande. Que ce soit sur Corporal Mortification ou Heinous Deformities, les deux titres parus originellement l'année précédente sur du matériel promotionnel, ou sur les morceaux Cremated Alive et Terrifying Visions, le groupe optait pour des rythmiques d'une lourdeur oppressante et des passages très tourmentés qui pouvaient rendre l'ambiance particulièrement cauchemardesque. On était alors tout près de ce que des groupes finlandais de renom pouvaient proposer, comme Demigod ou Funebre, par exemple. Par ailleurs, en terme de noirceur et de lourdeur suffocante, Mold préfigurait sans doute ce vers quoi Phrenelith allait se diriger dès ses débuts en 2013. Si vous avez l'occasion de fouiller un peu plus, vous constaterez, au final, que le Danemark et la Finlande entretiennent depuis le commencement du death metal une relation très symbiotique, les danois s'étant essentiellement beaucoup inspirés de leurs bruyants voisins finlandais. Mold, qui représente un exemple parmi tant d'autres, mérite donc d'être écouté avec intérêt malgré une carrière très courte.

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